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[Event] Nous avons Liwa, nous aurons le remède ~ Avec la Troupe Inondée



 

[Event] Nous avons Liwa, nous aurons le remède ~ Avec la Troupe Inondée


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Hidoï crachant la Lave
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message posté par Hidoï crachant la Lave, Ven 2 Nov 2018 - 18:47

Nous aurons le remède

Hidoï avançait, toujours tout droit, à travers la forêt. Ils avaient perdu des leurs. Ils avaient trop perdus pour récupérer la Botaniste. Est-ce que ça valait la peine, tous ces risques, tous ces morts, tout ça ? Le Chasseur ne savait plus. Il ne se posait pas vraiment la question ; il se contentait d’obéir aux ordres, jour après jour. Mais il ne voulait pas obéir aux ordres s’il fallait sacrifier tout ce qu’ils avaient sacrifié aujourd’hui. Pas pour le savoir d’une seule personne, de Liwa, cette jeune femelle qui n’avait rien demandé.
Cette jeune femelle qui était malade.
Le mal rouge rongeait sa Troupe et Hidoï l’avait vu. La Troupe Embrumée était aussi touchée. Ils avaient des malades qui semblaient souffrants, et non en voie de guérison. Ils avaient des malades par dizaines peut-être.

Liwa n’avait pas le remède. Si Hidoï le pouvait, désormais, il ferait demi-tour. Il relâcherait Liwa, Botaniste de la Troupe adverse. Mais il avait reçu des ordres et il ne pouvait pas faire marche arrière. Il devait la capturer lui. Les autres l’auraient peut-être blessée sans ménagement, mais Hidoï ne voulait pas qu’elle fût blessée trop gravement. Elle n’aurait servi à rien. Mais plus encore, ça n’aurait servi à rien de blesser qui que ce fût. C’était trop tard pourtant.
Ils étaient nombreux à porter les marques de la bataille. Des plaies, parfois profondes. Ils étaient affaiblis, tous, malades et épuisés, affamés, mourants.

Ils finiraient par mourir, si personne n’avait le remède. En son for intérieur, Hidoï espérait encore que Liwa pût avoir un remède, un moyen quelconque, grâce à ses plantes, pour soigner ses camarades. Cela aurait été tellement plus simple, si elle avait le remède ; elle donnait la recette à leurs Botanistes et guérisseurs, qui la testeraient sur les malades, et s’il y avait une amélioration, alors Liwa aurait pu très rapidement rentrer chez elle. Parmi les siens, dans la Troupe Embrumée, pour soigner ses malades à elle.
Dans le cas contraire, si elle n’avait pas le remède, si tout n’était qu’une illusion, alors la Terre et l’Eau seules pouvaient savoir ce qui adviendrait des Troupes. Peut-être même serait-ce la fin pour eux.

Alors Hidoï, comme pour le reste, préférait rester optimiste. Les chatons étaient tous malades et il songea aux siens, s’ils étaient vivants, quelque part. Ils étaient peut-être en train d’agoniser eux aussi, et alors il aurait tout fait pour eux. Les mères, Asuna, aussi, elle ferait tout pour ses chatons. Hidoï voulait juste qu’ils guérissent.
Les Chasseurs entrèrent, boîtant, blessés, dans le camp. Liwa était au milieu du cortège, protégée par les rangs des Chasseurs ; impossible pour elle de fuir ou de tenter même de s’échapper. Avec Hidoï à leur tête, tous pénétrèrent dans le camp et les félins présents se tournèrent.

« Denaï ! Nous avons Liwa. Nous… Aurons le remède. »

Hidoï, comme soudain vidé de ses forces, s’écarta en silence. Son regard était désolé, et il fixa longuement Liwa, comme s’il pouvait réparer toutes les erreurs commises ce jour avec ce simple regard.
Mais il n’en était rien, et il fallait se contenter des regrets.
Des regrets et de ce maigre espoir d’avoir un jour le remède qui permettrait aux siens de vivre.

(c) Sun for Kayl ♥️ only



Et merci N'amour :keur:


Merci moi-même :keur:
Neph admine

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Denaï
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message posté par Denaï, Mer 7 Nov 2018 - 13:14



C'est trop tard


Denaï & la Troupe




La fin est proche. C'est ce que tu te dis depuis plusieurs jours maintenant. Pour être honnête, ça ne te fait ni chaud ni froid. La mort... ce n'est pas vraiment une fatalité. Après tout, on ne sait pas ce qu'il y a, après. On sait seulement que c'est inévitable. Alors à quoi bon la craindre ? Ça ne la ralentira pas. Elle viendra dans tous les cas. Et puis à vrai dire, la vie... Est-ce que ça vaut vraiment tout le foin qu'on fait pour elle ? Est-elle si précieuse ? Tu voudrais te convaincre que non. Disons plutôt que la réponse aurait été non il y a, quoi ? 6 lunes ? Sauf que maintenant, les choses ont changé. Oh, pas tant que ça. Tu n'as pas non plus eu une révélation du jour au lendemain, tu n'es pas devenu joyeux comme ça, en un instant. Non, les choses n'ont pas changé tant que ça. Il y a seulement eu un petit déclic, très léger qui t'as appris à sourire, parfois. Quand la vie le méritait. Sans doute que la plupart ne l'ont même pas remarqué. Car pour beaucoup, ils n'ont pas eu l'occasion de le voir, ce sourire, cette joie de vivre. Tu ne leur as pas offert. Le moins qu'on puisse dire, c'est que tu as été avare. Ce sourire, si léger soit-il, tu l'as gardé pour les grandes occasions. Et il n'y en a pas eu beaucoup. Et il n'y en aura plus. Tu as l'impression de te vider de ton sang. Tu souffres le martyre. Et tu es loin d'être le seul. Tu as été l'un des premiers atteints, mais ensuite, il y en aura d'autres. Hidoï est parti chercher le remède ; il disait que la botaniste adverse l'avait. Mais non seulement cette information pourrait bien être erronée, mais en plus, s'il dit vrai, vous n'avez aucune chance. Rare sont les guerriers encore en état de mener une vraie bataille. Ils ont dû être écrasés. Il n'y a pas le moindre espoir. La Troupe n'a plus d'avenir, si ce n'est la maladie, la souffrance, le sang, la mort.

Soudain tu entends de l'agitation au dehors de ta tanière. Après une nouvelle quinte de toux, tu parviens à te traîner au dehors de la tanière. C'est Hidoï et sa cohorte de chasseurs. Et il a... Liwa. Il a Liwa ? Alors ils ont réussi ? Comment est-ce possible ? Il n'y a que deux solutions envisageables : soit Hidoï a réussi à mettre en place une excellente stratégie pour les piéger — mais cela semble un peu trop beau pour être vrai — soit les deux Troupes sont aussi malades l'une que l'autre. Et de toute façon, ça ne t'importe plus tellement. Tu doutes fort que le remède puisse encore fonctionner sur les plus atteints, dont tu fais toi-même partie. D'autant qu'il ne doit pas y en avoir assez, qu'il faut préparer les cataplasmes, trouver les plantes, et peut-être même qu'après, tout le monde ne pourra pas en profiter. Quoi que ça te coûte de mourir, tu ne peux pas gâcher un remède sans même être sûr qu'il est efficace. Et encore faut-il qu'il y ait effectivement un remède, ce dont tu ne pourrais être moins sûr.

« Denaï ! Nous avons Liwa. Nous… Aurons le remède.
— "Aurons" ? » Rien que ce mot constitue un supplice. Tu regardes Hidoï, puis Liwa. Ton regard est terne. Où est-il, le remède ? Quand pourrez-vous l'avoir ? Pourquoi n'ont-il pas interrogé la botaniste avant de venir te voir comme si la mission était accomplie ? Rien ne te semble accompli, à toi. « Quand ? »

Car pour beaucoup, ça risque d'être trop tard. Finalement, tu n'auras même pas besoin de te sacrifier pour quoi que ce soit. Pour la Troupe ? Pour Akhlys ? A quoi bon ? Il n'y aura pas de remède, du moins, tu ne le verras sans doute jamais. Il aurait fallu s'en apercevoir plus tôt, les attaquer plus tôt, remporter la bataille plus vite, récupérer les plantes plus vite. Il aurait fallu agir avant, s'ils voulaient te sauver. Quoique ça ne leur importe sans doute pas. Peut-être Akhlys ? Akhlys... il faudrait que tu lui parles. Que tu la voies, avant la fin. Mais pour lui dire quoi, au juste ? Tu t'avachis au sol.

« Ak... Akhlys... ? »

Nouvelle quinte de toux et tes poumons qui semblent vouloir se décrocher de tes côtes. Et alors, qu'est-ce qu'ils attendent ? Tu n'as pas la force de lutter de toute façon. Il faudrait seulement que tu parles à Akhlys, que tu lui dises... Que tu la remercies, surtout. Pour tout ce qu'elle a fait pour toi, pour t'avoir ouvert les yeux. Tu pourrais même lui offrir un dernier sourire. Pour t'avoir fait aimer la vie même si ça n'aura pas été bien long. La voilà, justement. Devant toi. Mais tu as à peine la force de la regarder.

« Akh... lys... Je... Merci pour... tout... » A quoi bon se débattre encore ? Tu sens la vie qui s'échappe doucement. Fut un temps où tu te serais déjà laissé partir. Mais il te reste encore une dernière chose à faire. Tu lui souris avec peine. Avant de tousser encore. « Je... crois bien que... je t'aime. »

Tu voudrais en dire plus, rester encore un peu, la regarder, mais c'est déjà trop. La mort t'a laissé un sursis mais maintenant il faut y aller. Il faut en finir. Tu ne peux pas toujours repousser. Après tout, ce n'est que la fin d'une existence terne et futile, hein ? Un grain de sable sur la plage. C'est ce que tu avais dit à Akhlys. Tu n'es qu'un grain de sable dont le moment est venu de disparaître. Ça ne devrait pas affecter qui que ce soit. Il y en a des tas d'autres, des grains de sable, que celui là disparaisse ne change rien. Ça ne devrait même pas t'affecter, toi. Et pourtant... il faut croire que beaucoup de choses ont changé. Peut-être que tu aurais pu être heureux ensuite. Que vous auriez pu être heureux. Si les choses s'étaient passées différemment.

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Nephtys bénie des Roseaux ~ Douce Lueur ~ Denaï Riant avec Amertume ~ Nuage de Lait ~ Jude ~ Masque de Jais





Spoiler:
 
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Liwa
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message posté par Liwa, Jeu 8 Nov 2018 - 23:32


Feat la TI


i can't help

you can drag me through hell if it meant i can hold your hand

Jamais je n'aurais pu m'attendre à un tel désastre, à ce que les choses tournent ainsi, à cette fatigue et cette sensation d'étouffement. Jamais je n'aurais pu m'attendre à ce que les choses se déroulent ainsi. Je n’ai pas trop compris, je dois admettre, tout me semblait si lent et trop rapide à la fois. Je n’ai pas eu la moindre indication de la Terre et l’Eau, ils sont demeurés si silencieux que je ne peux qu’angoisser, désespérer. Juste avant, juste avant, j’ai compris. Que tout irait de mal en pis, que la maladie n’avait été que le début des problèmes. Et ironiquement, j’ai été rassurée. Parce que c’était la Terre qui parlait, parce qu’ils étaient encore là. Nous n’étions pas seule. Ils étaient encore là, prêt à nous aider, à nous dire ce qui se passerait.

Maintenant, je dois bien admettre que je me trouve ridicule, que ce sentiment d’apaisement s’est envolé et que je désespère. Le désespoir s’empare de mon âme toute entière. J’ai peur. J’ai tellement peur que je suis à peine capable de respirer. L’angoisse est bien trop présente et je tousse. Je tousse mes poumons. Je tousse ma vie. Je sens l’odeur de la mort tout autour de moi, comme elle s’était accrochée fermement au pelage de Ndranghet. Mon frère. Mais j’ai pu le sauver, n’est-ce pas ? C’était juste un putain de coup de chance. Je l’ai traité à temps. Et j’ai pu tempérer les symptômes. Le reste, c’est que mon frère est fort, son système immunitaire est fort. Il a pu combattre la maladie de lui-même dès que j’ai pu faire baisser la fièvre. Mais les autres, les autres, ils ne sont pas forts comme ça. Alors je suis impuissante. Je ne peux que tempérer les symptômes en perdant mes forces moi-même. Parce que j’étouffe. Parce que j’étouffe tellement à chaque instant, c’est comme si je ne savais plus comment respirer, c’est comme si la respiration ne voulait plus fonctionner comme elle le devrait. J’ai même pu voir du sang quand je crachais pour tenter d’évacuer les sécrétions dans mes poumons, dans ma gorge. Je suis mourrante. Ça me semble cruellement si clair. Je suis mourrante. Il ne reste maintenant qu’à savoir si je vais être capable de déjouer la mort. De m’en sortir. Survivre. Je pense que je peux. La mort ne s’accroche pas à mon pelage comme elle s’était accrochée au pelage de Dimoni. Je la sens, mais elle ne m’étreint pas encore. J’ai de l’espoir. Un fragment d’espoir et c’est tout ce que je peux me permettre d’avoir.

Sauf qu’on me le détruit. Je suis tirée. Je suis tirée, là, quelque part, tirée par des chasseurs Inondées. Prise en otage. Mais pourquoi ? Leur Troupe est malade. La notre aussi. Je suis moi-même malade. Ils se sont attaqués à ma troupe. Ils se sont attaqués à mes enfants et aux autres membres de la Troupe et La qui avait essayé d’aider. Laissez-moi partir, tenter de sauver les membres de ma Troupe.. je vous en prie. Mais je n’ai même pas la force de me débattre, pas même la force de tenter d’échapper à leur emprise. Ça ne servait à rien. Je tenais à peine debout, je ne pourrais pas lutter contre des chasseurs dont certains en bon état, alors que j’étais si profondément atteinte par ce mal rongeant les deux Troupes. Je n’avais pas d’espoir. Si on me gardait ici, je ne survivrais pas. Je le savais très bien. Si on me gardait ici, je mourrais comme tellement de chats risquaient de le faire. Pourquoi me prendre alors que ça me semble si évident que je ne possède pas la moindre connaissance pouvant les aider ? Pourquoi me prendre alors que notre propre camp n’était pas en mesure de réagir face à une invasion ? J’aurais aimé comprendre ce qui nous attendait, mais je n’y parvenais pas. Je fixe le sol. Je ne pleure pas. Je n’ai même plus la force de pleurer, ni même de lutter. Je me suis battue contre Hidoï, la fureur dans le sang, pour protéger Eliwan. Mais maintenant, je tombe, je ne peux plus lutter. Ils l’ont pas compris, m’entourant tous comme si j’avais encore l’énergie de courir, de tenter de fuir. Je ne peux que suivre.

Je sais qu’on arrive quand je sens l’odeur de la maladie puante assaillir mon odorat. Ils sont tout autant touchés que nous. On entre dans le camp, je les vois se tourner. Et j’entends le chasseur m’ayant attrapé parler. Non. Ils n’auront pas le remède parce que je ne l’ai toujours pas trouvé. Ils n’auront pas le remède parce que je ne sais pas du tout en quoi ce remède stupide consiste et que je me tue à la tâche depuis le début de l’épidémie si furieuse. Il s’écarte et mon regard vide croise son regard désolé. Je comprends. Dans toute cette vague de peur, de frayeur et de colère, je suis encore capable de ressentir les vagues d’émotions des autres. Ils ont peur. Ils espèrent. Ils comprennent, mais s’accrochent trop à l’espoir. Et Hidoï, lui, est désolé. Désolé face à moi. Mais je sais qu’il a bien conscience que les excuses ne répareront rien. Et j’aurais pu lui en vouloir, le détester, j’aurais vouloir l’accuser de tous les torts possibles, mais je sais. Je sais qu’il n’est que la réflection de mes propres tourments. Il veut juste sauver les siens. Il ne fait qu’obéir, aussi. Alors je n’y arrive pas. Je n’ai pas la force de lui reprocher tout ça.

Mes yeux se posent sur Denaï alors. Le meneur. Il va mourir. Je le sais. Je le sens. Il est malade et moi-même je ne pourrais pas le sauver. Pourquoi me sens-je si désolée pour quelqu’un ayant ordonné mon enlèvement ? Sûrement que parce que contrairement à lui, je possède un coeur. Je peux sentir la mort l’entourer de ses tentacules. J’ai toujours pu dire quand quelqu’un était condamné. Et lui, il l’est. Rien ne changera les faits : la mort le rappelle à elle. Son regard est terne et je ne peux pas le soutenir, parce que le mien brûle autour de larmes coulant maintenant que je sais qu’un chat va clairement mourir parce que je n’ai pas été capable de trouver un remède. Parce que j’ai échoué. Je le vois et je frissonne quand je l’entends demander quand ce fameux remède sera là. Jamais, j’ai bien peur. Je n’ai rien. Et il parle. Il parle à une certaine Akhlys. J’ai mal. Mon regard croise Konoha. Je sais qu’il veut se précipiter vers moi, mais il est figé et je lui intime silencieusement de ne pas venir me voir. Ce n’est pas le temps. De toute façon… parce que Denaï est mort et que je m’effondre en silence, ne tenant plus debout. La maladie m’encercle. Leurs sentiments m’étreignent et moi-même je m’étouffe.
Je dérape. Et je ne lutte pas. Je laisse le noir m’envahir, de toute façon, ce n’est pas ma Troupe. Et surtout.. je n’ai pas ce fameux remède. Alors j’embrasse l’inconscience, les laissant à leur deuil.



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Merci maman *^* :
 


MERCI TERRY C'TROP BEAU:
 
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Asuna
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message posté par Asuna, Ven 9 Nov 2018 - 0:02



et il est où ce remède ?



Ces derniers temps, on aurait pu croire qu’elle allait se briser en miettes, qu’elle ne saurait plus tenir la face devant tous, mais elle ravivait les flammes d’espoir. Toujours debout, bravant la vie avec droiture et sang-froid exemplaire, Asuna avançait. Elle continuait à assurer les tâches qui lui incombaient en tant que flambeau, elle continuait d’assurer tout simplement. Elle aurait pu tomber, s’effondrer. Elle en aurait eu le droit, après tout. Personne n’aurait pu la blâmer de ne plus faire fière figure alors qu’après la mort de sa mort, seulement quelques temps après, elle dût faire face à la disparition de sa soeur ainsi qu’à la naissance de trois petits boules de poils dont un seul était en bonne santé. Le mâle. Elle avait gardé la tête haute, clamant que l’identité du père ne regardait qu’elle seule, qu’ils pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient. Elle savait que celui ayant gagné son coeur était un vieil ami, un solitaire. C’était bien la preuve qu’elle avait des sentiments. On aurait encore pu s’attendre à ce que tout s’écroule lorsqu’une de ses filles perdit la vie d’une maladie inconnue, mais elle était restée la même. Une féline droite, fière, une féline aux innombrables qualités de dirigeante qui continuait à assumer son poste, à seconder le meneur sans flancher, sans faiblir.

Seul Kirito l’avait vu tomber. Seul Kirito avait pu assister à ses larmes, à sa chute, à la douleur étreignant son coeur, parce que ce n’était pas rien. De perdre sa famille petit à petit. Seul Kirito avait pu voir à quel point elle avait été foudroyée par les événements s’accumulant sur son dos. Seul son amour avait pu voir que son coeur pouvait faiblir par moment. Parce que oui, la femelle rousse pâle avait mal. Pouvait-on seulement l’en blâmer ? Perdre sa mère, voir sa soeur disparaître sans savoir ce qu’elle advient et perdre son enfant. Personne ne saurait s’en réchapper. Mais elle ne voulait qu’être plus forte. Elle continuerait de se battre encore et encore jusqu’à ce que ce soit son tour. Elle avait une nouvelle raison de se battre : ses deux enfants restants dont une en si mauvaise santé qu’elle ne pouvait même pas devenir chasseuse. Asuna allait parfois la voir, se coller doucement contre elle, comme elle allait parfois voir Himoya, son fils.

Et la maladie est arrivée. Sournoisement, elle s’est invitée dans le camp. Asuna est demeurée la même, toujours fidèle à ses habitudes, droite et fiable, un roc dans la tempête, quelqu’un sur qui se reposer quand les choses tournent mal. Elle a pu observer la maladie s’emparer d’un et les faire tous tomber dans l’inquiétude, mais toujours inébranlable en surface. Rien jamais ne se voyait. Sang-froid à toute épreuve. Elle s’était promenée entre les malades, leur apportant de la nourriture, revoyant les patrouilles et donnant deux fois plus de sa personne pour ramener le plus de proies possibles. Les effectifs en bonne santé s’étaient réduits. Elle avait eu la chance de ne pas être malade. Il fallait croire qu’elle était forte. Si parfois elle avait le sentiment de ne pas en voir le bout, elle se battait. Heureusement, il n’y avait pas eu de traces des escogriffes ces derniers temps, c’était une chose en moins à se soucier. Ces stupides coeur de rat qui se pensaient tout permis et qu’elle devait à tout prix éradiquer. Enfin… quand Hidoï avait annoncé au meneur avoir entendu que la Troupe Embrumée possédait le remède, Asuna était restée dubitative et sceptique. Elle n’allait le croire qu’au moment où elle verrait ce remède et son effet. Pas avant.

Elle revenait d’une chasse peu fructueuse cette journée-là, évitant de se rendre dans la tanière des guérisseurs et botanistes, sachant très bien ce qu’elle avait fait. Elle avait agi sans en parler au meneur. Asuna ne suivait pas aveuglément les ordres, elle faisait ce qui lui semblait juste et ce qu’elle pensait être le meilleur à faire. Alors elle était allée voir Olosis en lui demandant si elle pouvait l’aider à entrer un solitaire malade dans le camp parce qu’il ne survivrait pas dehors, cachant le fait que ce solitaire avait un lien avec elle. Bien sûr qu’elle était inquiète, terrassée par l’angoisse et la peur, mais elle gardait cet air impénétrable et ce comportement si sérieux. Sang-froid, toujours. Kirito avait été escorté jusqu’à la hutte des botanistes et guérisseurs et elle savait qu’il aurait des soins. Et maintenant, elle voyait Hidoï et les autres partis se battre revenir. La botaniste embrumée avec eux. Malade, elle aussi. Alors Asuna comprit que le remède n’était qu’une illusion et que la Troupe Embrumée était tout autant malade que la Troupe Inondée. Elle se tourna vers Hidoï et suivit l’échange puis se dirigea d’un pas lourd vers le meneur quand celui-ci tomba et appela son autre soeur, Akhlys. Elle ne dit rien. Il n’y avait rien à dire. La mort était inévitable. On ne pouvait pas ramener les morts à la vie. Elle aurait voulu que Denaï ne meure pas tout de suite. Mais elle ne pouvait rien faire. Ses yeux parcoururent la Troupe. Elle était maintenant meneuse. Le poids des responsabilités se faisait encore plus sentir maintenant.

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I'm gonna move like a soldier


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Merci Célestia :keur:


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Susu se bat en #CECEF6

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Akhlýs
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message posté par Akhlýs, Lun 19 Nov 2018 - 13:21


Reste avec moi


Hidoï a ramené Liwa. Et je ne sais pas si c’est une bonne chose, je ne pense pas. Il a mené une bataille à laquelle j’ai refusé de participer. Parce que je ne pense pas que la Troupe Embrumée soit en possession du remède. Je pense que les guérisseurs et botanistes sont suffisamment humains pour, s’ils avaient le remède, nous avertir et le partager. Mais il semble qu’Hidoï n’ait pas en lui ce genre de bon sens. Alors il a mené la Troupe au front pour des illusions vaines et un espoir insensé. Je les surveille du coin de l’oeil. Il parle à Denaï. Liwa est avec eux mais elle reste silencieuse, ses yeux s’égarant sur le camp. Savait-elle que nous n’allions pas mieux que sa propre Troupe ? Denaï ne va pas bien. Je le vois de là où je suis, qu’il est dur pour lui de rester debout. Combien de temps encore tiendra-t-il ? Combien de temps vivront encore les malades ? Combien de temps encore avant que les épargnés comme moi soient touchés ? On mourra tous. Denaï s’effondre et je me relève d’un bond.
Non.

« Ak... Akhlys... ? »

Mon nom. Il appelle mon nom. 
Rapidement, je m’approche, écartant Hidoï et sa prisonnière. Je me fiche bien de lui tout comme je me fiche bien de Liwa. Elle ne nous servira à rien et ce guerrier, ce guerrier je le méprise pour cette querelle inutile. Pour la fatigue que cela cause à la Troupe, la rendant plus vulnérable encore face à la maladie. À quoi pensait-il ? À sa petite gloire personnelle ? Que croyait-il ? Qu’il se ferait bien voir et deviendrait un bon petit flambeau ? Mais flambeau de quelle Troupe ? On mourra tous avant de trouver un remède. 
Et Denaï m’a appelée. Alors le reste n’a aucune importance, il n’y a plus que lui. Lorsqu’il s’effondre sur le sol, je retiens un cri. Il est malade, je le sais. J’en ai bien conscience. Les trois quarts de la Troupe sont malade. Mais lui, il semble si mal en point. À deux doigts de mourir. Mais il ne peut pas mourir. Pas aujourd’hui. Pourtant je sais que s’il appelle mon nom, c’est qu’il a quelque chose à me dire. Et quoi de mieux que des adieux hein ? Je ne veux pas y penser. Je ne veux pas penser ainsi et pourtant, je ne parviens pas à m’en empêcher. Comme si, comme lui, mon monde était sur le point de s’écrouler.
Encore.

« Akh... lys... Je... Merci pour... tout… » souffle-t-il entre deux quintes de toux.

À genoux à ses côtés, je sens les larmes rouler silencieusement sur mes joues. Je sais ce qui se passe. Je sais qu’il va partir. Il va partir et il ne saura jamais, il ne saura jamais que malgré tout ce que j’ai bien pu penser de l’amour et de ce genre de conneries, je l’ai aimé. J’avais perdu foi en cette flamme intérieure, chose ironique pour la passionnée du feu que j’étais. Quoi de plus ironique que cette même flamme soit ravivée par l’âme d’un insensible ? Je le vois, au sol, et je ne peux rien faire sinon être là pour lui, pour ses derniers moments. Et je suis si calme que cela m’effraie. 

« Je... crois bien que... je t'aime. »

Choc. 
Sourire.
Partagée entre deux émotions, un rire à la fois joyeux et triste passe la barrière de mes lèvres. Je t’aime. ‘aimerais m’en réjouir, j’aimerais tant pouvoir savourer ces mots, les imprimer dans mon esprit pour me les rappeler à jamais. Mais je ne peux pas, pas vraiment. Parce qu’il est là, étendu au sol, presque immobile, comme si elle me l’avait déjà pris. Je ne veux pas qu’il s’en aille. Il n’a pas le droit de s’en aller. 

« Je t’aime Denaï. Je t’aime. Je… »

Ma voix se brise, incapable de continuer. Un premier sanglot m’échappe et je sens que mon contrôle se fait la malle. Il meurt. Il meurt sous mes yeux et j’ai l’impression de revoir ma mère mourir, j’ai l’impression que tout recommence, le désespoir, la colère, le choc, la tristesse infinie, tout. Je ne veux pas qu’il s’en aille. Pas comme ça, pas maintenant. Pas lui. Pas alors que j’avais en moi ce sentiment nouveau, pas alors qu’il avait commencé à ressentir quelque chose, pas maintenant, pas comme ça. Pas lui. Pas encore. Je ne veux pas le perdre. J’ai déjà perdu ma mère, j’ai déjà perdu Ningún, je ne veux pas le perdre lui aussi. Que me restera-t-il après lui ? Rien. J’aime Paint mais je ne suis pas proche de lui, il en va de même pour Asuna qui a déjà bien assez à s’inquiéter avec sa famille. Mon père, il n’existe pas, il n’a jamais existé. Je n’ai plus que lui. Je n’ai plus que Denaï et pourtant, je le sens partir alors je laisse les sanglots m’échapper les uns après les autres. Mieux vaut les laisser partir. Mieux vaut qu’ils l’accompagnent. Mieux vaut m’en débarrasser. 
Et j’en veux à Asuna, présente à mon côté, de ne pas vraiment l’être. Je lui en veux de ne rien faire, de ne rien dire, de rester silencieuse. Je me sens stupide, si stupide. Comme une enfant en plein caprice. Mais je ne veux pas qu’il parte. Il… Il ressentait enfin quelque chose. Il aurait pu recommencer à vivre. Il aurait… On aurait pu être heureux. On aurait pu être ensemble. Et même si ça n’avait pas été le cas je m’en fiche. Il aurait été en vie. Il aurait bien pu me détester, me mépriser ou que sais-je encore, je m’en fiche.
J’aurais été heureuse.
Il aurait été en vie.
Mais il est mort maintenant. Il est mort et ma tête enfouie dans le creux de son cou n’y changera rien. Hidoï, Asuna, Liwa, personne n’y changera quoi que ce soit. Je n’ai plus rien. Je n’ai plus personne. Mes larmes ne coulent même plus. Alors je me relève, lentement. Je renifle un bon coup, inspire, expire lentement. Je me fiche bien de ce qu’ils pensent. Qu’ils m’observent, qu’ils se fichent de moi, qu’ils me prennent de pitié, je n’en ai rien à faire. Qu’ils le fassent, ça n’y changera rien. Il est mort. Et je suis seule. Encore. Je me remets sur mes jambes, tremblantes. Je vacille, chancelle et pense que je vais tomber mais je parviens à me stabiliser. La vue de son corps sans vie me fait verser mes dernières larmes. Puis je n’ai plus rien. Rien que le vide, rien que son absence. Rien que cette douleur lancinante qui m’empêche de voir les choses clairement. Et en cet instant j’aimerais me précipiter sur Liwa, sur Olosis, sur Montagne, sur Naimya, sur Lyn. Pour ne pas l’avoir sauvé. Pour l’avoir laissé me filer entre les doigts sans rien faire. Mais il me reste un peu de bon sens. Elles n’auraient rien pu faire. Elles auraient agi, sinon. Mais elles n’ont rien fait. Et il est mort. Et maintenant quoi, hein ? Qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ? Ils vont me dire qu’ils sont désolés. Ils vont essayer de me dire comment je dois me comporter, comment je dois me sentir. Ils vont essayer d’être compatissants, me dire qu’ils comprennent mais ils ne le peuvent pas, ils en sont bien incapables. Lorsque je recule, je ne regarde personne. Je ne veux pas de leurs regards, je ne veux pas de leur tristesse. Il est mort. Ils n’y changeront rien. Je n’y changerai rien. Parce que rien ne change. On ne peut rien faire, jamais. Le monde continue de tourner, le soleil de briller, la marée de s’agiter. On continue de s’entretuer. On se fiche bien de savoir qui vit et qui meurt. Qui se souciera de lui si je ne suis plus là ? Personne. Ils s’en fichent, tous. Tant qu’ils vivent, ils sont heureux. Pourquoi se préoccuper des autres. 
Au fond, Denaï avait raison. Mieux vaut ne rien ressentir. Mieux vaut tout bloquer pour ne pas souffrir. Je suis si fatiguée, fatiguée de souffrir, de ressentir toute cette douleur tout ça parce que je suis incapable de me protéger de moi-même et de toute la peine contenue dans ce monde. Il avait raison. L’existence n’a aucun sens. En a-t-elle déjà eu un ? Ce n’était pas lui qui se berçait d’illusions, je suis la seule fautive. Il avait raison. L’espoir vain fait mal au coeur, il le tue. L’espoir vain n’a de cesse que de me faire espérer qu’un jour, peut-être, je serais heureuse. Mais l’espoir est vain. Il n’existe pas. Il n’est jamais vraiment là. Ça ne sert à rien de se battre pour trois secondes de bonheur s’il nous est retiré aussi violemment. Il avait raison. Je ne sais même pas si je parviens à sentir le moindre désespoir de la part de quelqu’un d’autre. Y a-t-il seulement quelqu’un qui souffre ici ? Tout vient de moi. Je ne sens rien d’autre. Tout vient de moi. Le désespoir, la colère, le choc. Mais je ne les sens plus, eux. L’espoir. Denaï. Je ne les sens plus. Ils ne sont plus là. C’est trop dur à supporter. Il l’avait dit, ça aussi. Que c’était trop dur à supporter. Je lui ai promis. Je lui avais promis de l’aider. Je pensais que j’en serais capable, je l’ai été, au vu de ses derniers mots. Mais il est mort maintenant. 
L’espoir tue.
Il avait raison.


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Merci Kayu c'est génial :keur:
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Hidoï crachant la Lave
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message posté par Hidoï crachant la Lave, Ven 30 Nov 2018 - 18:13

Nous aurons le remède

Mais Denaï n’était pas là. Denaï n’était plus là. Le temps qu’Hidoï crachant la Lave s’approchât du Meneur, ce fut déjà trop tard. Liwa n’aurait pas pu l’aider. Peu avant la bataille, c’était déjà comme s’il allait s’écrouler, comme si ses pattes ne le portaient plus. Il n’avait tenu bon que pour voir la silhouette frêle et sombre de la Botaniste Embrumée. Et à présent il n’était plus. Il était mort, il avait rejoint les âmes de tous les défunts qui avaient succombé à cette terrible maladie. Denaï était mort.
Hidoï ne pouvait détacher son regard du corps sans vie. Son pelage souillé semblait ne pas avoir été nettoyé depuis longtemps. Son corps maigre laissait entrevoir ses côtes. Combien de temps qu’il n’avait pas mangé ?

Combien de temps n’avaient-ils pas mangé, tous ? Ils se mouraient à petit feu. Des chatons étaient déjà morts parce que personne n’avait réussi à les protéger. Ils ne le pouvaient pas, pas lorsque le mal venait de l’intérieur, détruisant tout ce qu’ils avaient. Ils se battaient, tous, ensemble. Il y avait une cohésion remarquable lorsque la fin approchait, c’en était presque triste à voir.
Ils dépérissaient.
Et pourtant, ils se battaient, tous. Ils s’étaient battu jusque là, avec ce seul espoir d’apercevoir le remède. Que Liwa les sauvât tous d’une mort certaine et d’un chaos sans fin. Sauf que Denaï était mort, devant eux tous.

Et voir le Meneur mort ne pouvait que les terroriser encore un peu plus. Ils n’étaient pas invincible, non. Ils étaient toujours là par hasard, ou par miracle, et peu importait la réelle cause. Ils étaient toujours là mais demain, peut-être, ne le seraient-ils plus. Et ils s’en rendaient compte, tous. Hidoï aussi. Il savait depuis le début, que tout n’était qu’une illusion.
C’était là pour lui donner l’impression. Que tout pouvait s’améliorer, qu’ils pouvaient survivre, mais c’était faux. Ils étaient condamnés.
Et s’ils savaient, alors ils auraient peur. Et lorsqu’on avait peur, on était capable de faire n’importe quoi. Or il ne fallait pas que les Chasseurs se mirent à faire n’importe quoi.

Hidoï se détourna et il laissa Liwa et les autres se recueillir en silence. Lui n’avait pas envie de se recueillir. Lui il avait déjà trop vu la mort, partout, et ce n’était pas une surprise que Denaï fût mort. Ce n’était qu’un de plus.
Assalys et les chatons qui restaient seraient peut-être les prochains. Hidoï savait seulement que Liwa n’avait aucun remède, et que personne n’en avait un d’ailleurs.
Ils allaient mourir.

C’était dur à accepter. Hidoï n’était pas optimiste, de manière générale. Il croyait pourtant que tout le monde pouvait se redresser, avancer, se relever. Il avait encore un maigre espoir, jusqu’à maintenant. Et il ne savait plus à présent. Avait-il encore le droit d’espérer ?

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