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we're the losers on the back seats ϟ Étoile Machiavélique



 

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Admin Foudry

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Étoile Sanglante
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message posté par Étoile Sanglante, Dim 4 Nov 2018 - 15:18

« we’re the losers on the back seats »

Le temps avait passé. Les cicatrices et les blessures étaient toujours là, mais le temps avait déjà commencé son travail. Petit à petit, les plaies s’étaient refermées, enfin non pas totalement, elles ne le serait jamais, c’était un genre trop coriace ; mais la douleur s’était clairement atténuée, c’était indéniable. Tu n’en serais pas là, sinon. Mais si tu devais ton « retour à la presque normale » à quelqu’un, c’était bien à ta famille, et notamment Plume de Rouge-Gorge. Ta famille était grande, tu avais de la chance là-dessus. Enfin, personne ne pourrait jamais remplacer Vol d’Hirondelle, Pelage de Miel ou même Envol d’ l’Hirondelle ; personne ne le pourrait jamais. Mais tu avais réussi à faire ton deuil. Enfin, il suffisait de ne pas y penser. La douleur revenait si t’y pensais un peu trop, alors tu essayais de ne plus y penser. C’était pas totalement du déni, c’était juste une méthode comme une autre pour faire face aux événements et à la douleur. Et puis, il y avait aussi l’autre folle meurtrière qui t’avait aidé, en quelque sorte. C’était con à dire, mais si. C’est qu’elle t’avait bien fait flipper. Elle avait débarqué nulle part et t’avait sauté à la gueule, t’arrachant une vie sans que tu comprennes quoi que ce fût. Comme ça, c’était cadeau. D’habitude, les meurtriers se cassent, après. Le chat est mort, allez y’a plus rien d’autre à foutre. Et personne n’est censé savoir que t’as encore plusieurs vies, enfin, surtout pas les chats errants en fait. Mais elle t’avait attendu. Gentiment. Tu t’es réveillé, et elle t’avait ressauté à la gueule pour t’en arracher une deuxième. Là, t’avais bien cru qu’elle allait t’attendre et continuer à t’arracher tes vies jusqu’à la toute dernière. Si elle l’avait fait deux fois, elle pouvait bien le faire sept fois. T’avais vraiment cru, à ce moment là, que t’allais enfin crever. Et là, t’avais pensé à tes enfants. Oui ceux qui n’ont jamais connu leur père. Ceux-là précisément. Et ça t’a fait mal. Ça t’a écœuré. Tu serais parti sans qu’ils t’étaient jamais connu. Orphelins, ils avaient cru retrouver leur père, mais ils n’avaient retrouvé que son ombre. Et il s’était fait lamentablement assassiné sur son propre territoire, alors qu’il avait erré pendant des lunes dans des territoires hostiles et inconnus de tous et était revenu vivant. Ça, cette pensée là, ça t’avait tué une troisième fois. Tu te dégoûtais toi-même.

Quand tu t’étais réveillé pour la deuxième fois, elle s’était barrée. Tu l’avais vue de loin, mais au moins, elle était partie. Satisfaite ? Difficile à dire. Cette chatte était étrange. Quelles étaient ses motivations ? Pourquoi avait-elle attendu que tu te réveillasses une première fois pour partir à la deuxième ? Et comment avait-elle su que t’avais plusieurs vies alors qu’elle n’était pas guerrière ? À ce moment là, t’en avais rien à foutre ; tu étais vivant, et c’était tout ce qui comptait. Et tu voulais te rattraper. Alors, tu t’étais accroché à la vie  non pas pour toi, mais pour le reste de ta famille déjà bien assez brisée comme ça. Et maintenant, tu avais Petit Aigle et Petit Castor à tes côtés également ; surtout Petit Castor. Tu voulais rendre fier les vivants, puisque les morts étaient partis. Une quinte de toux te tira de tes pensées. Ça, il ne fallait pas leur montrer. Il ne fallait pas les inquiéter.

Douleur. Tu savais la reconnaître sur le visage des autres, maintenant. Elle te côtoyait depuis longtemps, alors c’était simple de la voir chez les autres. Ange des Ténèbres souffrait pas mal, mais tu n’arrivais pas à l’aider. Son mal t’était étranger. Tu retournerais le voir. Mais pour le moment, tu te préoccupais d’Étoile Machiavélique. Elle semblait si faible et souffrante depuis la mort d’Étoile de Jaspe. Tu ne savais que trop bien ce que c’était. Le contexte te rappelait un peu celui de ton départ. Toi aussi, tu avais perdu ta compagne. Ta fille également. Enfin, elles, elles avaient été kidnappées. Mais tu t’étais également morfondu pendant un bon moment, à tel point que ta lieutenante avait dû tout faire à ta place… Et cette lieutenante, c’était elle, Étoile Machiavélique, avant Torture Machiavélique. Maintenant, il semblerait que ce fût Rayon de Soleil qui jouait ce rôle, et Étoile Machiavélique jouait le tien. Sauf que, elle, elle n’était pas déserté le Clan pour vagabonder dans le déni pendant des lunes sans laisser de trace. Elle s’occupait encore un minimum de vous. Même dans les pires moments, Étoile Machiavélique était un meilleur chef que toi.

Tu t’avanças devant le Promontoire. Rien de tout ça n’était prévu. Théoriquement, tu n’avais pas le droit d’entrer dans la tanière juste en dessous ; tu n’étais plus chef. Mais tu la voyais au travers du rideau de lichen. Et ça te rappelait terriblement tes derniers jours avant ton départ. Elle venait te voir aussi, pour t’informer de ce qu’elle faisait pour le Clan. Tu n’avais jamais regretté de l’avoir nommée lieutenante. C’était sans doute une des meilleurs choix que tu aies fait. Un des seuls bons choix que t’aies faits dans ta vie ouais. Ils se comptent sur le bout des griffes tiens. Tu ne pouvais pas rester là comme ça, à ne rien faire. Et puis, avec la maladie bizarre qui se répand, elle était sûrement à risque. Le tout était de ne pas la contaminer si elle ne l’était pas déjà. Roh, mais, toi, malade ? N’importe quoi.

Tu entras dans la tanière sans t’annoncer. Elle avait dû te remarquer. Si elle ne voulait pas de toi, elle pouvait le dire, tu te casserais sans problème. Ça te faisait drôle de venir ici après toutes ses lunes. Ce lieu avait été ton antre pendant de nombreuses lunes. Ton refuge. Ton abri. Lieu convoité depuis longtemps, quand tu étais apprenti et guerrier. Maintenant, tu n’étais plus trop sûr de le vouloir. Tu pourrais toujours commander. Mais après toutes ces lunes à n’avoir rien fait, ça te ferait bizarre. Peut-être que tu t’en tirerais à merveille. Mais c’était plus à toi de le faire. T’avais passé ton tour. T’avais foiré ton tour quand on te l’avait donné, maintenant, t’avais passé le flambeau, fallait que tu passes à autre chose.

« Ce lieu n’a jamais changé. »

Comme si tu parlais tout seul, à voix haute. Comme une introduction. Tu regardais la paroi de la tanière. Oui. Rien n’avait changé là dedans. Tellement de chefs s’étaient succédé, ici. Personne ne pouvait les compter, sans doute. Toi, t’avais pas marqué l’histoire. T’aurais pu. Mais tu l’avais pas fait. Tu ne saurais dire ce qui s’était passé. Une ombre passa sur ton visage. Et si tu n’avais jamais rencontré Pelage de Miel ? Et Vol d’Hirondelle ? Personne ne se serait mis sur ton chemin. Tu aurais peut-être marqué l’histoire. Mais peut-être d’une façon dont personne ne voulait se souvenir.
Rien n’avait changé. La tanière n’avait pas changé. Les histoires non plus. Les mêmes histoires entraînaient presque les mêmes conséquences.

« Tout se répète. Toujours. » Tu ne lui avais sans doute jamais dit. Il serait temps, non ? « Mais sache que t’avoir nommée lieutenant était le meilleur choix que j’aie fait de ma vie. »

À moins qu’elle ne considérât le pouvoir comme une malédiction, à présent. Mais tu ne voyais pas pourquoi elle le prendrait comme ça. Enfin, son malheur aurait pu lui arriver à n’importe quel rang. Personne n’était intouchable, là dessus. Personne. Ça arrivait d’un coup, comme ça. Comme une claque en pleine gueule. Le coup durait une fraction de seconde. La marque était à vie.



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