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Chaleur, herbe verte, ciel bleu et fleurs resplendissantes… Nul doute, la saison des feuilles vertes est là. La chaleur se fera plus forte que jamais, mais une douce brise viendra de temps en temps rafraîchir vos fourrures. Attention aux orages et à la sécheresse. Il fera chaud : les températures iront de 20 à 35°C.

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 Lui est avant Dran *paf* ~ Shayne/Scaphandre/Obsidian

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Puf/Surnom : Kayl
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Date d'inscription : 23/05/2016


Lun 23 Mai - 19:43



Scaphandre // Shayne // Obsidian








Ton chat
Ton âge: 19 lunes
Ton sexe: Mâle
Ton clan: Solitaire
Ton rang: Cavaleur

Ton but dans la vie: M’enfuir. Toujours plus loin, toujours plus vite. Dresse toi sur ma route et je te tuerai. Ose t’en prendre à moi et tu le regretteras. Que veux-tu savoir, au juste ? Mon objectif ? C’est la liberté. C’est repartir de la bonne patte. Je ne désire qu’une seule chose, et avant, c’était sortir de . Je pensais qu’une fois dehors, ça irait mieux. Je serais libre. Sauf que ce n’est pas le cas, et je me sens toujours aussi pris au piège. Enfermé, emprisonné. Conditionné. Mes griffes plongent dans la terre. Je ne m’en sortirai pas. Ils sont là, je les entends. Qui ? Ne fais pas comme si tu ne le savais pas. Regarde. Leurs ombres approchent. Mon objectif, les fuir. Disparaître. Mais chaque jour, ils se rapprochent. Peu à peu, mon but se transforme. Je ne veux plus seulement fuir, mais juste vivre une journée de plus.
Laissez-moi encore vingt-quatre heures.
Et je disparaîtrai à nouveau dans le silence de la nuit, pour trouver la liberté.

C'est la seule fois que tu me verras.
Je ne veux pas. Non, car si je te le dis, alors tu me reconnaîtras. Et qui me dit que tu ne me traqueras pas, toi aussi ? Je suis obligé de me décrire physiquement ? Soit. Alors je le ferai. Mais avant tout, sache que mon pelage, mes yeux, mon corps, tout ce que tu vois, ce n’est qu’une illusion. Je disparaîtrai, encore et toujours. Tu ne me verras qu’une seule fois.

Tu vois, tout d’abord, un félin se découper dans la nuit. Tu n’y vois rien pour commencer, car malgré une bonne acuité visuelle, l’obscurité l’emporte. Cette silhouette est presque invisible. Mais toi, tu la distingues. Et malgré des mouvements furtifs, tu ne la perds pas des yeux, cette silhouette. Elle te semble bien grande, bien trop grosse pour courir vite, pourtant tu l’a vue s’éclipser à la vitesse d’un furet. Tu observes encore entre les arbres. Soudain tu le vois encore, il s’approche, de face. Oui, il est grand. Il est plus grand que toi, bien plus grand. Ses pattes sont puissantes. Tu distingues légèrement sa forme massive. Tu te dis que je suis un félin puissant et tu as raison. Tu ne peux pas voir mes muscles, pas encore. Il fait toujours trop noir. Mais simplement avec ma corpulence, tu vois combien je parais plus fort que toi.

Dans la semi-obscurité qui règne, maintenant, j’ouvre les yeux. Ce ne sont que deux pupilles vertes. Il n’y a rien de particulier et s’il n’y avait eu que mes yeux, j’aurais pu passer inaperçu. Vert pomme, vert pâle, vert pastel, je ne sais pas. Comment les vois-tu, toi ?
Mais ce que tu verras, c’est la lueur qui y brille. Une lueur meurtrière. Il n’y a pas de joie, pas de bonheur, rien. Rien qu’un vide que l’on n’aurait pas pu croire possible dans un regard. Pas venant d’un chat comme moi, aussi jeune, aussi vif. Tu te demandes s’il faut avoir peur. Je ne te parais pas du tout rassurant, ni avec ma corpulence imposante, ni avec ce regard un peu vert, dont l’obscurité fait ressortir les émotions contradictoires, les lueurs de haine, de meurtres, un regard presque hautain. Il y a autre chose, que tu peux aisément discerner. La peur. Est-ce réellement de la peur ? Peut-être que ce n’est que l’éclat de la lune qui te donne cette impression. Ou plus probablement, ton imagination. Car c’est toi, qui as peur. Parce que mon corps semble fait pour me battre, et mes yeux froids ne reflètent rien si ce n’est la haine.

Le jour se lève peu à peu, et tu remarques que je n’ai plus bougé d’un poil. Poils qui, d’ailleurs, sont assez longs. Je préfère l’hiver et j’ai toujours préféré, et d’ailleurs mon pelage est fait pour se fondre plus ou moins dans la neige. C’est bien pour ça que je m’enfuis par là-bas. Vers les Montagnes, là où la neige perdure en toute saison, là où je me sentirai vraiment en sécurité. Et mes poils, en plus d’avoir la couleur, ont surtout la bonne longueur pour que je n’aie pas froid. Mais passons sur cette longueur qui en soit, n’est pas le plus important.
Car ce que tu verras en premier, ce sont bien mes poils. Leur couleur. C’est ce que tu remarques en premier maintenant qu’il fait jour, et que le soleil brille à l’horizon. Le soleil a encore du mal à se frayer un chemin entre les arbres. C’est dur de se lever, le matin. Je le comprends. Pas toi ?

Tu vois d’abord le blanc. Tout simplement parce que le blanc, qui est une addition de chacune des couleurs du spectre, comme l’arc-en-ciel, réfléchit la lumière. Même lorsqu’il y a peu de lumière, le blanc réfléchit ce qu’il peut. Contrairement au noir, qui dès que la luminosité se retire, devient parfaitement invisible. Or, mon pelage est composé de toutes les nuances existantes entre le blanc et le noir, sur une échelle monochromatique. En d’autres termes, du blanc, du gris, et du noir. Enfin, si c’est trop compliqué pour toi. Le blanc ne domine pas plus qu’une autre couleur. Il est présent majoritairement sur mes pattes avant, mon museau, et bien sûr des milliers de petites taches un peu partout sur mon corps.
Mon pelage, si vous avez pensé qu’il est blanc, n’est pas aussi simple. En blanc, au moins, j’aurais été invisible. Je n’aurais eu qu’à fermer les yeux en attendant que le temps passe, et c’est tout. En attendant qu’ils passent. Mais il a fallu que mon pelage se distingue des autres. Des chats blancs, j’en ai vus. Des chats tachetés, aussi. Mais jamais comme moi. J’aime à penser que je suis vraiment unique, mais après tout, ne le sommes-nous pas tous ? La plus grande différence est que moi, j’ai un pelage un peu plus atypique que ceux des autres. Il est bien tacheté. Sur une couche de blanc, sans doute, se sont installés des taches plus ou moins grosses, de gris et noir, plus ou moins foncées.
Après le blanc, tu vois l’ensemble de ma fourrure. Des gris clairs et foncés qui se partagent mes flancs, mes côtes, mon ventre. Du noir sur ma figure, ma truffe, le bout de mes pattes et ma queue, en alternance avec tantôt du blanc, tantôt une nuance de gris foncé. Mes oreilles sont noires, également. Mais pourquoi tout détailler ainsi ? Je pouvais seulement dire que j’étais un félin tacheté de blanc, gris, et noir. Mais est-ce que tu aurais réussi à m’imaginer tel que je suis, si le jour ne s’était pas levé ? Certainement pas. Même si je doute que tu puisses imaginer quoi que ce soit avec ma description encore approximative.
Non, ce qu’il faut, c’est me croiser de jour, pour avoir un véritable aperçu. Mais, je te le répète, tu ne me reverras plus. Tu peux oublier mon pelage. Il ne te sera plus utile dans ton esprit.

Pour le reste, c’est plutôt des banalités. Une truffe noire, comme je le disais, comme les poils qui l’entourent. Mes oreilles de taille tout à fait moyenne, qui entendent très bien le moindre bruit, afin d’être rapide pour réagir. De longues moustaches blanches, parce que personne n’a eu l’idée de faire un chat avec des moustaches bleues. De longues griffes bien aiguisées, comme je vis seul dans la nature, avec de nombreux ennemis qui plus est. Des crocs, longs, tranchants, d’une blancheur immaculée. Ma queue, elle, est longue et plus touffue encore que le pelage sur mon dos. Il n’y a rien à dire de plus.

Je me suis montré, à la lumière, puisque tu voulais une description parfaite. Tu clignes des yeux, car tu as vu le monstre que je suis. Tu as vu ces muscles bandés sous mon pelage tacheté épais, et tu clignes des yeux parce que tu te demandes s’il faut avoir peur de moi. Mais voilà, tu n’as pas la réponse que déjà, je disparais à nouveau. Je fuis, loin, là où tu ne me reverras pas.

Car tu m’as vu une fois, et c’est déjà trop pour que tu me reconnaisses. Pour que tu donnes l’alerte.


Complexité d'un être instable
Rancunier, paranoïaque, empathique, violent, impulsif, sadique, cruel.
Modeste, courageux, patient, mature, persévérant.

Je ne suis pas parano ! Ils me poursuivent, c’est tout. C’est juste que toi, tu ne les vois pas. Oh bien sûr, tu te diras que je suis taré, que personne ne me suit… Eh bien peut-être. Peut-être que personne ne me suit, mais peu importe. En quoi ça peut bien te déranger ? C’est vrai, je ne dérange personne avec mes phases de délires paranos. De toute façon toi, tu ne comprends pas. Ni ce que j’ai vécu, et puisque je suppose que tu ne liras pas l’histoire, tu ne sauras jamais ce qui m’est arrivé. Néanmoins, si tu penses toujours que je suis parano, je te conseille de lire les trois dernières lignes de ma vie.
Le monde payera ce qu’il m’a fait subir. Il payera, car il ne peut pas s’en tirer ainsi. Pas lorsque je suis là, bien vivant, et toujours debout. Toujours en fuite. Il y a une chose que tu dois savoir avant tout : j’ai une excellente mémoire. Personne ne peut me berner. Je me souviendrai du moindre trait de ton visage, chaque arbre que je croiserai, je le reconnaîtrai. Alors n’essaye pas de me leurrer. Autre chose. Je viens d’un pays où on ne connaît que la froideur des coeurs. Aussi, ne t’étonnes pas si je parais violent. Ce ne sera pas le fruit de ton imagination. Je suis violent, et très impulsif. Réfléchir, je sais faire, pourtant. Je ne le fais pas. Je préfère agir, et regretter ensuite.
Comment ça, moi, regretter ? Bon, c’est vrai que ça n’arrivera pas. Tu sais pourquoi ?
Je ne suis pas doté d’une capacité à avoir des sentiments comme toi. Bien sûr, j’ai des sentiments.
La vérité, c’est que les seules choses que je ressens, c’est la peur et la haine. Le reste est bloqué. Enfin, pas tout à fait. C’est bien trop compliqué à expliquer et pourtant je me lance. Expliquer l’inexplicable, autant dire que tu ne comprendras rien à ce que je te raconte…
En général, je suis seul. Et je me sens vide, ou j’ai peur. Mais dès lors que je croise une autre personne, alors les émotions arrivent. Un peu toutes en même temps. Et surtout, un peu calquées sur celles des autres. Je n’y peux rien. Parfois, ils sont en colère, les chats en face de moi. Alors je ressentirai une haine bien plus puissante encore. Et parfois, s’ils sont joyeux, je me sentirai apaisé sans pour autant être joyeux moi aussi. De même s’ils sont tristes, ou je ne sais quoi. Tu me dis que c’est de l’empathie ? En quelque sorte. Je trouve ça encore un peu plus complexe, mais nous nommerons cela empathie.
La haine, je peux la ressentir par moi-même. Et quand quelque chose m’énerve, je suis sans pitié. Je peux jouer des heures avec ce corps, toujours vivant, tout en sachant qu’il ne le restera plus longtemps. Plus il a peur, et plus je me sens… Puissant. Alors je le fais souffrir. Une part de moi est bloquée par ce genre de trucs. L’empathie, ça fonctionne pas pour tout. Lorsque je ne suis plus moi-même et que je m’abandonne à ma folie meurtrière, c’est plutôt l’inverse. Je deviens si cruel, si violent que plus rien ne m’atteint. Je me nourris des sentiments des autres finalement.
En temps normal, je pompe leurs émotions. Euphorique, triste, furieux. Et lorsque je suis Scaphandre, car une part de moi est restée Scaphandre, je me nourris de leur peur, de leurs faiblesses pour devenir plus fort. On m’a dit que j’étais fou. Je n’ai pas nié, car je ne nierai pas la vérité.

Comment ça, des qualités ? Je te l’ai dit, je suis franc. Envers toi, je ne mentirai point. Comme je ne peux pas me mentir à moi-même. Je ne nie pas ce qui est vrai, je ne démens pas, même lorsque c’est douloureux à entendre. L’honnêteté, on va dire que c’est un des points positifs chez moi. Enfin, je pense qu’en cherchant un peu, tu en trouveras d’autres.
Je suis quelqu’un de modeste. Bon, en même temps, j’ai pas de quoi prendre la grosse tête, mais alors pas du tout. Je suis, j’ai été un meurtrier. Ne l’oublie pas. Pourtant, je sais faire des choses que toi tu ne sais pas faire. Ce n’est pas pour ça que je m’en vanterai. Tu ne me verras jamais faire ces choses que je sais faire de toute façon. Un peu d’humilité, une pointe de courage, et ça nous fait quelques qualités non négligeables. Ce courage comme je dis, c’est ne pas fuir lorsque ça pourrait être dangereux, parce que je dois l’affronter. En revanche, je fuis devant des choses qui ne sont pas dangereuses. Pas comme tu l’entends. La peur fait faire des choses absurdes, nous le savons tous. Eh bien si un jour tu es de mon côté, alors je vaincrai tous les dangers pour toi. N’est-ce pas un peu de cela aussi, le courage ?
Tu ne l’as peut-être pas remarqué, mais je suis mature. Nombre de jeunes chats de mon âge aiment toujours jouer, du moins chez les domestiques. Ceux des Clans et des Troupes rêvent toujours d’ambitions, d’espoirs qui ne sont plus permis à un moment d’une vie. Les rêves, c’est bien beau, et faut pas croire que je suis négatif, mais je pense qu’il faut agir à un moment. Pas se contenter de rêver. C’est bon pour les bébés, ça.
La patience prouve aussi la maturité. Un chaton est impatient, et moi je peux rester des heures à attendre si j’ai besoin. Je suppose que si on n’avait qu’à s’asseoir pour avoir ce qu’on veut, on serait tous un peu plus patients. Ce n’est malheureusement pas le cas, mais c’est une figure. Bien qu’impulsif dans ces moments où Scaphandre revient, ces moments où je me fais rattraper, je reste en général patient, car il ne faut pas se hâter. Juste prendre le temps.

Une dernière chose. Je ne lâche rien. Je n’abandonne pas, jamais. Je suis persévérant comme tu n’as jamais vu. Je ne suis pas parfait, bien sûr. Tu as sans doute remarqué que j’en étais très loin, d’ailleurs. Eh bien, tant pis. Toi non plus, je suppose.

S’il y a une chose que tu dois te rappeler avant que je disparaisse à jamais, je te la rappellerai.
Puisqu’ils ont fait de moi un chien, alors je me transformerai en loup.


J'existais si peu que je n'étais même plus... Personne.
NAISSANCE


Bien sûr que je ne me rappelle pas. Tu vas te dire que toi non plus, tu ne peux pas te souvenir de ta naissance. Et pourtant il faut bien en parler, puisque tout le monde arrive de là. Alors j’en parlerai, comme si c’était quelque chose de normal. Déjà, il faut savoir que mes parents se sont aimés un soir, comme on peut aimer quelqu’un, sans lendemain. C’est ce qu’on pense, qu’il n’y a pas de lendemain, et après tout, il n’y a un lendemain que lorsqu’on ouvre les yeux à côté de cette femelle qu’on a charmé la veille. À partir de là, le mâle peut choisir de rester, ou de partir. Ou il peut ne pas choisir. Et la femelle peut choisir. Tu te diras, sans doute, que c’est le mâle qui laisse la femelle un matin.
Mais laisse moi te dire la vérité. Ils se sont aimés, mes parents. Ils se sont aimés quelques jours, quelques lunes même. Pas assez pour vivre une vie, néanmoins. Alors je suis né, avec des frères et des soeurs. Tu te doutes qu’il y a eu du sang, des cris, cette nuit-là. Il y avait même le mâle, celui qui est sans aucun doute mon père, qui est resté. Il tournait autour de ce qu’on appellera le panier. Moi je n’existais pas, pas encore. J’étais déjà là pourtant, sans être doté d’une conscience fonctionnelle. J’étais prêt à sortir, et je suis sorti le premier. Je pense que je ne vais pas raconter une mise bas. Parce que ce n’est aucunement intéressant, et que toi, tu t’en fiches pas mal aussi, pas vrai ? Je peux te dire que je n’ai pas entendu. Je n’ai pas entendu les cris de ma mère, ceux des Bipèdes, à côté, les petits bruits de la maison. Je n’ai pas vu non plus, ni ma mère, ni même aucune lumière à travers mes yeux clos. Un chaton naît aveugle et sourd, tout simplement. Il termine de se construire hors du ventre de sa mère. Intéressant, non ?
Ainsi, il y a eu moi en premier. C’était le soir. Quinze minutes plus tard, et pour les chats qui n’ont pas de notion du temps, comptez jusqu’à neuf cents pour quinze minutes. Ainsi, chaque quinze minutes, un chaton naissait. Moi, j’étais déjà né, j’étais déjà dans ce monde, et j’aimerais dire que je regrettais déjà d’être né chat domestique, d’être né ici, mais ce n’est pas le cas. J’ai regretté lorsque j’ai été suffisamment grand pour qu’on puisse regretter, en réalité, et ce serait faux de dire autre chose.
J’avais donc un frère et deux soeurs. Deux femelles, et deux mâles. Et tu sais quoi ? Non ? Mon père est blanc. Ma mère est noire. Je suis le premier, noir et blanc, tacheté, ainsi que tu m’as vu tout à l’heure. Mon frère, né juste après moi, est noir avec des taches noires. Un chat bicolore, voilà. Ma soeur, elle, n’a qu’un peu de noir. L’oreille, le flanc, la queue, le bout d’une patte. C’est tout. Et la dernière est toute blanche. Un peu comme si cela s’épuisait, comme s’il n’y avait pas eu assez d’encre pour fabriquer quatre chatons de ces deux nuances.
Ceci sera ma première nuit, et je vis. Trois autres vivent à côté de moi. C’est ainsi que mon père a dû partir, au matin le lendemain. Peut-être qu’il a été tué. Il est préférable de penser ça plutôt qu’il nous a abandonnés. Mais il faut dire la vérité. S’il nous a abandonnés, alors je le dirai. J’arrêterai de rêver d’un père parfait, et je me concentrerai sur cette histoire qui conte mon passé. Même si je suis certain que tu ne désires pas l’entendre.

LES SIX PREMIÈRES LUNES


Je dois avouer qu’il y a toute cette période dont je ne me souviens pas. Mes quelques premières lunes sont du vide plus ou moins vide. Pourtant je peux affirmer que j’ai ouvert les yeux, dans cette tanière, ou plutôt ce que l’on appelle familièrement ici, ma baraque. Celle où ma mère vivait, parce qu’il faut bien vivre quelque part, tout simplement, et qu’elle n’a pas choisi. J’ai donc ouvert mes yeux qui étaient bleus, et j’étais le premier à ouvrir les yeux, comme j’ai été le premier à avoir marché. Et je dois bien te le dire, j’ai été le premier à faire de nombreuses choses, et je suis bien le dernier à reconnaître mes erreurs de jeunesse. Il faudra pourtant en parler, un peu plus tard. D’abord il y a eu la période la plus calme de mon existence. La plus belle période. Étrangement, c’est aussi cette période dont je ne me souviens plus. C’est bien triste, te dis-tu. Mais je te répondrai qu’il ne faut pas vivre dans les regrets du passé, sinon je me serais noyé voilà bien longtemps.
J’ai sans aucun doute joué avec les autres chatons de la portée, qu’à cette époque, je considérais comme inférieurs. Les Bipèdes qui vivaient dans cette maison, un jeune homme et sa compagne, n’avaient d’yeux que pour moi. Moi, je ne voyais le monde qu’à travers mes petits yeux de chaton. Aussi, je ne comprenais pas pourquoi chaque fois qu’un ami à eux venait, il s’extasiait sur moi comme on peut s’extasier sur un objet de collection. J’étais au centre de l’attention et cela flattait mon ego, moi qui étais devenu le mâle de la famille. Je découvrais lentement, peu à peu, le monde qui m’entourait. Et cela me plaisait, de faire comme les grands, de jouer avec mes frères.
C’est aussi là que j’ai eu mon nom. Mon premier nom, celui dont je me souviendrai, qui restera accroché à moi tel un fantôme du passé.
La plus jeune soeur se nomme Milly. La deuxième, Lily.
Mon frère Michael, et moi, Shayne.
Shayne, c’est le nom où je me reconnaissais. Ma mère a laissé des Bipèdes choisir mon nom. Aujourd’hui, je lui en veux. Tout simplement parce que j’aurais préféré qu’elle m’aime assez pour choisir mon nom elle-même. Elle les a laissés faire et moi, je m’en fichais, lorsque j’avais une lune. J’avais un nom, on m’appelait, on me dorlotait. Je suis un bâtard, c’est bien vrai, mais on m’aimait ailleurs. Notre mère ne s’est jamais remise entièrement de l’accouchement. Elle était un peu âgée, et puis… La disparition du mâle qu’elle aimait, ça l’a affectée. J’ai donc grandi sans aucun cadre. Il n’y avait aucune règle. Je faisais tout ce que je voulais et on me pardonnait à moi, le chaton si mignon au pelage si différent. Si seulement il suffisait d’être différent pour qu’on m’aime.

Autant dire qu’il n’y a eu aucun changement dans mes trois premières lunes. J’ai seulement commencé à manger des aliments plus solides. Les Bipèdes me donnaient du lait dans un bol, et même, vers la fin, une sorte de pâtée. Enfin, je ne vais pas m’attarder là-dessus. Toi, ce que tu veux, ce que tu es impatient de connaître, c’est la suite. Le moment où j’ai tout à fait dérapé et sombré dans un cercle vicieux, sans fin, d’où il m’a été impossible de m’enfuir. Pas vrai ? Je savais que je ne me trompais pas.
En réalité, c’est bien de là que tout a commencé. Je me bagarrais sans cesse avec Michael, et parfois avec Lily. Presque jamais avec Milly, et je ne sais pas pourquoi. Elle s’en allait, elle se mettait devant la porte.

“Tu fais quoi ?
— Je veux sortir.
— Pour aller où ?
— Nulle part.”

Mes poils se hérissaient parce que je ne voulais pas qu’elle soit la première à faire quelque chose. Mais bien sûr elle n’est jamais sortie. Jamais la première.
Il y a eu, donc, ma première sortie dans le jardin. Je me suis glissé dehors, sans que personne ne le remarque, et c’est Michael qui m’a vu. Il n’a rien dit, il m’a regardé, et je lui ai été reconnaissant de son silence. Je suis rentré, épuisé. Mais je te le dis, ça valait le coup. Parce que c’était ma première bêtise. On peut se dire que ce n’est pas vraiment une bêtise, juste une envie de sortir. J’ai aimé le dehors, l’herbe, le vent froid, l’odeur des fleurs. Et je me sentais tout puissant. J’étais sorti sans qu’on s’en rende compte. J’étais sorti, tout simplement.

C’est là que tout a réellement changé pour moi. Vers la fin de la troisième lune, j’étais sevré. Comme les autres. J’étais plus gros et mon pelage arborait ces taches particulières qui font mon désespoir aujourd’hui. Et j’étais donc prêt à être vendu comme un… Je ne sais pas. Un simple objet de Bipède. C’est ça, les animaux pour eux. Ils ne se doutent même pas qu’on a une conscience. Je me souviens que j’étais un chaton assez sensible à cette période. Je venais de découvrir les sentiments, les puissances du coeur, et tout ça. Toi aussi, tu te rappelles peut-être de la première fois où tu t’es dit que tu n’aimais pas ce jouet comme tu aimes ton frère, et que une part de toi déteste tes frères et soeurs lorsqu’ils passent du temps avec ta mère, sans toi. C’est tout ça qui fait que lorsqu’on est venu, pour nous voir, moi qui étais si ignorant, je n’ai rien vu venir.
Ils se sont extasiés sur moi comme n’importe qui et ils parlaient cette langue que je ne peux comprendre. Ils m’ont vu, ils n’ont vu que moi. Les autres leur importaient peu. Un des types m’a voulu tout de suite. Il était assez âgé, et ma mère est venue me voir pour me dire adieu.

“Tu sais Shayne, les chatons d’une portée sont séparés pour vivre ailleurs. Mais tu reviendras.”

Elle m’a léché le haut du crâne et je l’ai laissé faire. Et on m’a embarqué. J’ai tenté de me défendre, de leur échapper. Ils m’ont mis dans une boîte, comme on met en boîte des conserves. À partir de là ma mentalité a changé totalement. Je n’étais qu’un chaton. Sans personnalité, qui observait les autres. Toi aussi, tu as été comme ça. Parce qu’un chaton, ça copie les autres. Tous les bébés, ça prend exemple sur les plus grands, les modèles.
Et moi j’ai trouvé ma voie.

Je suis devenu fou, peu à peu. Ils me gardaient enfermé. Ils me laissaient sans manger plusieurs jours et je me sentais mourir peu à peu. J’ai appelé à l’aide, j’ai prié tout ce qu’il est possible de prier. Personne n’est venu à mon secours, mais tu t’en doutais pas vrai ? Toi aussi tu as peut-être espéré, prié, pleuré. Et personne n’est jamais venu non plus, pas vrai ? Tu veux savoir pourquoi ? Parce qu’on est seul. Toujours. Je ne compte plus sur personne maintenant, parce que j’ai appris à me débrouiller, à m’en sortir seul. Je hais le monde.
J’ai failli crever combien de fois, seul, là-bas ? Je me suis maudit de ne pas avoir un simple pelage bicolore, noir, blanc, ou même vert ! Je ne savais pas pourquoi la génétique m’en voulait autant. Je me suis demandé si je tenais de mon père, mais j’ai appris plus tard que non. Je suis juste unique, et j’ai souhaité si fort ne plus l’être. Mais tu sais, on peut espérer aussi fort qu’il est possible d’espérer, ça ne pourra rien changer. Alors je miaulais, pour sortir, et on me frappait. Alors je miaulais plus fort encore pour sortir et tu vois, ce cercle vicieux ? J’en étais prisonnier.
Je n’avais alors que quatre lunes. Quatre lunes de bonheur, de joie dans une maison paisible où on m’admirait.

“Laissez-moi ! Je veux sortir !”

Et un nouveau coup de pied, une nouvelle nuit sans nourriture. L’enfer, je sais pas si tu connais ? On dit souvent que c’est après la mort, pour ceux qui ont péché.
Non, l’enfer, le paradis, c’est une image de la vie. Pas celle de la mort.

Ils m’ont appelé Scaphandre. Je ne sais pas ce que c’est, ni pourquoi comme ça. J’ai oublié Shayne peu à peu. Celui que j’ai été. Je griffais violemment les fauteuils. Les rideaux. Je déchirais tout ce que je pouvais. Je détruisais avant de me planquer au dessus d’un placard où on ne pouvait pas m’attraper. Et je me moquais d’eux, et parfois je griffais une main de Bipède qui voulait m’attraper. Aussitôt elle se retirait, et même si je mangeais peu, j’avais trouvé quelque chose pour jouer un peu. Scaphandre est devenu quelqu’un de renfermé, de cruel, de sadique.
Je ne pensais plus trop à avant. Il n’y a que le futur qui m’obsédait car je ne pouvais pas rester ici. Je devais donc trouver un moyen de partir. Oh, il y avait bien les fenêtres, mais la réalité c’est que j’avais peur de m’enfuir. Qu’on me retrouve, qu’on me traque. Et surtout de vivre seul, dehors, sans qu’on me nourrisse. Trouver ma propre nourriture, je n’avais jamais fait. Je n’ai jamais appris à chasser, pas à cette époque, puisque je suis né chat domestique. Donc c’est là que j’ai le plus regretté de ne pas être un autre. Un chaton tigré, avec une mère chatte errante. Et je n’ai pas songé aux Clans parce que je ne les connaissais pas.
Mais si je les avais connu, je n’aurais pas choisi de vivre avec un groupe de chats. Pas avec autant de contraintes qu’à l’intérieur d’un nid de Bipèdes.

Mais ça y est, je m’étais enfin décidé lorsque le sang a giclé ce soir là. J’avais six lunes. Et j’avais surtout, en cet instant, un mal de chien. Je m’étais glissé sous le canapé, je me souviens très bien avoir vu les pieds des Bipèdes. Toute la soirée, j’ai fermé les yeux, me forçant à oublier les images. J’étais encore très petit, faible et frêle. Scaphandre le petit chaton, Scaphandre le cruel, le méchant, celui qui veut vivre sans savoir pourquoi, qui aime faire chier les autres. J’étais un monstre enfoui sous des airs de petit ange. Du moins, pour l’instant. Un monstre qui ne voulait que sortir. Encore contenu, mais pour combien de temps ?
J’ai attendu longuement. Les lumières ont fini par s’éteindre. Les bruits se sont tus peu à peu. J’étais seul, à nouveau, dans l’obscurité. Mes yeux devenus verts brillaient dans la nuit, et mon coeur battait à tout rompre. C’est la seule chose que j’entendais. Ma respiration courte. Et je me sentais plus prêt que jamais. J’ai compté un peu, pour me calmer, et je suis sorti. J’ai vu la fenêtre, et c’était le seul moyen, le seul échappatoire. Sauf qu’elle était fermée. A-t-on déjà vu plus borné que moi ?
J’ai foncé tête baissé, et le verre s’est brisé, tout simplement. Oh, ça m’a fait saigner. C’était du verre, et ça coupe. Enfin, j’étais dehors. J’ai fui, le plus vite possible. Et d’un coup, je me suis senti bien. J’ai souri bêtement, en sentant l’air frais, l’herbe sous mes pattes. La liberté qui m’effleure. J’étais vraiment heureux, je savais que je pouvais m’en sortir autrement qu’en étant un stupide chat domestique.
J’ai encore couru un peu, et je me suis couché. Sous un buisson, tout simplement. Voilà, j’étais libre, et je ne savais pas trop quoi faire. Il fallait que j’attende le jour, et de toute façon j’étais si épuisé que je me suis endormi, avec du sang séché sur mes pattes et mon pelage.

LA HAINE ET LA FOLIE HABITENT ICI de 7 à 13 lunes


C’est là que j’ai appris à vivre seul. Enfin, des chats m’ont appris à me nourrir. Un jour un des chats errants est venu vers moi.

“Donne-moi ta proie.
— Non !”

Un combat a commencé et c’était perdu d’avance car il était plus fort. Et une fois qu’il a récupéré ma proie, il a encore ajouté :

“Ici, c’est la loi du plus fort. Souviens-t-en.”

C’est là que j’ai compris réellement que je devais devenir le plus fort. Sept lunes et une ambition d’enfer. Je me suis alors entraîné dur. Peux-tu comprendre à quel point j’étais motivé ? Ils me demandaient mon nom et d’où je sortais, étrange énergumène au pelage tacheté, et je ne répondais qu’un mot : Scaphandre. Le chaton violent et cruel d’avec les Bipèdes, c’était moi. Et ça, je l’ai accepté.
Chaque repas se passait ainsi. Soit je chassais, soit j’allais en ville, et je croisais toujours d’autres chats. Dans mon quartier, c’était la loi du plus fort et j’avais compris. Le sang maculait mon pelage. J’étais devenu pire qu’un monstre dans cette jungle où la plupart des chats ne valaient rien.

“Donne-moi ta proie.
— Non !”

Encore ce chat. Et là, ce jour-là, je me suis battu. J’ai sorti les griffes et je l’ai battu. Le sang giclait, je sentais ce poids devenir faible sous moi tandis que ma puissance augmentait. Et bientôt d’autres chats sont arrivés. Sans doute pour nous regarder. J’aurais pu le tuer mais quelque chose dans ma tête ne voulait pas. Je ne voulais pas devenir un meurtrier.

Il fallait devenir le plus fort. Pas un des plus forts, pas un chat capable de battre d’autres chats. Je devais devenir celui qui pouvait battre n’importe qui. L’imbattable. Dans mon esprit tout cela était clair. Jusque là, tu peux comprendre, que je veuille tout ça. C’était bon pour ma survie, et aussi pour mon moral et mon ego. Je suis devenu plus fort, chaque jour j’étais un peu plus puissant. On voulait me tendre des pièges, et je tombais dedans. Je ne ressemblais plus à rien. J’étais maigre, toujours blessé, mais le pire c’est cette lueur dans mes yeux. C’est à cette époque qu’elle a fait son apparition. Elle n’en est jamais repartie après.
Dangereux, je l’étais. Pour moi-même et pour les autres. Des jeunes chats un peu fougueux, il y en avait plein. Tous n’avaient qu’un but : survivre dans un monde noir où la seule lumière qui nous éclaire, c’est celle des étoiles la nuit. Le sang gicle souvent, un soir, et puis plus rien. Il y a des vols de proies et même, quelques fois, un chat domestique est pris en otage. Fallait pas se balader comme ça, seul dans l’obscurité. Et c’est fini pour lui, on ne le retrouve pas vivant.
Je grandissais. Avec ces chats tarés, assoiffés de pouvoir et de sang, rêvant de diriger la ville entière. J’étais assez intelligent pour rester près d’eux, et lointain à la fois, jouant un terrible double jeu qui pouvait me tuer à tout moment. Au moins je survivais. C’était bon de survivre. De vivre réellement. Tu sais ce que c’est, de vivre ainsi ? L’adrénaline qui monte d’un coup ? Oui, tu dois savoir. Tu te sens puissant, prêt à courir jusqu’au bout du monde. Tu vois de quoi je parle. Tu sais ce que je ressentais.

J’ai rencontré cette femelle. Elle m’a fait de l’effet, mais ce ne sont que des trucs de mômes. Elle était bien plus âgée, de toute façon. Mais c’était drôle d’essayer de l’aborder, sans trop savoir quoi dire, juste pour être un peu plus avec elle, pour qu’elle nous regarde. Elle vivait pas dans le quartier, et c’est tout ce qu’on savait. Mais elle venait souvent par ici. C’est pas un coin pour elle, ni pour tout autre belle femelle non entraînée, ça c’est sûr. Elle était dans une ruelle, et moi je l’observais. Juste comme ça, pour l’observer. Ils étaient trois, gringalets, méchants, mais puissants. Ils lui ont sauté dessus.
J’étais trop jeune pour savoir ce qu’ils voulaient réellement. En tous cas, des félins à combattre c’était pour moi. J’ai bondi de mon observatoire en hauteur, et j’ai foncé dans le tas. J’étais encore petit par rapport à eux, mais ma rage, ma folie, tout ce que tu ne possèdes pas, toi, m’a permis de les buter. Même à trois contre un. J’avais des griffes et des crocs et eux n’étaient que des lavettes. Je déchirais leurs chairs, et leurs cris de douleur résonnent encore dans mes oreilles. Mais j’étais vraiment fou. Je me suis tourné vers la femelle qui me remerciait.

“Ne reviens pas par ici. Sache que je pourrais te faire la peau moi-même, dans un mauvais jour.”

J’avais craché ces paroles. Ça me démangeait de tuer, et j’avais déjà fait de la chair à corbeau d’un des corps tandis que les deux autres avaient déguerpi. Il n’y avait qu’elle et moi. Elle ne m’intéressait plus du tout, ce que je voulais avant tout, c’était combattre. Elle est partie en me jetant un dernier regard un peu étonné. Elle était belle, cette chatte. Je n’en voulais pas. Les pattes pleines de sang, j’étais fier de moi. J’attendais qu’un nouveau coup se prépare.

Il y a bien un moment où on doit grandir, où on se dit qu’on ne peut pas rester ici. Faire sa vie dans ce quartier, c’est mourir, tout simplement. Et si on choisit de vivre, alors on doit fuir. Je n’étais pas certain de mon choix, mais bon. Je n’avais rien d’autre à quoi me raccrocher, il n’y avait que ça. Une prétendue liberté d’aller où je veux, car j’étais libre. On m’a demandé si je voulais retrouver mes frères, et j’ai tenté de me souvenir. Oui, je savais qu’il y avait un autre nom… Je ne me souvenais plus. Shayne n’existait plus. Il n’y avait que Scaphandre le meurtrier, car Scaphandre a tué.
Je voulais repartir d’une bonne patte, ailleurs. Même si c’est pareil ailleurs. Le quartier d’à côté est un peu mieux famé. Ça craint quand même niveau chat sauvages. Ils sont plus près de la forêt, et j’avais toujours eu envie d’aller la voir. J’ai relevé la tête et je suis parti. Je suis arrivé dans cette ville en faible, je repars en monstre. Celui que rien ni personne ne peut arrêter. Celui qui est devenu encore plus féroce qu’un clebard. La vie continue son cours, avec les meurtres dans l’autre quartier et moi, bien loin de tout ça. Pourtant mon passé me suit. Il ne me lâchera pas.

J’étais tranquille et j’ai même fait la connaissance de jeunes chats domestiques très sympas. Pas très heureux, mais sympas. Et des chats errants, aussi. Je n’étais plus seul et je goûtais enfin à la joie d’être à plusieurs, après des lunes dans l’ombre et la solitude. Je me sentais vraiment épanoui, et c’était ce dont il me fallait. Peut-être que j’aurais pu continuer à vivre ainsi. Mais au fond de moi je n’avais pas changé, et c’est vrai qu’on ne peut pas changer un caractère, une façon d’être. On peut seulement changer son comportement et c’est ce que j’ai fait, j’ai changé mon comportement, sans pour autant me changer. Je croyais que j’avais changé, parce que la cité me faisait faire n’importe quoi mais j’avais tort.
C’est pour cela que tant que je croyais, ça marchait pas trop mal. Ça allait même plutôt bien, et même si je me suis un peu bagarré, ce n’était rien comparé aux scènes de meurtres et de violence dont j’étais l’auteur. J’étais prêt à repartir avec de bonnes bases, saines. Ma mère m’avait dit que j’étais un bon petit, que je serais heureux. Elle avait tort bien sûr. Comment faire comprendre au monde qu’il a tort ?
Je pensais être heureux mais la vérité c’est que personne n’atteint le bonheur. J’ai eu des moments de bonheur. Je suis certain que j’en ai eus. C’était sans doute déjà trop tard pour s’en rendre compte…

J’ai revu une chatte que je ne pensais pas revoir un jour. Ma soeur, celle qui est blanche avec un tout petit peu de noir. La plus grande des deux femelles, et elle habite ici. Elle n’a pas changé de nom, elle. C’est Emily. Ou Milly, peu importe. Et elle m’a appelé Shayne. Ça m’a mis d’abord dans un de ces états ! Mais je me suis raisonné. Elle ne pouvait pas savoir, personne ne lui a dit que je me nomme Scaphandre maintenant. Je me suis forcé à calmer mes nerfs et j’ai juste souri en lui disant qu’on me nommait Scaphandre maintenant. Elle a grimacé, je me souviens.
Elle connaissait de nom Scaphandre le chat domestique, devenu le pire meurtrier de la cité d’à côté. Je lui ai dit que je n’étais plus comme ça. Je pense qu’elle ne m’a jamais vraiment cru, et à raison. Alors j’étais peiné, et je voulais lui montrer qu’elle se trompait, et que j’étais redevenu le Shayne d’avant, sans pour autant reprendre ce nom. Toute une lune, ça durait ainsi. J’étais calme, sage, et pourtant je gardais un côté un peu joueur. Nous étions redevenus comme avant. C’est mignon de dire ça. Comme avant. On ne redevient pas comme avant, on change. Et j’étais déjà piégé.

On ne change pas un meurtrier. On peut enlever le sang qui macule ses griffes. Mais on ne peut pas enlever les griffes.
Un jour, donc, où j’avais treize lunes, elle jouait un peu, et me taquinait. Ça ne m’a pas plu du tout. J’étais toujours aussi violent et c’est là que je m’en suis rendu compte, lorsque j’ai foncé sur elle toutes griffes sorties. Elle a hurlé et son cri me déchire encore les tympans aujourd’hui. J’ai mis mes griffes sorties sous son cou, et à un millimètre près, ce qui fait une épaisseur de poil, j’aurais pu la tuer. Lui trancher l’artère principale. Sauf que je me suis repris et je l’ai regardé avec étonnement, comme si je n’étais pas certain que ce fût moi au dessus d’elle, à la menacer d’une griffe.
J’ai donc fui encore une fois. Je commençais une vie de merde, c’est le cas de le dire. Une vie où je n’avais rien. Chaque fois qu’on me parlait et qu’on voulait faire ma connaissance, on se heurtait à un mur incassable. Un mur qu’on ne pouvait ni contourner, ni escalader. Seulement contempler de l’extérieur et moi, j’étais piégé à l’intérieur. Je ne voulais pas le faire, pas ma propre soeur. J’ai sans doute pleuré un peu, et c’est vrai qu’on peut se dire que je n’étais qu’un monstre, je restais sensible. J’avais un coeur, bien enfoui, mais un coeur quand même.
Et ça, tu ne peux pas le nier. Un meurtrier sans coeur ne peut pas pleurer, pas vrai ?
Pas vrai ?

LIBERTÉ DE PENSER de 14 à 19 lunes


Toutes les larmes de mon corps, j’ai pleuré. J’étais toujours un gosse malgré tout. Malgré les meurtres et les erreurs. Je chassais pour me nourrir, et je me sentais bien seul. Je tabassais les troncs d’arbres et je m’acharnais sur les chiens qui voulaient m’attraper. J’étais déchaîné, hargneux comme jamais. Donc ce jour, on est venu me voir, même si je ne posais pas de problèmes aux autres chats qui vivaient ici. J’avais vraiment décidé de ne côtoyer personne pour éviter les ennuis. Ils sont juste venus comme ça, pas pour m’emmerder.

“Scaphandre, c’est ça ?
— Ouais.
— Y a des Bipèdes qui traînent. Le genre mauvais. Ils t’attrapent et tu disparais d’un coup.”

J’étais surpris. Des Bipèdes qui nous faisaient disparaître, c’était peu commun. Je les croyais, sans pour autant changer quoi que ce soit, ni ma vigilance. Toi aussi, tu aurais pensé que je m’en foutais et que je ne te croyais pas, si tu m’avais vu m’amuser avec les chiens. Comme si les Bipèdes n’existaient pas. Une fois de plus, j’aurais dû écouter les autres et ne pas en faire qu’à ma tête. Je le regretterai. Je l’ai bien assez regretté.

C’était une nuit et moi, je n’ai rien vu venir. Rien du tout. Je me promenais, parce qu’il faisait bon de se promener, en cette fin d’été. Se préparer au froid, tout ça. Bon, on était déjà en automne, mais il faisait beau aujourd’hui. Cette nuit-là. C’est rare lorsqu’il fait si beau, en cette saison, donc j’en profitais un peu. Et c’est là qu’ils m’ont attrapé. Les Bipèdes, comme les autres chats le disaient. Ceux qui attrapaient. J’ai pensé que j’allais mourir cette nuit. J’ai pensé un tas d’autres trucs, et pourtant je suis toujours là pour raconter ça. Ils ne tuent pas, comme ils le pensaient. Disons qu’ils tuent à petit feu.
Ils enferment. Dans des petites cages, ils nous enferment et nous ne voyons plus la lumière. Au début, c’est supportable. Tout est supportable si on s’arrête aux quelques premières nuits. Tu veux savoir comment c’est, là bas ? Eh bien le bruit incessant, les pleurs de certains, les autres qui s’acharnent en miaulant sur les barreaux. Certains même essayaient de se battre à travers les grilles. La nourriture insipide, rien à voir avec la nourriture habituelle des Bipèdes. Et encore moins avec des proies.
Et du gris, de noir, partout. Sans véritable lumière, toujours du noir, l’obscurité.
Mais jamais de silence. Dès le moment où le silence s’installe, c’est la mort qui vient un peu plus près.

Au fur et à mesure, on voit les autres crever lentement. L’horreur est bien présente et si je me demandais si on pouvait faire pire que la cité où j’avais été formé en meurtrier, j’avais ma réponse entre mes murs, enfermé. Je devenais encore plus fou que je ne l’étais. La folie en moi ressortais. Parfois, un Bipède venait, et en prenait un de nous. Jamais moi. Pourquoi ? Mon pelage était toujours aussi beau. Simplement, je ne laissais personne s’approcher de moi. Je n’étais pas un chat domestique, jamais ! Je me faisais frapper lorsque je les griffais, chaque jour la misère s’accentuait.
Un chat, près de moi, me parlait. Enfin il parlait un peu à tout le monde, mais avec moi c’était différent.

“Ton pelage ressemble à une obsidienne.”

Ah oui, les pierres. Tu savais toi ? Ce sont des roches volcaniques. Noires et blanches. Il n’y a pas de gris comme moi, mais ce chat avait raison. Je ressemblais un peu à ça. J’ai souri dans la pénombre. Une obsidienne. Drôle de référence. Peu importe. Les jours s’écoulaient et parfois je discutait. Il ne connaissait pas mon nom, sinon il aurait su. Scaphandre, celui que personne n’approche. Le tueur, celui qui a agressé sa propre soeur.
Pourtant celui que j’avais en face de moi n’avait rien d’un tendre non plus.

Et donc un jour, alors que je sombrais, ce chat est venu vers moi et on a discuté, comme on le faisait. D’un coup, sans savoir comment ni pourquoi, c’est parti sur le sujet de l’évasion. Mais c’est vrai, pourquoi pas ? Je n’avais pas trop d’espoir, mais ma motivation suffisait. J’ai observé de longues heures. Les Bipèdes qui manipulaient les fermoirs, les heures de venues et de sorties. Tout était passé à mon regard.
J’ai tenté d’atteindre la serrure. J’ai tenté, je me suis blessé avec les grillages, je me suis coincé les pattes. Mais je ne trouvais pas. Des jours, des jours que j’étais devenu fou. Pire encore que tous les autres. Certains murmuraient dans l’ombre.

“On a attrapé Scaphandre.”

Je hurlais que je n’étais pas Scaphandre. Je ne pouvais pas être lui. Scaphandre était libre, Scaphandre était un meurtrier, et moi ici je n’étais plus rien. J’avais envie de pleurer chaque fois que je me forçais à bouffer la pâtée dégueulasse. Chaque fois que la porte s’ouvrait et que je voyais le dehors. Heureusement pourtant, il faut bien quelque chose qui change.

C’est Michael qui est venu. Je ne sais pas comment, ni pourquoi. Mais c’est lui qui était là, devant les cages. Il s’est approché de moi.

“Shayne ! On m’a dit que je pouvais te trouver ici. Enfin, Scaphandre. Ou je ne sais pas.”

Ferme-la, veux-tu ? Et libère moi, gros malin ! Je n’ai pas bougé car je savais qu’il était venu pour me libérer. Et c’est ce qu’il a fait. Il a tiré sur le cadenas et ça a cassé. C’était simple, mais bien sûr moi je ne pouvais pas l’atteindre. Il m’a dit de fuir. J’ai libéré mon ami, celui qui s’appelle Lyan et qui n’était pas vraiment mon ami, mais pas un ennemi non plus. Et il méritait sans doute de sortir autant que moi, mais tant pis.
J’ai commencé à en libérer d’autres. Scaphandre n’aurait jamais fait ça, non. Tu te souviens que ce chat, ce moins que rien, était bien trop égoïste ? Eh bien moi, je l’ai fait. Ce ne sera pas la première fois que je changeais de nom. J’ai libéré la majorité et les Bipèdes sont arrivés. Lyan avait déjà fui. Mais il restait Michael et moi. J’ai filé, mais au moment où j’allais sortir, j’ai entendu un cri. Ils ont pris mon frère. Mon frère, qui avait un collier, qui allait s’en sortir. Je suis sorti. J’ai commencé à errer, vers dix-huit lunes.
Je me suis nommé Obsidian, parce que je n’avais plus de nom. J’avais laissé Scaphandre dans cette prison, tout comme j’ai laissé Shayne dans la maison, bien des lunes plus tôt. Obsidian a commencé à fuir.

EN FUITE


J’avais si peur. Ils m’avaient tout pris, jusqu’à mon identité. Il ne me restait que des souvenirs, et bien sûr ce nouveau nom. Je fuyais désormais. Je n’avais plus que ma liberté de penser, la seule chose que j’ai toujours eue, la seule chose qu’on n'a pas réussi à me prendre. Chaque jour est un calvaire. Me rattrapent-ils ? Les vois-tu, toi ? Non. Il n’y a que moi qui les vois.

Tu te demandes encore de qui je parle ? Qui me poursuit ainsi ? Eh bien relis cette histoire, entièrement. Tu comprendras que ce que je fuis, ce sont seulement les fantômes de mon passé.

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Dernière édition par Obsidian le Jeu 26 Mai - 15:01, édité 16 fois
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Puf/Surnom : Orenji
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Lun 23 Mai - 20:43

ENCORE ?!

Re ma Caillooooou
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Equi adminEqui admin
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Feuille de personnage
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Mar 24 Mai - 0:21

Reee Kaylouuuu j'adore ce chat faudra des liens. °^° :keur: :mignon:
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Passion Séraphique
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Puf/Surnom : Lunette de Toilette
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Mar 24 Mai - 7:18

Oww encore un perso Kayu :keur:
Re, et j'adore ton chat, je te le pique
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Mar 24 Mai - 7:46

Reeeee :keur: C'trop bien Shayne e.e Et pis son nom chat l'est jouli xD Nous faudra un lien
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modo Kaylmodo Kayl
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Obsidian
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Mar 24 Mai - 8:22

Merci les gens :keur: j'ai commencé l'histoire, mais ce sera trop long donc je poste pas ici *paaf*
Donc Maléfice, des liens et pour tous les gens of course x)
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