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 We were a promise meant to be broken || feat Fragment de Neige alias Ray

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Sam 4 Fév 2017 - 3:01



Nuage du Jade

Est-ce qu'un jour seulement elle aurait pu s'imaginer regretter autant ? Ressentir autant ? De ces émotions qui s'invitent même dans les veines, en bouillonnant. Elle n'aurait pas dû, rester là, immobile, et laisser agir la force des choses. Non, définitivement, elle aurait dû bouger. Qu'a-t-elle, ainsi, raté en bas ? Un novice, un guerrier, un mâle pour qui elle se serait entièrement dévouée rien que pour pouvoir afficher sur son visage le plus beau des sourires et faire résonner le plus beau des rires. Son sourire la faisait toujours toucher les étoiles... au sens figuré. Son rire, lui, était l'ivresse même, la transportait si haut dans le ciel. Elle aurait tout donné pour le voir sourire encore et encore, indéfiniment, pour que le vbonheur illumine ce coeur si sombre, si triste, elle aurait tout donné pour s'oublier elle au profit de cet être qui méritait ce qu'elle n'avait, elle, jamais connu : le bonheur même d'exister. Elle aurait définitivement tout donné, même sa propre personne, même son propre sourire, pour que le coeur de celui qui remplissait le sien puisse devenir illuminé d'un bonheur à n'en plus finir, d'une joie de vivre touchante.

Pour qu'il vive.

Elle ferma les yeux, inspira profondément et expira dans un sanglot étouffé, rappelant son regard tourmenté, et ses yeux rougis. On parlait toujours des morts en terme élogieux, on se disait qu'ils veillaient et protégeaient les vivants, que le Clan des Étoiles était salvateur, qu'il pouvait tout guérir. Qu'à la mort, on pouvait voir son âme s'élever et se retirer de tout trouble. Il n'en était rien lorsque les regrets plombaient l'âme. Pas même la mort n'effaçait ces regrets persistants, qui serraient le coeur et pas même la mort ne pouvait effacer l'amour, pas même la mort n'effaçait le manque. Non, il n'y avait rien qui ne pouvait atténuer de telles vagues puissantes qui s'abattaient si souvent sur elle, tentant de la noyer. Des ressentiments si puissants qui ne la lâchaient pas, la gardaient bien éveillée lorsqu'elle devrait fermer les yeux et laisser un étrange sommeil l'amener loin, si loin, dans des rêves irréalisables.

Et elle se trouvait là, sur des terres continuellement remplies en gibier, le coeur qui menaçait même d'exploser d'amour et de manque, de tristesse et de remords, regrets. De traumatismes qui la rendaient toujours, parfois, si timide, même si son caractère, ici, s'affirmait bien plus. Un peu moins timide, un peu moins hésitante, mais toujours tellement elle. Toujours tellement faible. Toujours tellement peu entreprenante. Les larmes roulèrent doucement sur ses joues puis s'évaporèrent. Et elle aspirait à le revoir. Elle aspirait tellement à entendre à nouveau la voix qui pouvait lui faire croire que le monde, il devenait rose lorsque le soleil se levait. Elle désirait tellement revoir son beau visage devant elle, qui la regardait, et la douleur lui serrait le coeur encore, à nouveau. Ici, elle voyait la nuit tomber sur la Forêt qu'elle avait parcouru autrefois, et elle voyait ce mâle qui avait tant grandi, devenu guerrier qui s'en allait choir dans un lit de mousse. Elle aurait dû y être, elle aussi. Leur chemin s'était séparé au final, mais l'amour, lui n'avait pas quitté Nuage du Jade. Elle l'aimait toujours autant, depuis toujours. C'était toujours lui. Fragment de Neige. Toujours. Elle s'avança, de petits pas, toujours si timide à sa façon. Et elle attendit. Espérant que son sommeil le mène à elle.

Parce qu'elle l'aimait.
Parce qu'elle le désirait.
Parce qu'elle l'attendait.

Et qu'elle attendrait toujours, aussi longtemps qu'il le fallait.
Que ce soit des minutes, des heures, ou même des nuits, des années, elle attendrait le temps qu'il faudrait pour le revoir, pour entendre sa voix, et lui dire, lui dire tellement de choses, car il y avait tellement de mots à dire, tellement de mots à lui divulguer, tellement de choses qui n'avaient jamais été dites, alors qu'elles auraient dû et tellement de promesses enfermées dans le silence.

Fragment de Neige.
Un nom qui restait dans son esprit.
Parce qu'elle l'aimait.
Simplement.

|| HRP : Voilà, j'ai amélioré, mais j'ai réussi à ne pas trop écrire XDD ||
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Sam 22 Avr 2017 - 20:24



• We were a promise meant to be broken •


Ray ft. Luny
La nuit était froide. Juste froide. Simplement et étrangement froide. Le froid me consumait à petit feu. Il puisait mon énergie, si bien que je me sentirais fatigué à mon réveil. Couché dans la tanière des guerriers, je sentais lentement, très lentement, le temps passer. Les minutes succédaient aux heures interminablement. J’étais bercé d’un sommeil sans rêve. Vide. Un sommeil calme, comme je n’avais pas connu depuis un bout de temps. Les journées que je vivais m’épuisaient. Elles me terrassaient, me plongeaient dans un sommeil lourd à peine après avoir eu le temps de m’installer sur ma litière. Douces courbatures. La vie que je menais me confrontait sans cesse à un mur, un immense mur. J’étais coincé entre mes fonctions de guerrier responsable et celles de futur père responsable. Celui que j’essayais à tout prix d’être pour Bourrasque Hivernale. Et, oh Clan des Étoiles ce que c’était difficile. J’étais sans cesse tiraillé par l’idée que Bourrasque Hivernale s’apprêtait à mettre bas. Et je me devais d’être là. Je me l’étais promis comme je l’avais promis à Bourrasque Hivernale. Bien que j’eusse pu m’en passer - l’accouchement n’était prévu que dans quelques semaines selon Oeil de Violette - je n’arrivais pas à me dire que je pouvais m’éloigner et servir mon Clan. Chaque seconde de plus qui passait m’effrayait terriblement, chaque jour qui commençait, chaque soleil qui se levait à l’horizon, apportait toujours avec lui une boule au ventre, un stress palpable.

La vie me fatiguait donc. Et la nuit que je m’apprêtais à passer ne risquait pas d’arranger les choses, loin de là. Je ne ressentais rien, non, rien du tout. Pas de rêve. Une nuit de sommeil, sans plus. Une lourde et longue nuit de sommeil. Le vide. Et je dormais, ainsi. Rien de plus. Je dormais, jusqu’à ce qu’une lueur ne me réveille. Une timide lueur qui scintillait, faiblement, dans un coin de mon esprit. Une lueur douce et pleine de vie. Mes pensées s’agitèrent doucement, mon subconscient prenant les devants. Un rêve éveillé. Ou la simple réalité. Difficile de discerner les deux quand l’un semblait plus vrai que nature. Mon corps restait immobile, relaxé, avec des muscles détendus, tandis que mon esprit s’affolait. Il tentait, en vain, d’identifier la fameuse lueur, sans rien, aucun résultat. Le temps passa, et cette lueur devint plus claire. Des formes en sortirent. Un visage. Et enfin des yeux. Deux yeux que j’aurai pu reconnaître entre mille tellement j’avais passé de temps à les contempler. Des yeux envoûtants, un regard timide, et une lueur émeraude qui s’était mise à illuminer ce monde parallèle où seuls les esprits pouvaient se rendre. Nuage du Jade. Et le déchaînement de mes émotions qui éclata dans la seconde où ma mémoire reconnaissait celle que j’avais toujours aimée. La folie d’un amour mortel, assassin. Et le besoin de revenir à la réalité. Le besoin, le souhait de pouvoir caresser à nouveau, encore une fois, de mes pattes ce pelage crème.

Comment ne pas reconnaître Nuage du Jade, comment ne pas la reconnaître ? Comment empêcher, à ce moment, tous les souvenirs enfouis de remonter à la surface. Et l’aimer, l’aimer, l’aimer si fort que mon cœur en aurait explosé. Et, dans cet inconscient, je tendis mes pattes, voulant effleurer sa silhouette si pure. Rien, rien que le vide. Je voulus attraper l’apprentie étoilée, la serrer entre mes pattes et ne plus jamais me réveiller. Je voulais, à tout prix, me saisir de son cœur et le lier au mien, comme je l’avais toujours voulu. Dans cet espace inexistant, irréel, je tentais de me rapprocher. Mon corps se levait, et mon esprit était aussi libre qu’il avait pu l’être un jour. Cependant, l’agitation démentielle qui l'affolait me donnait des maux de tête tant l'incompréhension régnait en moi. Et les mots survinrent, sans que je ne puisse les retenir longtemps : “Nuage du Jade !, en un souffle, court, entre deux respirations saccadées d’impatience. Et son doux nom qui sifflotait à mes oreilles, rebondissant dans un écho déjà lointain.

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Mar 13 Juin 2017 - 3:44



Nuage du Jade

Il était là. Il était juste là, devant moi, comme si rien de tout ça ne s’était jamais produit, comme si on avait toujours été ensemble… mais ce n’était pas le cas. Le temps nous séparait désormais. Si mon amour pour lui était intact, sur la terre des vivants le temps balayait les sentiments et, telle une tornade, dévastait les coeurs et les mémoires pour que la chance de vivre soit attribuée. Le temps s’écoulait, goutte par goutte, et permettait à ceux qui restaient de refaire une vie, même si parfois quelques chats manquaient ce train et s’enfermaient dans une étrange douleur que je ne pouvais que comprendre. Et plus j’y réfléchissais, plus je me disais que beaucoup de chats venaient à manquer cette possibilité d’oublier - non, pas d’oublier, de revivre, de se sortir de l’infernale spirale qu’est le manque pour pouvoir se relever et réapprendre comment la vie fonctionnait. Beaucoup oubliaient. Ils oubliaient comment rire, comment sourire, comment respirer seulement entre deux sanglots de terreur. Et j’ai longtemps pensé qu’il avait enfoui tout au fond de lui tout ça, que le manque et la douleur allaient l’accompagner si longtemps et que son passé ne cesserait de le mutiler psychologiquement. J’ai tellement voulu faire apparaître sur son visage magnifique dont je connais les moindres détails, les moindres proportions, un sourire qui aurait illuminé la nuit la plus obscure, qui aurait fait office d’une étoile guidant et réconfortant les âmes perdues. J’espérais pouvoir faire de ce sourire une éternité et que jamais il ne se ternisse.

Parce que je l’aimais.
Parce que je l’aime.

Mais quelque part dans tous mes espoirs, je me suis perdue, car j’ai échoué. Pas un tout petit échec qui peut se rectifier, mais un énorme échec qui t’annonce que tu ne pourras jamais plus retenter quelque chose, puisque tu as déjà lancé tous les dés et qu’au final, tu as tout perdu. J’ai tout perdu. C’est si clair et mes yeux se remplissent de larmes alors que j’entends sa voix crier - ou murmurer ? - mon nom. J’ai déjà tout perdu et je ne pourrais jamais retrouvé ce que j’avais réussi auparavant à obtenir. Il est trop tard et je dis à tous ceux qui pensent que ce n’est jamais trop tard qu’ils se trompent : la mort rend le “trop tard” que trop réel. J’aurais préféré que ce ne soit pas le cas, je le jure, j’aurais aimé avoir encore une chance de tout refaire, de tout recommencer, que l’on puisse effacer les larmes et redessiner les sourires, mais je ne peux pas faire ce tour de force : je ne suis que l’apprentie timide, que celle qui n’a jamais eu suffisamment d’assurance pour faire avancer sa vie, pour surmonter les épreuves, assumer les sentiments. Et je ne suis pas assez forte pour que l’histoire recommence. Je ne suis pas assez forte pour lui demander ça. De toute façon, je connais la fin de l’histoire. Parce qu’il y a toujours une fin et que je n’aurais pas dû l’oublier. Je n’aurais pas dû oublier que cette fin a été provoquée par moi et moi seule et que je ne pourrais jamais tenter de rejeter les torts sur ce grand guerrier si honorable, si beau.

Parce que je l’aime.

Je ne pourrais jamais lui faire porter le poids de la culpabilité alors que je suis celle qui se doit de ployer sous. Je ne pourrais jamais lui rejeter toutes les fautes que je me dois d’admettre parce que mon coeur ne cesse de battre pour lui. Chaque battement de mon coeur lui est adressé, chaque pensée se tourne vers lui, chaque instant, je pense à lui et je ne peux m’empêcher de l’imaginer à mes côtés, comme avant. Je ne peux m’empêcher d’imaginer son souffle sur mon pelage beige, particulier, je ne peux m’empêcher d’imaginer mon regard plongé dans le sien, non. Je ne peux pas effacer les souvenirs ni freiner mon imagination qui me plonge dans une nostalgie, une mélancolie assombrissant la couleur des mes yeux. Je le regarde et je m’approche. Un seul pas et ma gorge se serre. Je ne veux pas pleurer. Je ne veux pas le voir pleurer, je ne veux pas lui offrir ce spectacle, parce que je sais qu’il s’en voudra, qu’il aura mal. Et c’est hors de question que son coeur ne souffre un instant de plus par ma faute.

Parce que je l’aime.

Et que peu importe tous les sentiers que je pourrais tenter d’entreprendre, peu importe tout ce que je pourrais tenter de faire, oui, peu importe tout cela, je continuerais de l’aimer et ce pour toujours. Dans la mort comme je l’ai fait dans la vie, Fragment de Neige sera mon seul et unique amour. Le premier et le dernier. Celui qui occupe toute la place, celui pour qui je me serais toujours entièrement dévouée, pour qui j’aurais été prête à tout, même tuer. Il a toujours été tout, sans même qu’il ne le réalise. Il a été ce pilier qui m’a permis de tenir tout ce temps alors même que ma présence lui était inconnue, alors même que je n’étais rien d’autre qu’une apprentie qu’on ne remarquait pas, qu’il ne remarquait pas. Mon regard avait été posé sur ce guerrier - avant apprenti- tant de fois que je connaissais sa démarche par coeur, ses habitudes par coeur, je le connaissais par coeur et je savais.

Et parce que je l’aime,
J’acceptais.

Je m’approche de lui en retenant mes larmes, en respirant le plus calmement possible. Je m’approche de lui et chaque pas résonne comme ma sentence de mort, comme une mise à mort. J’ai le sentiment de m’approcher du feu et de me jeter dedans. Je pourrais presque sentir cette chaleur que j’ai pu ressentir alors que je foulais la terre en bas de mes propres pattes. Je le regarde. Je ne peux pas détacher mon regard de ce chasseur toujours aussi magnifique et la vague d’amour qui me submerge me fait vaciller. Quand est-ce que je cesserais de tout ressentir à cette puissance lorsque je suis à ses côtés ? Jamais, sans doute. Rien ne changera de mon côté. Mais du sien… Il aimait. Il avait posé son regard sur une autre et cette autre avait lentement effacé mon image de l’esprit de mon bien aimé, elle s’était imposée en me reléguant au plan de souvenirs, de passé, quelque part dans l’esprit de Fragment de Neige. L’amour pour moi avait flétri face à mon absence, fané, et une autre avait pris ma place et c’est si douloureux de se savoir supplantée. Mais j’aurais dû m’y attendre. Je m’arrête à quelques pas de mon amour de toujours et pour toujours et j’esquisse un sourire, une ombre seulement qui ne fait pas briller mes yeux de joie. J’ai accepté, mon coeur et tout ce que je veux, c’est que le bonheur s’instaure dans ta vie, que ton regard le porte et que tu souris vraiment, sincèrement.

Parce que je t’aime.

« Fragment de Neige »

Miaulement si doux, si gentil.

« Tu m’as remplacée… »

Un murmure qui résonne pourtant si fort dans le silence.
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Ray admine
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Jeu 27 Juil 2017 - 23:06



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Ray ft. Luny
Elle était là. Là, juste devant moi. Si proche et si loin à la fois. Si inatteignable. Ça me tuait de me rendre compte, de constater que je ne pourrais plus jamais la toucher, l’enlacer, la serrer entre mes pattes qui auraient paru si grosses et si maladroites à côté de sa fine silhouette. La réalité me tuait. J’en aurai pleuré si la joie qui me violentait à cet instant précis ne me faisait pas sourire idiotement. Trop d’émotions contradictoires menaçaient mon existence. Et cette frustration, cette frustration si grande de n’avoir matériellement que du vide face à moi. Du vide. Le vide. Tout et rien que le vide. Mais Nuage du Jade était là, oui, elle était là. Elle était là et elle me regardait, et ce que je vivais n’était ni un rêve, ni la réalité. Juste l’écho du vide qu’avait osé apporter avec elle Nuage du Jade. J’avais cru perdre l’équilibre, j’avais cru sombrer, en constatant que Nuage du Jade n’était qu’un mirage. Que son esprit avait beau être à mes côtés, avait beau se mouver parmi les ombres, que sa fourrure étoilée avait beau scintiller dans l’obscurité de la nuit, sa chair n’était pas. Sa chair n’était plus. Sa chair pourrissait à mille lieues d’ici. C’etait répugnant, mais c’était la réalité. Jamais plus je ne pourrais palper le corps de l’ancienne apprentie, jamais plus sa fourrure ne pourrait entrer en contact avec la mienne. Mais elle persistait. Nuage du Jade persistait dans mon esprit, comme elle l’avait toujours fait. Comme elle n’avait jamais cessé de le faire. Comme la dernière feuille d’un arbre alors que la saison des feuilles mortes batterait de son plein, comme cette dernière feuille qui refuserait de partir, qui refuserait de s’envoler et de mourir. Et je l’aidais. J’aidais Nuage du Jade à rester auprès de moi. J’attrapais cette feuille du bout des crocs et je la gardais à mes côtés. À côté de mon cœur. À tout jamais.

Parce que je l’aimais.

Les yeux suppliants, je ne pouvais les détacher de sa silhouette. Elle était là. Oui, elle était là, c’était bien elle. Elle était là, dans la tanière, dans notre tanière, mais si loin. Si proche et si loin à la fois. Et, dans une boucle sans fin, je ne faisais que tourner à m’en rendre fou. Je ne parvenais pas à me dire autre chose que “elle est là”. Mais elle n’était pas là. Plus là. Je pleurais. Je pleurais les yeux fermés dans la réalité, ouverts à ce rêve. Je pleurais de la voir. Mais je ne lui montrais pas. Oh non, je ne lui montrais pas. Il n’aurait plus fallu que cela pour m’anéantir définitivement. Pleurer devant Nuage du Jade. Devant l’amour de ma vie. Devant l’amour de ma mort. Ébranlant enfin la terre sur laquelle nous reposions, Nuage du Jade créa, en s’avançant, un séisme dans mon cœur. Je sentis les crevasses, toutes les crevasses, s’ouvrir sur ce sol aride qu’était mon âme. Sur ce sol plus sec que notre territoire à la veille d’un orage d’été. Sec. Soif. Soif d’amour. Soif de son amour. Et pourtant, elle n’y manquait pas. Elle ne manquait pas de me témoigner, de me donner bien plus d’amour que je ne pouvais en supporter. Mais ce n’était pas un amour que je pouvais attraper. Ce n’était pas un amour que je pouvais consumer comme je l’aurai fait. C’était un amour mort. L’amour des morts. Un amour incompréhensible et inatteignable pour moi. Un amour empoisonné. Et mon propre amour avait les mêmes effets sur Nuage du Jade. Elle ne pouvait pas le ressentir. Cependant je craignais plus pour elle que pour moi. J’avais toujours craint plus pour elle que pour moi. J’ai toujours eu raison.

Parce que je l’aimais.

Elle s’était avancée. Un sourire avait voilé, recouvert, pris possession de son visage. L’espace d’un instant. Un court et bref instant. J’aurai arrêté le temps si je l'avais pu pour qu’elle ne garde à jamais que ce sourire sur ses lèvres. Pour que jamais je ne puisse la voir malheureuse comme elle l’avait été. Malheureuse comme je l'avais rendue. Car c’était de ma faute, oui. C’était de ma faute si … si elle n'était plus là. Entièrement de ma faute. Nous le savions très bien. Les souvenirs remontaient, doucement. Ils remontaient jusqu'à la surface de ma mémoire et m’offraient enfin ces visions. Cette nuit, après le feu. Longue et lointaine nuit. Elle remontait, redevenait à nouveau nette. Non. Non, je ne l’avais jamais oublié. La dernière nuit que j’avais passée à ses côtés. Comment pourrais-je seulement cesser d’y penser quand Nuage du Jade se tenait droitement devant moi ? Impossible. Et ce souvenir assassin d’un réveil. Un réveil solitaire. Elle était déjà loin, à ce moment-là. Et pourtant elle n’avait jamais été aussi présente dans mes pensées. Et jamais je ne l’oublierai. Cette nuit, ce réveil. Ce réveil dans la solitude des plaines. La solitude dans laquelle nous nous étions abandonnés. La solitude dans laquelle je l’avais abandonnée. La solitude dans laquelle elle m’avait abandonné.

Parce que je l’aimais.

Cet instant était donc celui de toutes les vérités. L’instant des souvenirs. Elle était si calme, si posée. Comment supportait-elle tout cela, alors que j’étais au bord de la rupture cardiaque ? J'attendais qu’elle parle. J’attendais, avec hâte, d’entendre à nouveau sa voix. Sa voix que je n’avais pas entendu depuis de trop nombreuses lunes. Il fallait que je l’admettre, sa voix, les tons de sa voix s'étaient affaissés. Ils avaient rouillé dans ma mémoire. Et ça me tuait de l’admettre. Je me sentais infidèle. Infidèle à Nuage du Jade, pas pour les raisons habituelles. J’avais l’impression de la trahir en oubliant les notes timides et joyeuses de sa voix. Vite, parle. Parle, par pitié, ne laisse pas ta voix se détériorer plus longtemps dans ma mémoire. “Fragment de Neige”. Mon nom. C'était bien mon nom. Elle le connaissait et l’avait toujours connu. Elle savait tout de moi, là-haut. Elle m’observait, probablement. Elle n’avait jamais dû rater une seule des choses que j’avais accomplie en ce bas monde. Elle … elle m’avait vu pleurer. Elle m’avait vu pleurer sa disparition. Elle m’avait vu regretter mon baptême. Le regretter parce qu’elle aurait dû être baptisée en même temps que moi. Hors jamais de ma vie je ne m'étais senti aussi seul que lors de mon baptême de guerrier. J’aurai tellement donné, si ça n’avait pas été tout ce que je possédais, pour qu’elle vive ce moment à mes côtés, et non pas là-haut, dans les Étoiles.

Parce que je l'aimais.

Mon nom, donc. La toute première fois qu’elle prononçait mon nom de guerrier. Car elle ne m'avait connu de son vivant que sous Nuage de Flocon. Un frisson attendu parcourut mon échine. Oui, Fragment de Neige, c'était bien moi. Et mon nom sonnait d’une façon tellement féerique, céleste entre ses petits crocs blancs, que je savais maintenant que je n'oublierai plus sa voix. Plus jamais. “Tu m’as remplacée…” et ce fut comme si elle m’avait arraché le cœur. Je saignais. Je daignais d'amour. J’en avais le souffle coupé. Et sa voix, si triste. Si seule, résonnant encore autour de nous. Non. Elle ne devait pas penser cela. Elle ne pouvait pas penser cela. Elle se trompait. Elle se mentait à elle-même. Jamais je n’avais cessé de l’aimer. Je voulus la toucher. Expressément. Pour la rassurer, pour lui chuchoter à l’oreille qu’elle avait faux sur toute la ligne. La toucher à nouveau, malgré l'échec. Réessayer, persévérer, et espérer que cette fois-ci soit la bonne. À nouveau, je m'avançais, comme elle venait de le faire. Exactement de la même façon. En mille fois plus rapide. Encore une fois. Et, lorsque je fus sur le point de la toucher, à nouveau, mes pattes ne brassèrent que l’air. Frustration fatale. Les larmes menaçaient sous la colère et la peine de s’effondrer, de quitter leur nid. Je ne pouvais plus retenir ces larmes.

Parce que je l’aimais.

Non … Non … Nuage du Jade, je ne te permets pas de croire ça. Jamais ! Jamais, tu m’entends ? Jamais je ne pourrai te remplacer !” et je criais, je criais à travers le vide. Avant les larmes.

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Jeu 27 Juil 2017 - 23:53



Nuage du Jade

Devant moi se trouve le seul mâle que j’ai toujours aimé, le seul mâle pour qui mon coeur tombera, éternellement, indépendamment de tous les événements qui peuvent se produire. Pourtant, devant moi, son pelage brille par sa cruelle absence. Une absence camouflée par son apparente présence. Parce qu’il est là. Je l’ai fait venir sur les terres du Clan des Étoiles cette nuit, pour une seule nuit, une nouvelle nuit. Une dernière nuit. Mais le Clan des Étoiles n’offre pas de deuxième chance, il ne permet pas de retourner dans le temps, de faire ramener les morts à la vie, il ne permet pas de rendre l’absence en présence, tout ça n’est qu’une illusion qui s’effacera au jour levant. Alors son absence est toujours bien là. Elle résonne dans mon coeur, dans mon âme, dans toutes les fibres de mon coeur en se battant avec la joie de pouvoir poser mes yeux sur son pelage, de plonger mon regard dans le sien et de le voir faire la même chose. De le voir me remarquer comme il l’avait fait alors qu’il était trop tard. Pourquoi avait-il fallu qu’il attende tant de temps avant de réaliser que son coeur était à moi ? Pourquoi avait-il fallu que le temps s’écoule si rapidement et que ses yeux, pendant trop de lunes, se posent ailleurs que sur mon pelage, si mon être si discret ? Il m’avait tuée. Sa façon de ne pas me voir, sa façon de ne pas avoir conscience de ma présence, sa façon de passer son regard par-dessus moi comme si je n’étais que le détail du camp alors que moi, je le voyais se démarquer dans toute sa splendeur, comme le soleil le faisait dans le ciel. Il m’avait tuée. Assassinée. Dévastée.

Et pas un seul instant je n’ai été capable de lui en vouloir pour ça. Je n’ai pas été capable de lui en vouloir de n’avoir jamais vu l’apprentie timide et effacée que j’étais, cette apprentie tellement hésitante qu’elle n’osait même pas aller chasser d’elle-même et qui s’était contentée de regarder celui pour qui elle mourrait d’amour de loin. Tellement loin qu’il ne pouvait même pas me voir. Les faits ne changeaient pourtant pas : il m’avait tué. Et de la même façon, je l’avais tué. Cette façon que j’ai eu de disparaître de la surface de la terre sans même penser à le prévenir, cette façon que j’ai eu de fuir face à mes peurs et mes angoisses, cette façon que j’ai eu de disparaître en laissant une patrouille retrouver mon corps. Je l’avais tué. Et mon absence avait contribué à le faire pleurer assez longtemps. Je ne voulais pas ! Je ne voulais pas le tuer. Je ne voulais pas lui faire tellement de mal qu’il en était venu à pleurer. Je voulais le voir sourire. Je voulais le voir m’aimer. Je voulais qu’il soit si heureux que j’en aurais été heureuse en retour, mais les choses se sont passées autrement, les événements se sont déroulées d’une telle autre manière que nos deux coeurs se sont brisés et que les miettes ont été emportées par le vent.

Parce qu’on s’aimait.

Et maintenant nous voilà. Face à face sans réellement l’être parce que je n’existe plus et que mon corps n’est plus réel. Lui, lui, il est réel. Lui, il a une vie dans la terre des vivants. Une compagne, des enfants. Il a une vie et je n’ai pas le droit de lui retirer. Mais qu’est-ce que j’aurais voulu le faire, ne pas accepter qu’il me remplace. Nous aussi, nous aussi… oui, nous aussi nous avons une famille en bas, dans le monde des vivants, cette terre qu’il continue de fouler. Nous avons la promesse d’un avenir meilleur, une promesse qui se fane plus vite que ne s’écoule le temps alors que celle qui porte cette promesse continue de grandir. La promesse d’un avenir que l’on aurait dû avoir ensemble, la promesse de notre amour qui n’a pas survécu, qui s’est brisé, éclaté. Qui était destiné à l’être. Et je l’aime. Je l’aime alors qu’il se trouve devant moi. Je l’aime quand il n’est pas là. Alors qu’il est avec Bourrasque Hivernale, je l’aime de tout mon coeur, de tout mon corps, de toute mon âme, je l’aime avec chaque battement de mon coeur, comme je l’ai toujours fait. Je n’ai toujours vu que lui, je n’ai toujours voulu que ce mâle qui rayonnait dans mon regard. Personne d’autre n’aurait pu être l’objet de cet amour. Personne n’aurait jamais pu le remplacer même lorsque je me trouvais avec lui, près de lui.

Parce que je l’aimais.

Cet amour qui n’a jamais pu faiblir même avec la distance si grande entre la mort et la vie, cet amour que je n’ai jamais pu faire taire même quand je n’étais même pas vivante pour lui parce qu’il n’avait pas conscience de mon existence, comme tous les autres chats du Clan. Cet amour est toujours là, toujours présent dans chaque petite faille de mon être. Je ne pourrais jamais cesser d’aimer Fragment de Neige. Mais lui… il m’a remplacée parce que j’ai eu l’affront d’arrêter d’exister. Refaire sa vie. J’ai souvent entendu des guerriers utiliser cette expression et c’est précisément ce que je l’ai vu faire, recommencer sa vie et trouver une femelle qu’il pouvait aimer, avec qui il pouvait avoir des chatons. J’aurais dû. J’aurais dû lui en vouloir d’avoir balayer la mémoire de mon pelage dans son esprit, mais je n’en suis pas capable. Je ne suis pas capable de lui reprocher d’avoir voulu exister à nouveau, comme j’aurais dû continuer à le faire parce que je suis l’unique fautive de tout ce qui a pu se produire. Je suis la raison de ses larmes. Et je m’en veux. Je m’en veux terriblement d’avoir pu le faire pleurer. Je m’en veux de lui avoir fait du mal. Je me déteste. Je me déteste d’avoir implanté dans son être un sentiment tel que son sourire s’est effacé, que le temps a figé le bonheur pour que celui-ci s’évapore et ne s’installe plus dans l’intérieur du guerrier qui représente absolument tout pour moi. Je me hais pour ça.

Et je l’aime.

Pourtant, pourtant, j’ai osé. J’ai osé supprimer mon existence de la terre, j’ai osé le faire pleurer, j’ai osé nous séparer. Si j’avais seulement cru en l’amour qu’il ressentait à son égard, si seulement je m’étais montrée beaucoup moins hésitante, si seulement j’avais compris à temps que l’amour ne se commandait pas, mais qu’en attendant, on pouvait voir que cet amour pouvait être décerné, comme il aurait pu me l’offrir… alors, peut-être que tout aurait été différent. On comprend toujours lorsqu’il est trop tard. Et pour nous deux, il est trop tard. Il est vivant et je suis morte. Deux mots contraires qui me détruisent. Il m’a tué. Je l’ai tué. Et pourtant, il est vivant… sans sourire. Alors qu’il est magnifique, son sourire. Je voudrais le voir sourire encore. Mais l’espoir s’est évanoui et la promesse de notre amour est si lointaine maintenant. Beaucoup trop loin. J’aurais voulu rebâtir chaque petite pierre de notre histoire. Je le vois s’avancer. Il me frôle et le vide répond à sa demande. Mon coeur se brise. Mon être se brise. Je ne pleure toujours pas. Je ne peux pleurer à nouveau devant lui, je ne peux pas lui imposer cette vision de moi à nouveau. Je n’en ai pas le droit. Le vide est son écho. Le vide est autour de nous, il nous entoure et il nous tue comme on s’est tué. Il me tue. Le vide, je veux dire. Il me tue parce que j’aurais tant voulu pouvoir enfouir mon museau dans son pelage et m’excuser indéfiniment du mal que j’ai pu faire, j’aurais tant voulu me blottir contre lui, sentir la chaleur de son corps encore. J’aurais tant voulu. Mais je ne pouvais pas.

J’entends sa voix qui résonne dans ce vide qui n’a toujours pas quitté l’endroit. J’entends sa voix qui me contredit, sa voix qui n’aurait jamais dû être remplie de larmes qui se sont enfin décidées à ne plus être dans son regard, à ne plus être emprisonnées. Sa voix vole dans l’air avant de percuter mes oreilles et de me faire frissonner, de me faire frémir d’une tristesse si profonde, d’une douleur si intense, que je me demande comment je suis capable de faire en sorte que mes larmes ne quittent pas leur prison. Je ne pleure toujours pas. Je ne peux pas pleurer. Pas devant lui. Pas maintenant alors que je suis la cause de ses larmes à lui. Et je meurs. On aurait dû me dire que même en étant physiquement décédée, on pouvait continuer de mourir de l’intérieur, parce que c’est exactement ce qui se passe en cet instant précis. Le sol s’ouvre sous mes pattes, je suis dans le vide total, je tombe, je dérape, je n’ai plus rien à quoi me raccrocher. Je n’ai pas cessé de le regarder. Je veux le toucher. Je veux le sentir. Je veux pouvoir continuer de l’aimer si fort et de le lui montrer, de lui faire comprendre. Mais je ne peux pas. Je n’en ai pas le droit.

Parce que je l’aime.

Je reste immobile. Je le regarde. Je ne veux pas pleurer et ça prend toute mon énergie pour réussir à empêcher les larmes de couler. Parce que devant lui, je suis forte. Je suis forte parce que c’est lui, parce qu’il me le permet, d’être forte, sans même le savoir. Et moi, je le fais pleurer. Je voudrais lui répéter indéfiniment que je suis désolée, mais je ne peux pas. Je ne peux pas parce que je n’ai pas le temps, qu’au soleil levant, le vide s’effacera. Et qu’encore une fois, nous n’avons qu’une nuit. Une toute petite nuit. Fragment de Neige… Je reste où je suis, le coeur totalement éclaté, les yeux cruellement secs. Et l’âme en lambeaux.

« Fragment de Neige… »

Je répète son nom.
Je me tue encore.
Je vais me tuer avec mes mots.
Parce que je l’aime.

Je ne lui ferais jamais porter le poids de ma culpabilité, je ne l’enfermerais jamais dans la tristesse qui régit mes jours. Et pour lui, je vais supporter la douleur la plus intense, et je vais me détruire à coup de mots lâchés dans l’atmosphère.

Parce que je l’aime.
Je dois le sauver.
Essayer.

« Tu as le droit. Ne t’enfermes pas, ne te coupes pas du monde. Mon amour, tu dois revivre, refaire ta vie, tu en as le droit. Tu as le droit d’aimer de nouveau, de me remplacer. Tu as le droit d’être heureux de nouveau. »

S’il vous plaît.
Pour moi,
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Ray admine
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Dim 20 Aoû 2017 - 22:03



• We were a promise meant to be broken •


Ray ft. Luny
J'ai cru que jamais mes cris ne s'arrêteraient. J'ai cru qu'ils continueraient de rebondir à l'infini, et je me suis vu entendre, écouter mes propres pleurs ne jamais trouver de fin à leur vie, persister en un écho indéfaisable. Mais ils ont fini par cesser. Mes cris ont fini par cesser. Brutalement. Ils se sont échoués, ils se sont brisés sur la silhouette de Nuage du Jade. Ils ont éclaté en mille fragments dans ses oreilles, ils ont résonné dans un immense fracas contre ses tympans. Et ils ont disparu. Ce n'était qu'une fraction de seconde. Et ils semblaient déjà si loin, si irrécupérables. Si vite oubliés. Mais comment les oublier, ces mots, ces cris ? Ces cris qui n’avaient jamais été aussi purs, tout droit sortis de ma gorge, de mon âme meurtrie par ses mots assassins. Ces cris qui me hantaient déjà, qui hanteraient dès cet instant mon sommeil et cela pour l’éternité. Et toujours, toujours, ce calme. Ce calme sur son visage, ce calme dans son corps, ce calme dans son esprit. Et moi qui croyais mourir, décéder à cause de toute l'agitation qui me transperçait. Nuage du Jade restait de marbre, digne. Elle ne criait pas, ne pleurait pas, ne pleurait plus. Depuis combien de temps s’était-elle arrêtée de pleurer ? L’avais-je, aussi indigne que je pouvais l’être à son égard, seulement remarqué ? Non. Et ça me fendait le cœur, toujours un peu plus. Ça me fendait le cœur de prendre compte de mes actes, chaque minute, chaque seconde un peu plus. De ne trouver aucun autre chat responsable de son malheur, de son infortune. Car j’étais l’unique coupable. L’unique. Il n’y avait jamais eu d’autre chat que moi.

Parce que je l’aimais.

Comment aurais-je pu la remplacer ? Comment aurais-je pu seulement essayer ? Comment aurais-je pu y penser un instant, une seconde ? Comme si Nuage du Jade n’avait jamais été qu’une “place”. Elle n’était pas, n’occupait pas qu’une place, en moi. Elle ne l’aurait jamais pu, elle n’aurait jamais tenu dans une seule et unique “place”. Nuage du Jade était en moi, elle était une partie de moi, elle l’avait toujours été. Et quand elle avait disparu, quand elle m’avait quitté, quand elle avait quitté ce monde qui la faisait tant souffrir, une partie de moi était morte. Une partie de mon âme s’était fissurée, brisée, détachée de mon cœur à tout jamais sans que je puisse y faire quelque chose. Sans que je puisse même envisager de réparer, de rattacher cette partie de moi qui lui appartenait pleinement. Sans que je puisse conserver cette partie morte de moi, dans l'espoir de la voir un jour revenir à la vie. Nuage du Jade n’aurait jamais tenu dans une maudite “place”. Nuage du Jade, c’était tout ou rien. Elle n’avait rien été, avant. Avant même que je ne réalise que je l’aimais. Avant même que je réalise que j’étais capable d’aimer qui que ce soit. Elle n’avait rien été, et je ne pouvais le nier. Mais elle n’avait rien été que quand moi, je n’avais rien été. Et après, elle était devenue tout. Elle était devenue ce tout dont j’avais tant besoin. Ce tout qui m’obsédait, ce tout qui jamais ne m’abandonnait, et pourtant, ce tout pour lequel je n’avais eu que quelques regards. Qu’une poignée de regards, et une pincée de mots. J’étais pathétique. Et j’avais toutes les raisons du monde de ne m’en vouloir qu’à moi.

Parce que je l’aimais.

Et toujours, l’absence. Son absence. Son absence de réaction, son absence de sentiment. Son absence entière, l’absence de son corps, l’absence de sa voix. Elle me paraissait déjà lointaine, sa voix. Lointain reproche. Je m’en voulais. Je m’en voulais à mort, à la mort. Je m’en voulais et je savais que je ne cesserai jamais de m’en vouloir. J’étais à tout jamais impardonnable. Et Nuage du Jade n’avait beau rien, elle n’avait beau rien pouvoir me reprocher, elle avait beau ne pas pouvoir me haïr, je le savais. Je le savais que j’étais coupable. Que je n’étais qu’un assassin pour elle. Comment pouvait-elle me pardonner si je n’y arrivais pas moi-même ? Comment parvenir à me persuader que Nuage du Jade ne m’en voulait pas ? Impossible. Et parce qu’elle m’avait aimé, elle avait souffert. Elle avait souffert au point d’en mourir. Entièrement et exclusivement par ma faute. Mon amour l’avait tuée à petit feu jusqu’à l’anéantir totalement, jusqu’à la réduire au simple état d’âme. me errant à jamais. Était-ce cela pour tous ceux qui parvenaient à m’apprécier, à m’aimer ? Est-ce que je les faisais tous souffrir autant, voire même plus ? N’étais-je qu’un trou noir, une brèche infinie dans laquelle se perdait toute forme d’amour, d’amitié en ne cessant jamais d’en redemander, encore et encore ? J’en étais maintenant persuadé, j’avais tué Nuage du Jade de mes propres pattes.

Parce que je l’aimais.

Et je ne savais pas. Je ne savais plus. Je ne pensais plus au temps, à ce même temps qui nous était compté. Je n’avais pas besoin d’y penser, car ici, tout semblait s’arrêter. Les battements de mon cœur, les battements de son âme, les échos de nos voix. Rien ne semblait survivre à cet arrêt du temps dans nos rêves et dans nos songes. Je ne savais pas que le temps continuait de filer, et que je devrais abandonner Nuage du Jade. Encore une fois. Encore une fois, une fois douloureuse, une fois assassine. Que je devrais l’abandonner, et, qu’encore une fois meurtrière, je ne pourrais pas la retenir. Je ne pourrais pas la retenir, comme je ne l’avais jamais pu, comme je n’y étais jamais parvenu. Elle filerait, elle me filerait entre les pattes comme de l’eau, et rien ne parviendrait à épancher ma soif d’amour. Ma soif de Nuage du Jade. Ma soif d’avoir ce besoin de la voir, de l’avoir. À chaque mouvement que je ferais, à chaque endroit où je me rendrais. Rien, maintenant, ne parviendrait à me la faire oublier. Et je n’en pleurais que plus. Elle me voyait pleurer, et j’en avais honte. Elle me voyait pleurer mais n’esquissait un geste, ne me témoignait rien d’autre que ce profond amour qu’elle avait toujours eu. J’aurai voulu cacher ce visage sous mes pattes. Ce visage honteux, ces yeux humides, ces sillons mouillés par ce manque. J’aurai voulu lui cacher toute ma peine, toute ma souffrance, pour que cela ne puisse l’atteindre.

Parce que je l’aimais.

Et maintenant, je réalisais. Je réalisais enfin. Tous pouvaient être jaloux. Tous étaient jaloux, au fond. Même Nuage du Jade. Nuage du Jade ne me jalousait pas, moi. Elle jalousait toute la vie que je continuais de mener, ici, en bas. Elle devait haïr Bourrasque Hivernale. Elle devait toutes les haïr. Et je les aurai haïes avec elle, si seulement elle me l’avait demandé. L’amour que j’avais pour Bourrasque Hivernale devait la repulser, la faire souffrir affreusement. À sa place, je n’aurai pas supporté. Je n’aurai pas supporté qu’elle parvienne à en aimer un autre, qu’elle parvienne à ne faire de moi qu’un chat du second plan. J’en serais mort de douleur, mort de jalousie. Comment faisait-elle ? J’étais prêt à tout pour elle, j’étais prêt à délaisser Bourrasque Hivernale et les chatons qu’elle attendait. Mes chatons. J’étais prêt à tout pour la seule femelle que je n’avais jamais cessé d’aimer, Nuage du Jade. Les larmes coulaient dorénavant sur mes joues, creusaient des sillons que le temps aurait aujourd'hui du mal à boucher, à refermer, à faire disparaître. Des sillons si profonds dans ma fourrure qu'ils en touchaient sans problème ma peau, me provoquant des frissons. Ma vue se troublait, devenait floue sous toutes ces larmes et pourtant, pourtant, je continuais d’admirer Nuage du Jade sans qu’une seule de ses courbes ne faiblissent. Sans qu’aucun de ses muscles disparaissent, noyés sous ce flot de larmes. Sans qu’un seul des ses caractères que je m’étais promis de ne pas oublier ne fondent.

Parce que je l’aimais.

Et encore sa voix. Sa voix et mon nom. Sa voix qui s’acharnait, continuait de m’appeler, de murmurer mon patronyme, laissant le vide et ses échos s’en emparer, les voler de sa gorge. J’aurai voulu m’en saisir, moi aussi, de cette voix, de sa voix qui continuait de répéter mon nom. Mais je n’en étais pas capable. Je n’en étais pas capable et cela m’était impossible, irréalisable. “Tu as le droit. Ne t’enfermes pas, ne te coupes pas du monde. Mon amour, tu dois revivre, refaire ta vie, tu en as le droit. Tu as le droit d’aimer de nouveau, de me remplacer. Tu as le droit d’être heureux de nouveau.” elle miaulait, s’essayait, à mes oreilles, faisant vibrer mon cœur jusqu’à en exploser. Je buvais ses mots avec tant d’avidité que je m’en serais étouffé. Je ne voulais rien perdre, pas une seule goutte de ce qu’elle disait, de ce qu’elle me disait. “Mon amour”. Je voulais l’entendre répéter à l’infini ces deux mots. Ces deux mots qui m’étaient adressés, ces deux mots qui m’étaient dédiés. À moi, rien qu’à moi. Pour personne d’autre. J’étais son amour et je ne serais jamais rien d’autre à ses yeux. J’étais son amour, j’étais son tout. Tout comme elle était, elle aussi, mon amour, mon tout. Mon tout et mon rien. Et elle devait s’en assurer, elle ne devait jamais en douter : elle m’était irremplaçable. Elle m’était irremplaçable et jamais je ne pourrais imaginer ma vie sans elle. Même lorsqu’elle se trouvait à des millions de lieues d’ici, dans un autre monde.

Parce que je l’aimais.

Et au contraire du phénix, je me le promettais. Je me le promettais à moi-même, je le promettais à Nuage du Jade : je ne revivrai pas. Je ne rennaitrai pas de ses cendres, des cendres de Nuage du Jade, des cendres de notre Histoire. Je garderai cette vie que j’avais toujours eu. Comment aurais-je pu changer ? Je briserai son vœu, son choix. Je ne respecterai pas la demande d’une défunte. Y avait-il quelque chose de pire que de trahir Nuage du Jade, pour moi ? Non. Mais je ne pouvais pas. Je n’y arriverai pas. Je ne pourrais jamais l’oublier, et elle avait besoin de le comprendre, si ce n’était pas déjà fait. “Explique-moi, mon amour, explique-moi…” je commençais, sanglotant, reniflant à moitié, laissant toujours les larmes s’écouler. J’hésitais. Oh, j’hésitais à lui demander. Comment réagirait-elle ? Il me fallait me dépêcher. Je n’avais pas tout mon temps. “Dis-moi comment je peux avoir le droit d’être pleinement heureux, à nouveau, si tu n’es pas là ? Si tu n’es pas à mes côtés, si tu ne peux pas répondre à ma voix quand je t’appelle ?” ma voix mourrait dans ma gorge, et je fermais les yeux, quelques secondes, ou quelques minutes - comment le savoir - avant de les rouvrir, faisant à nouveau face à l’apprentie. “Promets-moi, Nuage du Jade, que tu parviendras à retrouver le sourire, si j’y parviens. Promets-le moi.


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