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 Je dois passer par cette étape, et je n'aime pas ça. BIKET ET LUNY

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Étoile Mortelle
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Sam 15 Juil 2017 - 19:55



Je dois le faire. C'est une étape cruciale si je veux devenir chef. Étoile de Lave est maintenant qu'un tas de crotte de souris. Il a été banni, et si je le croise, je jure que je le tue. Je ne le manquerai pas. Il ne mérite que la mort et tout le Clan, ou presque est d'accord avec moi. Il nous a trahis. Il n'est plus mon allié, même si je regrette d'avoir fait ça. Je m'entendais bien avec lui. Enfin, m'entendais... On était des alliés quoi. Rien d'autre. Je crois qu'il ne m'appréciait pas tant que ça. Alors pourquoi m'avoir choisie comme lieutenante ? Lieutenante qui  n'a pas hésité à le trahir pour devenir plus puissante. Mais bonne Forêt Sombre ! Il s'est passé quoi dans ma tête pour trahir un chat comme lui ? Je ne sais pas et je crois que je ne le saurai jamais. De toutes façons c'est bien trop tard.

Je marche. Je suis encore loin de la Pierre de Lune, mais chaque pas que je fais m'en rapproche. Il me reste encore moins de temps à parcourir que la foulée précédente. Je fais tout à mon rythme. La mort n'est pas à mes trousses. Je peux prendre le temps que je veux. Et heureusement, parce que j'ai besoin de réfléchir. Le bannissement a été brusque. Deux actes pareils en quelques lunes seulement. Mon pauvre Clan prend cher. Très cher. Être sans chef pendant une journée, une nuit, lui fera peut être du bien. Ou alors je le verrais pire que jamais quand je rentrerai. Je ne sais pas et je ne peux le deviner.

Je marche un peu plus rapidement. J'ai as envie de voir mon Clan mourir en mon absence. Je ne veux pas avoir un bien de sang quand je vais revenir. J'ai dit à Bourrasque hivernale de surveiller le camp, et j'espère que ça ira pour elle. J'ai aussi lancé les patrouilles des soir. Elle s'occupera du reste. Je sais qu'elle peut le faire, mais par contre, je doute qu'elle puisse devenir un lieutenante. Oui, c'est un débat que je dois avoir avec moi-même. Je dois trouver mon prochain lieutenant. En rentrant, demain peut être, je vais devoir annoncer ma décision à tous, sauf que pour le moment, je n'en ai aucune idée. Tout s'est passé trop vite. Bien trop vite. Mais c'est ainsi. La vie peut tout changer d'un moment à l'autre. Elle est imprévisible et c'est ça qui m'agace. Je déteste tout ce qui n'est pas prévu. Surtout quand tout doit être organisé rapidement après.

Je commence à voir les Hautes-Pierres. J'ai de la chance, je n'ai croisé personne. J'étais seule, à chaque recoin. Par contre, le plus dur reste à venir, je dois grimper. Les Hautes-Pierres sont en hauteur. Enfin, je disais que j'étais seule, mais Oeil de Violette, cette satanée traitresse m'accompagne. J'aurais pu être seule. On n'a échangé aucun mot, je faisais comme si elle n'était pas là. Elle sait que je ne l'aime pas. A croire que je déteste chaque guérisseur. J'aime pas Rêve d'Ébène. J'aime pas Oeil de Violette. Bizarrement, elles sont toutes deux guérisseuses. Bref, Oeil de Violette sert à rien. Elle me guide tout en restant une ombre et c'est bien mieux comme ça. Comme ça, je l'oublie.

Oeil de Violette bondit sur le premier rocher. Je la suis de près. La mousse me fait glisser, mais j'arrive toujours à me rattraper. C'est ça avoir de l'équilibre. Je suis douée pour l'équilibre. Mais on s'en fiche. L'équilibre ne sert à rien. Il sert juste à... ne pas tomber quand tu montes les rochers pour aller aux Hautes-Pierres.

On est enfin en haut. J'observe la vue. C'est beau, mais c'est loin d'être aussi impressionnant que les Hautes-Pierres. La grotte de Vie attend que je rentre. Bientôt, je vais voir mes ancêtres. Bientôt, je vais avoir mes vies. Je vais voir mon nom de chef.  Je vais enfin avoir le pouvoir. Si j'étais comme avant, je trépignerais sur place, mais j'ai grandi. Elle a disparu avec le solitaire tueur d'amie. Je vais rentrer dans cette grotte en étant Aube de la Mort. Je vais ressortir avec un nouveau nom. En étant plus fort. Meilleure. En étant ce qu'attend mon clan depuis toujours.

Oeil de violette me fait signe d'attente. Je sais que je vais prochainement poser ma truffe sur la pierre pour me laisser emporter vers le Clan des Etoiles. Je sais tout ça, mais je reste calme. J'arrive à me contrôler. Et j'arrive à attendre le moment où celle que je n'aime pas me donnera l'autorisation. Et c'est rapidement fait. la pierre de lune est éclairée, et la guérisseuse me fait signe. Je m'approche lentement de la pierre avant de faire ce qu'elle me demande et fermer les yeux.

- Aube de la Mort, ma fille, tu peux ouvrir les yeux tu sais

Cette voix, je la connais. Enfin, l'ancienne moi la connaissait. Je rouvre lentement les yeux pour voir un pelage marron qui m'est familier, mais que je ne pourrais placer sur un nom. Maman. C'est la maman que j'ai abandonné en l'oubliant. Si bien que je ne connais même plus son nom.

- Tu es devenue si belle, et pourtant tu es devenue cruelle. La mort n'est pas la réponse à tout, Aube de la Mort. Mais sache que malgré tes erreurs, tu es la fierté de ton père et moi.

Elle parait triste en même temps que fière. Je ne sais pas comment réagir. D'un coté, je suis heureuse de la voir là, mais de l'autre je suis triste. Je l'ai trahie. Je l'ai trahie en devenant celle que je suis. Je sais qu'elle va me donner ma première vie, mais je ne la mérite pas.

- C'est pour cette raison que j'aimerais te la donner. Avec cette vie, je te donne l'audace. Utilise-la à bon escient pour ne pas te laisser abattre..

Je laisse une larme couler le long de ma joue tandis qu'elle s'approche pour poser son museau tout contre le mien. Le contact est douloureux, mais je ne peux être qu'heureuse de la sentir une dernière fois. Je grimace, avant de sentir cette douleur disparaitre. Maman ! Elle est partie. Elle m'a abandonnée comme je l'ai fait.

C'est seulement maintenant que je me rend compte que je ne suis pas la seule dans cette clairière. Il y a pleins chats paillettés. Des poussières d'étoiles ? C'est possible. C'est alors a ça que ressemble le Clan des Etoiles...

Une chatte fine plus que ma mère s'approche de moi. Je me souviens l'avoir déjà croisée quelque part. Elle est aussi noire que moi si ce n'est plus. Je crois qu'elle s'appelle Plume D'Ombre. C'est une ancienne lieutenante. Elle m'observe un instant avant de prononcer ces quelques mots :

- Avec cette vie, je te donne la persévérance. Utilise-la à bon escient pour jamais baisser les pattes.

Elle pose son museau sur le mien et c'est cette même puissance qui me prend. Elle jaillit dans mes veines pour y faire la loi. Elle me donne mal de partout, mais cette douleur est moins forte que la précédente. Très vite, elle se recule pour laisser la place a un autre chat, au pelage gris et a la taille minuscule.

- Je suis Petite Comète. Avec cette vie, je te donne la patience. Utilise-la à bon escient pour prendre de bonnes décisions pour les membres de ton Clan.

C'est le même manege qui se répète. La douleur est divisée en deux. La patience. On ne peut pas dire que je sois une chatte très patiente. Je n'ai même pas laissé une chance a Étoile de Lave pour s'expliquer. Le prochain chat a apparaître sous les yeux est de la même taille que le précédent. Surement son frère. Je crois qu'ils sont morts avant même d'avoir pu ouvrir les yeux. Contrairement à son frere, il est plus clair, d'un gris aussi clair que les nuages a peine chargés d'eau.

- Je m'appelle Boule Éclaircie. Avec cette vie, je te donne la justice. Utilise-la à bon escient pour veiller sur les membres de ton Clan.


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Dernière édition par Étoile Mortelle le Lun 17 Juil 2017 - 19:36, édité 1 fois
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Lun 17 Juil 2017 - 3:11

Le temps passe. Il s’écoule, il défile et on ne peut pas le faire revenir. Le temps passe. Il ne nous attend pars parce qu’il ne nous connaît pas, il ne sait rien de nous et il ne veut rien savoir. Il fait son travail, il nous dépasse pendant que nous, on trépasse. Jour après jour, chaque seconde s’écoule en nous laissant dans l’horreur de nos erreurs, dans cette honte cuisante que l’on ne peut atténuer parce que nos fautes ne peuvent être oubliées, ne peuvent être effacées. Je veux tout recommencer. Je veux que le temps se rembobine, que l’on retourne en arrière et que je puisse ainsi tout faire différemment, tout changer, ne plus être la même petite apprentie trop timide et incertaine qui se contente de regarder l’élu de son coeur de loin. Je ne veux plus être cette petite novice martyrisée qui se décide d’intercepter le chemin d’un monstre pour être envoyée dans les étoiles. Je veux que tout soit différent, je veux retourner dans le temps et tout faire différemment pour ne pas avoir la même finalité que celle à laquelle je me heurte aujourd’hui. C’est beaucoup trop douloureux de se dire qu’en faisant des choix autres que ceux qui ont été effectués, les choses ne se seraient pas déroulées ainsi. Et je ne veux pas l’accepter. Mais je ne peux pas faire autrement que de me dire que c’est de ma faute et que j’aurais dû tout faire autrement. Chaque petite parole non-dite, chaque geste pensé, mais non fait. Tout aurait dû être fait.

Alors je suis là et le temps continue de passer. En-bas, les événements se produisent et tout continue de se décider de changer pour ne laisser à quiconque le temps de s’adapter. Ça me déprime, me désole et m’attriste. Je ne sais pas quoi faire, ni même encore quoi dire et pour être franche, je m’isole de tous ceux qui sont là, qui existent, qui ne vivent plus, mais vivent d’une certaine façon. Tout est brouillon dans mon esprit. Je ne sais pas trop quoi penser ou encore quoi faire. Depuis combien de temps suis-je là, allongée sur un tout petit rocher parce que depuis le temps, je n’ai même pas pu grandir ? Combien de jours depuis que j’ai revu celui qui m’a toujours permise de tenir avant que tout ne s’efface dans mon esprit ? Combien de temps… ? Je ne sais pas. Plusieurs jours. Ni eau. Ni nourriture. Sauf que je suis déjà morte, alors ça ne peut pas changer grand chose. Même si je ne me nourris pas, ne bois pas, je ne peux pas mourir encore plus, je reste seulement morte. Ce mot résonne dans ma tête indéfiniment, me rendant seule et triste, définitivement mélancolique de ce qui aurait pu se produire, d’une relation qui aurait pu être la plus belle de tous. Une relation qui n’a pas réellement eu lieu, au final. Par ma faute. Ma seule et unique faute. Par la faute de ce caractère trop hésitant, trop incertain, ce caractère effacé qui pousse toujours à ne pas se faire remarquer.

Je suis passée au-dessus de telles de choses, tellement de joie, de bonheur, de disputes. Tellement de vie. Parce que la vie ne se doit pas d’être facile. Elle est difficile, elle est cruelle, elle ne nous fait pas de cadeaux. Mais tout est mieux que de ne pas ressentir. Et la souffrance est préférable au regret de ne pas avoir osé. Et moi, je n’ai jamais été capable de prendre mon courage à deux mains et de faire quelque chose. Je me suis toujours tenue à observer silencieusement les autres, me tenir à l’écart et ne rien faire, ne rien dire. Je n’ai jamais eu le courage de me lever de mon lit de mousse pendant que les premiers rayons de soleil venaient illuminer la forêt pour me diriger vers cet apprenti plus vieux que moi. Je n’ai jamais eu le courage de le regarder dans les yeux et de lui dire ces quelques mots qui auraient tout modifié le cours de l’histoire. Je l’ai fait plus tard, je lui ai dit alors que le Feu avait décidé de s’inviter dans nos vies, je lui ai dit alors que le monde n’était plus que pagaille, que bordel et à cet instant là… il était déjà trop tard pour que ma vie ne voit son tournant s’inverser. Ma mort était déjà inscrite dans le ciel, dans les airs, partout. Cet amour a débordé dans mon coeur avec la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de ne jamais être quelqu’un que ce magnifique être puisse réellement aimer, et cet amour s’est mêlé à ma crainte de n’être que la honte du Clan de l’Ombre, cette apprentie faible et frêle qui n’a pas la moindre valeur, de faire honte à la lieutenante de l’époque : Plume d’Ombre. Alors il était déjà trop tard.

Trop tard pour effacer les souvenirs qui tuaient mon être, trop tard pour effacer ma bêtise, trop tard pour effacer la douleur qui me tourmentait, trop tard pour m’empêcher de me placer devant ce monstre. Trop tard pour m’empêcher de fuir. J’avais fuis. J’avais fuis parce que j’avais peur. J’avais fuis parce que je ne savais pas. J’avais fuis tout simplement parce que je craignais que son amour ne soit pas véritable, et que je savais… je savais que cette nuit passée, je savais que ces quelques instants passés, avaient suffit pour faire en sorte que notre union se solde par une portée. Et j’étais terrifiée à l’idée de lui annoncer. Terrifiée à l’idée qu’il ne veuille pas de moi comme d’une mère. Terrifiée à l’idée qu’il ne me pense pas capable d’assumer un tel rôle et il avait raison. Je ne suis pas une bonne mère. J’ai abandonné mon enfant à une amie que je connaissais depuis… longtemps. Parce que l’apprentie que j’étais fuyais le camp quand je le pouvais. Parce que je me sentais trop étouffée, trop jugée, pas assez… pas assez tout simplement. Je n’ai jamais été une bonne personne. Ce n’est pas nouveau. Je n’étais pas une bonne apprentie même si j’étais appliquée. J’étais trop hésitante et si peu sûre de ma personne.  Ce que je suis sûrement toujours. Et je n’étais pas une bonne compagne parce que j’ai attendu trop longtemps, parce que lorsque les mots ont franchi la barrière de l’esprit, les larmes ravageaient mon visage et que je l’ai blessé, je lui ai fait mal, je l’ai tourmenté avec mes sentiments puissants en lui donnant le sentiment que c’était de sa faute. Rien n’était de sa faute. Tout était de la mienne. Je ne veux pas qu’il s’en veuille… et je ne suis pas plus une bonne mère parce que ma fille a grandi sans ma présence à ses côtés. Parce que je me suis placée devant ce monstre et que je n’ai pas bougé.

Je me souviens encore de l’impact.

Je finis par me lever. C’est l’heure et je le sais. J’aurais aimé pouvoir repousser ce moment, j’aurais aimé pouvoir lui dire que le Clan des Étoiles ne l’acceptait pas en tant que meneuse, la rejeter, la refuser. On aurait peut-être pu sauver le Clan de l’Ombre ainsi. Mon ancien Clan. J’aurais aimé, mais je ne pense pas que les autres soient d’accord. Ce serait donner du fil à retordre au Clan de l’Ombre, lui donner encore plus de problèmes que ce qu’il s’est vu lui être accordé ces derniers temps, avec les Troupes qui sont venues, avec les accusations à tort… avec l’assassinat d’Étoile Mélopée. Personne ne sait. Personne ne sait la vérité. Personne ne sait que leur ancienne meneuse a été prise au piège dans un plan qu’avec préparer plusieurs chats, et que Aube de la Mort en faisait partie. Personne ne sait et je suis prête à parier que jamais personne ne saura la vérité entière. Ange Brisée qui a été bannie et ensuite la vérité qui a été lancée sur Étoile de Lave. Mais jamais l’histoire tout au complète ne serait dévoilée. Je me serais faite un plaisir de le faire et je sais que Nuage de Poussière aussi : Étoile de la Mélopée était son mentor et il l’a toujours admiré. Si un jour on peut, on le ferait. Je lui en parlerais. Il ne faut pas que j’oublie de lui en parler.

Fragment de Neige. Ce nom résonne encore dans ma tête. Il ne me lâche pas, il me poursuit, sans relâche. La maladie de l’amour est incurable et le premier amour ne meurt jamais. Dans tous les cas, de mon côté, car lui, il m’a remplacée. Il m’a remplacée. Il est tombé en amour avec une autre guerrière, il continue d’observer les autres femelles, il m’a laissée de côté dans son coeur. Je ne suis plus la femelle qui fait battre son coeur, je ne suis plus son amour ni même rien. Je suis reléguée au plan de souvenirs douloureux qui reviennent quand la pluie s’acharne sur la forêt alors que moi, moi, je continue encore et toujours de le regarder et de me dévouer entièrement d’amour à son égard. Comme toujours. Comme avant. Et surtout, pour toujours. Vivante ou morte, je n’ai jamais pu voir autre chose que le pelage de ce mâle, que le caractère et les paroles de cet être. Je n’ai jamais rien pu voir d’autre que Nuage du Flocon et Fragment de Neige. Je n’ai jamais pu faire autrement que de le regarder, que de l’observer de loin et de l’admirer, de me consumer d’amour à son égard tant et aussi bien que j’ai plus d’une fois penser à partir pour ne plus ressentir la douleur si familière quand son regard passait sur moi sans même me remarquer. À chaque fois que j’étais là, debout et effacée, et que son regard glissait sur ma personne sans s’arrêter, je me sentais un peu plus mourir de l’intérieur, je me sentais encore moins importante. À chaque fois, à chaque instant où ça se confirmait que je n’étais rien pour lui, je me sentais encore plus insignifiante et cette souffrance menaçait de faire exploser mon coeur. Et pourtant… et pourtant, je n’ai jamais cessé d’aimer Fragment de Neige.

Il ferait un bon chef, Fragment de Neige. Certainement davantage que celle qui va se retrouver à recevoir ses vies maintenant. Je m’approche du lieu. Je ne peux pas faire autrement, je ne peux pas me défiler, je ne peux pas dire que je refuse, je ne peux pas parce que c’est mon devoir et que pour une fois, j’aimerais pouvoir faire quelque chose. J’aimerais pouvoir agir, j’aimerais pouvoir être. Je ne veux pas encore fuir, je ne veux pas encore être une féline trop hésitante qui n’est pas capable de parler à ceux qui lui font peur ou qu’elle admire, ou qu’elle aime. Je ne veux plus être comme ça. Je veux changer. Je dois changer. Même s’il est trop tard pour tout arranger parce qu’on ne peut pas retourner dans le temps, parce qu’on ne peut pas changer le temps. Je l’aurais fait, si on avait pu. Je l’aurais fait sans la moindre hésitation pour une fois pour pouvoir vivre cette histoire d’amour qui aurait dû pouvoir éclore un jour. Mais nous n’étions rien d’autre qu’une promesse destinée à être brisée. Je m’avance. Un peu après l’autre. Et il me manque tellement que je ne sais pas quoi me dire. J’aurais dû et les regrets me tuent alors que je suis déjà morte, alors il est à peu près difficile de m’achever encore plus. Sauf que c’est exactement la sensation que je peux ressentir quand je m’imagine ma vie à ses côtés.

Mais lui, lui, il a refait sa vie. Lui, il a pu avancer. Lui, il a pu m’oublier. Il est tombé en amour avec une autre femelle, une autre féline. Et même… Fragment de Neige a eu des chatons avec Bourrasque Hivernale. Je ne suis définitivement plus qu’un simple souvenir pour ce mâle, pour celui pour qui j’aurais même donné ma vie si on m’en avait laissé l’occasion. S’il avait pu me rassurer, je lui aurais prouvé. Je lui aurais prouvé que je pouvais être la meilleure compagne du monde entier, je lui aurais donné tout l’amour que j’éprouve pour lui, je l’aurais comblé et j’aurais vu sur son visage se dessiner un sourire et j’aurais souris à mon tour. Les larmes seraient parties, elles auraient séchées et la douleur se serait apaisée. On aurait vécu. Mais le temps a oublié de nous donner une chance et il est venu effacer ma présence dans la mémoire vive de celui pour qui moi je continue de brûler. Je donnerais toujours et encore tout pour le revoir, pour l’aimer, pour sentir son odeur et entendre sa voix. Je donnerais toujours et encore tout pour être la seule raison du sourire qui brillerait dans les yeux de celui pour qui l’amour que j’éprouve coule dans mes veines. Je ne l’oublie pas. Je ne l’oublierais pas. Et je ne pourrais jamais le remplacer. Je ne pourrais jamais effacer sa voix de mes oreilles, son visage de mes yeux, ses paroles de son esprit, son toucher de sur mon pelage. Je pourrais encore avoir cette impression qu’il se retrouve tout près de moi.

Et l’arrivée de cette femelle brise le flot de pensées qui me tourmente depuis toujours. Je la regarde et je me retiens de soupirer. Je n’ai pas envie de lui donner une vie. Je n’ai pas envie qu’elle ait accès au trône, je n’ai pas envie de mettre en danger mon ancien Clan et encore moins envie de mettre en danger Fragment de Neige en plaçant une telle féline à la tête du Clan dans lequel lui continue de vivre. Fragment de Neige ne devrait pas avoir à craindre pour sa vie, non. Je refuse qu’il ait peur. Il ne devrait pas avoir peur et en ayant cette traîtresse à la tête, comment ne pourrait-il ne pas avoir peur ? Ah, oui, c’est vrai. L’histoire complète n’est pas révélée. Sauf que je ne veux pas que mon amour, cet amour que je continuerais toujours d’avoir dans tout mon coeur et mon âme, se retrouve en danger. Il ne mérite pas ça. Il mérite un Clan en santé. Il mérite d’être certain que tout ira toujours bien, il mérite le bonheur. Je ne veux pas que Aube de la Mort succède à Étoile de Lave. Une meneuse qui n’est pas mieux que son ancien meneur et qui vient menacer le Clan dans lequel Fragment de Neige vit. Cet être que j’ai aimé et puis ensuite perdu. Et le simple fait de savoir que j’ai tout perdu de ce mâle fait si mal que je ferme brièvement les yeux. Pourtant, je ne peux toujours pas vouloir le voir être dans un Clan menacé par une féline qui n’a rien d’une meneuse à mes yeux. Parce que je continue de l’aimer et qu’il est tout pour moi, ce félin. Je l’aime de tout mon être et de chaque petite fibre de mon corps, chaque petit recoin de mon âme et je sais, je sais que je ne pourrais jamais faire autrement que de l’aimer, que de me dévouer pour lui et de sentir mon esprit brûler d’amour à son égard, d’un amour qui n’est même plus réciproque. Parce qu’il a aimé et qu’il a eu une portée, que Petite Promesse a des frères et soeurs, même si la mère n’est pas la mère et parce que je l’aime encore.

Je lui pardonne.

Je regarde Aube de la Mort qui vient d’arriver et je ne me sens pas prête du tout à lui donner la moindre vie, parce que je ne veux pas qu’elle possède son nom de meneuse et que je ne veux pas qu’elle accède à ce rôle, à ce rang. Parce qu’elle ne le mérite pas.

Parce que je l’aime encore.

Je veux le protéger, mais je ne peux pas le faire. Je n’ai pas la choix, je dois lui donner une vie et avec l’aide des autres chats, je dois lui accorder le rôle qu’elle s’attend sans aucun doute à recevoir. Sauf que moi, je sais que je mène le Clan de mon amour à sa propre perte en acceptant qu’elle monte en grade. Les autres, les autres, ils préfèrent se dire que rien ne sera pire que l’Alliance Vent-Tonnerre. Ils ont tort. Aube de la Mort n’est pas mieux que les deux autres ni même pire, mais certainement pas mieux et je n’ai pas hâte de voir le lieutenant qu’elle se décidera de choisir dès qu’elle retournera au camp avec ses vies et son nouveau nom. Je crains de voir ça. Je frémis et j’observe les autres chats du Clan des Étoiles. Je vois la mère d’Aube de la Mort qui s’approche de sa fille. La future meneuse ne nous aperçoit pas encore, je crois, pas que ça m’importe vraiment. J’aurais vraiment aimé que cette nomination n’ait pas lieu pour protéger mon amour de toujours. J’aurais tant aimé voir cette future meneuse disparaître et ne jamais avoir à m’approcher pour lui fournir une vie, mais malheureusement, elle est toujours là, tangible en quelque sorte et j’écoute ce que sa mère lui dit. Je ne suis pas d’accord. Je ne trouve pas Aube de la Mort belle. Je la trouve seulement cruelle et le cruauté rend son apparence affreuse, même si personne d’autre ne pourrait sans doute être d’accord avec moi, sauf peut-être cet apprenti, celui qui souffre du plan de mort qui avait été dirigé envers Étoile de la Mélopée. Ici, on sait. On sait que cette défunte meneuse n’est pas vraiment défunte, seulement déchue. Parce que Nuage de Poussière l’observait. Parce qu’il la vue se relever. Mais elle a quitté nos cieux. On ne peut plus la voir. Alors nous avons qu’à espérer, lui et moi, qu’elle est toujours vivante. Parce qu’elle était gentille, comme meneuse, même si je n’ai jamais osé l’approcher. Trop hésitante.

Je me dis que je ne comprends pas pourquoi sa mère est fière d’elle, mais ensuite je me dis que c’est le propre d’un parent et je ne suis pas capable de m’imaginer un jour seulement renier Petite Promesse peu importe ce que celle-ci pourrait finir par faire. C’est ma fille et je l’aime tout autant que j’aime Fragment de Neige même si la honte me remplit à chaque fois que je pense à cet abandon. Je ne peux pas oublier chacun de mes gestes, chacune de mes erreurs, je ne peux pas oublier la souffrance et la tristesse de mon âme ni encore ce désir cuisant de tout recommencer, de tout refaire et de voir un différent scénario s’offrir à moi. Je ne peux pas oublier.. non. J’entends alors la mère de la future meneuse lui donner l’audace et je me demande si vraiment elle en a de besoin. Aube de la Mort n’a besoin de personne pour oser, pas vrai ? Et puis je peux voir une larme couler sur les joues de la lieutenante du Clan de l’Ombre. Elle n’est pas si sans coeur, finalement. Je suis toujours là, laissée à moi-même. Je suis toujours là, ne voulant pas le faire et je suis toujours, dans mon bain de douleur émotionnelle tandis que des larmes se décident de franchir la barrière de mes yeux. Fragment de Neige me manque et je m’en veux de ne pas pouvoir lui en vouloir de me remplacer parce que j’aurais dû être là. Je lui ai pardonné. Depuis longtemps. Même si à un certain moment, je n’ai pas pu faire autrement que de lui en vouloir d’aimer quelqu’un d’autre que moi. Sa mère la laisse et je peux savoir que la lieutenante réalise enfin qu’elle n’est pas seule, que nous sommes là. Que nous sommes tous là. Physiquement du moins. Parce que moi, je suis bien loin dans ma tête, je suis aux côtés du guerrier pour qui je tombe en amour chaque jour.

Je vois une ancienne guérisseuse s’approcher alors d’Aube de la Mort et je ferme brièvement mes yeux pour tenter de me soustraire à la souffrance que cause la honte et les regrets. Je suis perdue dans cet océan d’amour dans lequel est venu se mêler le pardon et je sais, je sais quelle vie je vais donner à cette meneuse. Une vie dont elle a cruellement de besoin. Au final, elle a besoin de beaucoup de qualités, celle-là. Contrairement à certains autres meneurs qui sont passés avant elle. Oh, Pelage de Lave en avait eu besoin tout autant. Ces deux-là se valent bien et j’ai toujours aussi peur pour le Clan de l’Ombre et encore plus peur pour le guerrier avec qui j’aurais pu passer toute ma vie si les choses avaient été autrement. Sauf que ça n’avait malheureusement pas été le cas. La guérisseuse dont j’ai oublié le nom lui donne la persévérance et je me demande encore une fois si elle en a vraiment de besoin. C’est vrai ! Elle est là, aujourd’hui, alors c’est qu’elle est suffisamment persévérante. La patience et la justice sont les deux autres vies données par deux chatons et maintenant, c’est à mon tour.

Je la regarde et j’hésite quelques secondes avant de m’avancer. Je ne dois plus hésiter. Si je n’avais pas hésiter, Fragment de Neige serait aujourd’hui encore à moi, il n’aurait pas eu cette portée avec Bourrasque Hivernale et Petite Promesse serait née dans le Clan de l’Ombre. C’est fini, je ne dois plus hésiter. Je ne dois plus être cette femelle qui ne sait pas, qui n’ose pas, je ne dois plus. Alors je m’avance et mon pas se fait décider. Si j’avais été comme ça avant, ma vie n’aurait pas été la même. Je serais une guerrière auprès de mon amour et on aurait plusieurs chatons peut-être. Alors j’avance et je continue de penser à la vie que j’aurais pu avoir si je n’avais pas été aussi craintive, aussi timide et ça fait toujours aussi mal de changer la vie, de revoir, de refaire des scénarios et de se demander si ça n’aurait pas été mieux tout en sachant que oui, ça aurait été définitivement mieux.

« Je doute que tu te souviennes de moi, Aube de la Mort, je suis Nuage du Jade. »

Je n’étais rien. Toujours effacée. Je n’étais rien. Toujours partie. Ancienne apprentie de l’ancienne lieutenante, mais qui s’en est réellement soucié ? Personne, sans aucun doute, si ce n’était l’ancienne lieutenante elle-même et la meneuse pour qui j’étais peut-être un peu plus qu’une pauvre petite apprentie qui n’a rien. Je ne sais pas, peut-être que pour ces deux-là au final, j’étais toujours une honte, une apprentie qui ne ferait jamais honneur au Clan de l’Ombre. Peut-être. Je regarde la future lieutenante et je ne veux toujours pas le faire. Mais je vais me lancer. Je dois me lancer. Je ne dois plus jamais hésiter. Parce que l’hésitation entraîne les regrets et les regrets tuent.

« Avec cette vie, je te donne le pardon. Utilise-la à bon escient pour pouvoir avoir un regard éclairé sur les actes des chats qui traverseront ta vie et apprendre que l’erreur est possible et excusable. »

Je m’étire et pose mon museau sur le sien. Dans cette vie, j’y mets toute ma douleur lorsque j’ai compris qu’il a aimé, qu’il est tombé amoureux d’une autre, j’y transmets ma haine et ma honte, j’y transmets tout l’amour que j’éprouve, l’amour qui tue, l’amour si douloureux qu’on pourrait vouloir ne plus le ressentir. J’y transmets toute ma tristesse qui noie. J’y transmets toute ma douleur. Je me revois courir pour échapper à la honte et je revois Fragment de Neige me retrouver. Je le revois poser son museau contre le mien. Je nous revois ensemble. Je me revois fuir pendant la nuit. Je revois la naissance et je me revois devant le monstre. J’y transmets toute ma peur. Je me revois le regarder de haut pendant que Bourrasque Hivernale met bas et j’y transmets toute la douleur que j’ai ressenti quand je me suis sentie trahie. J’y transmets tout et je pleure. Je me recule, le visage ravagé par les larmes et je la laisse là, je retourne dans les rangs des autres guerriers étoiles. C’est fini. Elle ne comprendra sans doute jamais toutes les émotions que je lui ai transmise, toute la puissance de celles-ci.

Elle ne saura sans doute jamais.
L’amour à sens unique qui perdure.
Inconditionnel.
Et le pardon.

|| C’EST FAIT ! Juste pour dire : ce n’est pas du tout une vie qui est douce. Jade a transmis toute la puissance de ses émotions qui sont… très puissantes et épuisantes. Je te laisse retranscrire ça comme Aube pourrait le ressentir, mais c’est pas une vie qui est douce, pas du tout. Malgré ce à quoi on pourrait s’attendre avec le pardon. Ensuite, euh, oui, si tu veux - ça s’est déjà fait dans LGDC - Aube pourrait apercevoir des fragments de souvenirs de Jade. *sisi* ||
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