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Are you still breathing ? [Ft Luny]



 

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Himoya
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message posté par Himoya, Dim 27 Mai 2018 - 17:08

Aujourd'hui, Himoya se sent préoccupé. Troublé serait le mot le plus juste. Cela fait quelques temps que ses nuits sont troublées et que le sommeil s'avère difficile à trouver. Une lune et des jours à vrai dire. Il n'a pas compté le nombre de jours, refuse de le faire. Il a conscience que cela ne ferait qu'aggraver sa propre culpabilité. Quelque part, il a l'impression d'être responsable de ce qu'il s'est passé. Il se dit que peut-être, s'il avait été un peu plus présent, Avelyos ne serait pas morte. Peut-être que s'il avait été plus acharné il aurait pu aider Olosis et Montagne à trouver un remède pour sa soeur. On pourrait refaire le monde avec des "si" et des "peut-être" mais il s'en fiche bien, lui tout ce qu'il veut c'est revoir sa soeur et s'excuser. Il a l'impression d'être en partie responsable de tout ça. Comme si, lorsqu'il était dans le ventre de sa mère, il avait pris toutes les bonnes cellules pour lui et n'avait rien laissé pour ses soeurs. Comme si c'était à cause de lui qu'elles étaient malades. Il s'en veut. C'est peut-être bête et il en a bien conscience mais il s'en veut. Et aujourd'hui, après une nouvelle nuit au sommeil pour le moins agité, la culpabilité fait rage dans son esprit. Il n'était même pas là. Lorsqu'Avelyos est morte, il n'était pas là. Où était-il ? Il ne s'en souvient plus. Sûrement à courir, jouer, piailler de joie avec les autres chatons, ceux qui ne sont pas malades, ceux qu'il peut toucher sans crainte. Là encore, un voile de culpabilité vient s'abattre sur le petit Himoya. Encore une fois, il songe à ce qu'il peut faire et pas ses soeurs. Il songe à ses privilèges qui ne devraient pas en être. À une chance qui n'en est pas vraiment une. Du moins pas à ses yeux. S'il le pouvait, il donnerait sa santé à Assalys. S'il le pouvait, il ferait revenir Avelyos. Mais il ne le peut pas et personne ne trouve de remède, même pas lui. Impuissant. Impuissant alors il compense avec ce qu'il fait de mieux, en rêvant. Il rêve d'un monde meilleur, un monde où les ancêtres sont cléments. Un monde où ses soeurs vont bien, où ils sont heureux tous les trois à jouer dans l'herbe, à cache-cache ou simplement à discuter de tout et de rien sous les étoiles illuminant un ciel infini. Himoya a plus de rêves que de souvenirs. Un jour, peut-être qu'eux-mêmes en deviendront. Que les rêves remplaceront ce qui est vrai parce que peut-être que tout finira par être trop dur à porter pour lui. Pour le moment c'est dur mais il veut être fort même s'il ne cache rien de ce qu'il ressent. Il a mal. Très mal, profondément dans son coeur. Il pleure, aussi. Mais il n'aime pas qu'on le voie pleurer même si, à vrai dire, il n'en ressent aucune honte. Il n'aime pas qu'on le voit pleurer parce qu'il ne veut pas qu'on le prenne en pitié. Ce n'est pas lui qui a besoin de soutien. Ce n'est pas lui qui a besoin d'être guidé, épaulé ou aidé. Lui, il a tout ce qu'il veut sauf une famille en bonne santé. Lui, il a tout ce que les chatons normaux ont. Lui, il a tout ce que ses soeurs n'ont jamais eu. Alors la plupart du temps, il pleure un coup puis ravale ses larmes et essaie de stopper le flux de pensées qui le ramène en arrière, dans les heures sombres, celles suivant la mort d'Avelyos. Celles où il s'est senti plus bas que terre. Les pires de son existence jusqu'ici. 
Plus le temps avance, plus il a l'impression de n'être rien de plus qu'un égoïste. Il n'est toujours pas allé voir Assalys. Oh, il lui parle de tout et de rien, comme toujours. Lui offre des sourires aussi sincères que possible mais e lui dit rien de ses tourments. Il pense qu'elle a déjà bien assez à faire avec les siens alors, pour une fois, il préfère se taire. Mais aujourd'hui, il ressent le besoin d'aller la voir et de lui parler de ce qui importe vraiment. Va-t-elle bien ? Comment se sent-elle ? Lui en veut-elle autant que lui-même s'en veut ? Ces questions tournent en boucle dans son esprit depuis son réveil, jamais ne s'arrêtent, ne cessent de le tourmenter et c'est peut-être elles qui l'ont poussé à venir à la rencontre d'Assalys. Ça et le fait qu'il se sent à présent plus que jamais responsable de sa soeur. Un peu comme s'il n'avait plus qu'elle bien qu'il ait sa mère aussi. Mais sa mère, c'est différent. Sa mère n'a pas son âge et sa mère est le flambeau de la Troupe. Elle est déjà bien occupée par ses responsabilités et son acharnement à vouloir trouver un remède pour sa dernière fille restante, Himoya estime qu'il n'a pas à l'ennuyer avec ses états d'âme.
Après tout, il est bien portant non ?

« Je suis désolé de ne pas avoir été là quand... quand elle est partie. »

Il sait que ces quelques mots n'apaiseront pas la douleur que peut ressentir sa soeur. Comment le pourraient-ils ? Quelque part, peut-être qu'ils ne feront que la raviver. Mais Himoya ne sait pas trop comment s'y prendre. Pour s'excuser. S'excuser de ne pas avoir été là, de ne pas avoir pu veiller sur Avelyos comme il aurait dû le faire. De ne pas avoir pu lui offrir une vraie vie. Une belle vie. De ne pas avoir su la protéger assez bien. Pour toutes ces raisons, il est incapable de regarder Assalys dans les yeux et il sait que ce sentiment risque de durer quelques temps encore. Peut-être toute une vie. Ce même sentiment qui l'empêche d'esquisser ne serait-ce qu'un seul mouvement vers la seule qui lui reste encore. Il sait qu'il peut toucher Assalys. La frôler. Mais n'a jamais osé le faire. N'a jamais voulu prendre le risque de la briser. N'a jamais voulu prendre le risque de lui faire du mal.
De la tuer. 

« J'aurais dû... j'aurais dû être là. »

Oui, il aurait dû être là. Il aurait dû être auprès d'Avelyos lorsqu'elle est morte. Il aurait dû pouvoir lui souffler quelques mots avant qu'elle ne s'en aille rejoindre d'autres contrées. Il aurait dû lui dire "je t'aime" plus souvent, venir la voir plus souvent. Il aurait dû passer plus de temps avec elle, il aurait dû refuser d'aller jouer, d'aller s'amuser alors qu'elle ne pouvait même pas respirer convenablement. Il aurait dû être un meilleur frère. 
Mais il n'a rien fait de cela.

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Assalys
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message posté par Assalys, Lun 28 Mai 2018 - 19:03



we're not breathing anymore, you and me, we're just half way to death pretending being okay but eating up by our feeling of guilt


Assalys ¬ Himoya

She shaid her body held a monster
and she needs help trying to fight it
and she kne it when he crossed her
that it was wrong but she could right
and she took my hand


Il pleut.
Plic ploc.
Les gouttes tombent et s’écrasent dans un bruit sourd.
La pluie est forte.
Plic ploc.
Mais il ne pleut pas vraiment, seulement dans le coeur de la statue de glace.
Cette fois-ci, Olosis ne peut pas calmer l’ouragan, cette fois-ci, la petite fée glacée est seule, seule avec la pluie, seule avec l’orage, avec les sentiments qui ne peuvent être calmés, qui ne peuvent être apaisés. La mort est venue. La mort est repartie avec une âme qui tenait entre les pattes de cette petite. Une âme si précieuse s’est envolée et elle ne peut pas la récupérer. Elle ne peut que pleurer sa perte, pleurer son absence, s’enfoncer dans l’égoïsme du manque qui la creuse sans qu’Olosis ne puisse l’aider, cette fois. Olosis a toujours été là. Olosis a toujours tout fait pour elle, mais pour une fois, Assalys se retrouve entièrement seule à devoir lutter contre des émotions qui n’appartiennent qu’à elle et que seule sa famille peut comprendre, seul Himoya peut comprendre, seule Asuna peut comprendre. Mais petit être de verre se renferme sur elle-même, ne dit rien, chérie la douleur comme elle chérissait sa petite soeur, sa tendre soeur, son oreille attentive. Celle à qui elle comptait le monde et ses milles couleurs. Maintenant, elle avait la nuit pour compagnie. La nuit n’est pas sa soeur et ne le sera jamais. Alors elle reste. Elle reste dans son coin dans la tanière des familles, elle reste et elle ne bouge pas, elle reste et elle meurt doucement, parce qu’on meurt tous chaque jour, chaque seconde, on se rapproche de la mort à chaque instant, alors elle se laisse mourir, et elle attend. Elle attend doucement, lentement, elle attend et ne fait plus rien d’autre qu’attendre. Attendre que le temps passe, que la vie fasse les siennes qu’elle se décidait de devoir faire, attendre toujours.

Attendre.
Pour toujours.
Jusqu’à mourir, ne plus vivre.
Attendre.
Jusqu’à ce que son souvenir s’efface.
Jusqu’a ce que les mémoires l’oublient.
Jusqu’à ce qu’elle soit seule.
Entièrement seule avec sa rancune,
Avec sa haine des autres,
Sa tristesse intense,
Sa culpabilité cuisante.

Elle ne peut rien faire d’autre, elle ne peut pas jouer, ne peut pas courir, ne peut pas vivre comme ceux qui l’entourent, alors elle se mure dans son silence, silence aussi glacée que ses os de verre, silence qui s’éternise depuis qu’Avelyos n’est plus là pour écouter ses lamentations, écouter sa soeur refaire le monde jusqu’aux petites heures du matin, parce qu’Assalys a toujours su que sa soeur avait les oreilles grandes ouvertes et que tous les mots prononcés s’enregistraient dans le cerveau de celle vivant en permanence avec les botanistes et guérisseurs, mais personne n’a pu la sauver. Personne n’était là. Personne n’était là quand son dernier souffle s’est évanoui. Personne sauf elle. Elle qui s’était endormie. Elle qui avait vu le temps filer et qui avait perdu le fils des heures parce que le sommeil s’était emparé d’elle. Elle ne veut plus dormir avec qui que ce soit. Elle ne veut plus d’un corps chaud près d’elle pour s’endormir de crainte de se réveiller le lendemain avec un corps glacé à la place, et elle ne dort plus beaucoup non plus, le sommeil est devenu un ennemi à battre, à vaincre, un ennemi qu’elle déteste plus que tout. Elle est désormais condamnée à vivre avec la peur par-dessus tout le reste. Vivre avec la peur. Vivre avec la douleur et le ressentiment. Vivre alors qu’elle ne vivait pas, survivait seulement avec la maladie qui la détruit au-delà de l’imaginable. Si dur de vivre à l’écart des autres, si dur de vivre sans être comprise, si dur de vivre tout simplement quand on n’est pas normal, quand un mal mystérieux s’est imposé dans la vie. Trop dur peut-être même pour la petite femelle avec le blanc des yeux bleus, petite femelle bien différente des autres. Petite femelle trop différente peut-être même pour les autres.

Plic ploc.
La pluie continue de tomber dans son coeur et dans son âme.
Plic ploc.
Son coeur bat à ses tempes et la solitude la dévore.
Plic ploc.

Elle se sent seule depuis qu’Avelyos est morte. Himoya vient la voir, mais il ne lui parle pas sincèrement, il est quelque peu distant et elle ne peut pas s’empêcher de se sentir encore plus seule ainsi. Elle le sent. Elle sent ce que les autres ne veulent pas lui dire, sauf qu’elle ne dit rien et elle les laisse mourir dans leurs tourments sans rien faire de plus que de le savoir secrètement. Ce n’est sans doute pas ce qu’il faut faire, mais c’est tout ce qu’elle parvient à faire elle. Après tout, elle est toujours coupée du monde, des autres. Alors elle ne sait pas comment agir. Avec les autres. Il y a juste avec Olosis qu’elle ne s’encombre pas de toutes ses questions et ses interrogations, à toujours se demander si elle faisait bien, si elle disait ce qu’il fallait dire, si elle n’était pas de trop, si ça et ça. Trop de questions dans sa tête en présence des autres, questions qui ne s’en allaient pas. Et quelque chose en elle lui crie qu’elle a manqué tout. Tout ce qu’elle aurait dû savoir. Tout ce qu’elle aurait dû voir. Elle a ce sentiment d’une déchire encore plus intense qu’elle ne peut expliquer, un murmure de la Terre et de l’Eau peut-être, mais ceux-là en ont rien à faire d’elle. Elle se considère seule. Sans personne pour veiller sur elle. Totalement et entièrement seule. Tristement seule. Elle lève la tête alors et voit Himoya qui se dirige vers elle. Le voir là ne peut que lui faire penser que lui est bien portant. Lui est la fierté de leur mère. Elle, elle n’est que déception. Elle, elle n’est rien et ne deviendra jamais rien pour la Troupe. Elle ne vaut rien. Petit microbe. Elle n’a pas de valeur et elle ne voit pas comment sa mère pourrait voir les choses autrement. Petite fée fragile dans une famille dont elle tâche la réputation. Assalys était bien allongée sur le sol, dans sa douleur, dans sa culpabilité, dans sa rancune, elle était allongée quand Himoya lâche ces quelques mots qui bouleversent tout le monde de cette petite féline de glace, petite princesse de glace et une larme roule sur son pelage. Il est désolé. Elle l’est aussi. Il lui fait part de ses regrets et elle les ressent vivement, incendie qui ne fait rien fondre tout au fond d’elle. Ils le sont tous les deux, désolés et pleins de regrets, et la famille a éclaté. Elle se lève doucement et s’approche de lui. Elle pose sa tête contre son épaule doucement, délicatement. Elle se laisse aller. Toutes les larmes qui n’ont pas voulu couler. Les écluses sont ouvertes. Elle pleure sans arrêter, silencieusement.

Plic ploc.
La pluie qui s’intensifie.
Plic ploc.

Elle partage le mal-être de son frère, elle partage sa douleur et sa culpabilité, elle partage les ressentiments qui creusent le coeur de celui qui partage son sang. Même si elle a été là, même si elle était aux côtés de sa soeur ce fameux jour, elle n’a rien pu faire pour la sauver. Elle n’a rien pu faire : elle dormait. Elle n’a rien pu faire : elle est impuissante. Tout autant qu’elle est impuissante à pouvoir se sauver elle-même. Un mal s’est abattu sur elles et il ne veut pas partir. Il en a emporté, et elle ne sait pas quand elle sera la prochaine. Un jour. C’était évident. Un jour. Elle allait mourir. Elle n’est pas éternelle. Elle ne le sera jamais. Elle pleure et pleure et elle ne s’arrête pas, elle n’y arrive pas, elle s’épanche de toute la douleur retenue dans son coeur depuis ce réveil et elle s’épuise doucement. « Ça n’aurait rien changé, Himoya… ça n’aurait rien changé que tu sois là. Elle a juste cessé de respirer. Tu n’aurais rien pu faire.. je n’ai rien pu faire.. Himoya je t’en prie, ne t’en veux pas, tu n’aurais rien pu faire.. Himoya... » Elle ne pleure plus. Elle reste posée si délicatement contre son frère. Respiration saccadée. Elle s’en veut. Elle ne fait jamais rien pour apaiser les remords de son frère, elle le rejette parce qu’il est bien vivant, ce n’est pas de sa faute, il n’a pas demandé ça, mais la rancune s’intensifie de jour en jour dans son coeur et elle essaie. Elle essaie. Elle s’en veut. Voix qui a fini dans un souffle déchiré. Un murmure épuisé.

And I said, please put up your fists,
put on a smile and blow them a kiss
'Cause darling you're nothing but brave
and I know that you can be saved

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Himoya
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message posté par Himoya, Mar 5 Juin 2018 - 19:42

Himoya reste immobile alors qu'il observe sa soeur se lever pour venir se lover tout contre lui, sa tête nichée dans le creux de son épaule. Il a vu une larme rouler sur la joue d'Assalys et aurait aimé pouvoir se précipiter contre elle pour l'empêcher de pleurer. L'empêcher d'être triste. Parce qu'il ne sait pas s'il sera capable d'encaisser une telle scène. Pourtant, c'est ce qu'il est bien obligé de faire alors qu'il la sent trembler contre lui. Alors qu'il sent ses larmes tremper son pelage noir. Assalys se laisse aller tandis que lui prend une grande inspiration, fixant un point lointain droit devant lui pour ne pas perdre pied, pour ne pas pleurer. Pour être fort. Pourtant, malgré lui, il sent les larmes perler au coin de ses yeux bien qu'à aucun moment il ne les laisse s'échapper. 

« Ça n’aurait rien changé, Himoya… ça n’aurait rien changé que tu sois là. Elle a juste cessé de respirer. Tu n’aurais rien pu faire.. je n’ai rien pu faire.. Himoya je t’en prie, ne t’en veux pas, tu n’aurais rien pu faire.. Himoya... »

Elle a juste cessé de respirer.
Elle est juste partie.
Rien de plus.
Pourtant ça fait si mal. 
Peut-être que s'il avait été là, Avelyos se serait sentie moins seule, non ? L'aimait-elle comme lui l'aimait ? Il ne le saura jamais. Il ne peut pas ne pas s'en vouloir, cela lui est impossible. Comment faire pour ne pas avoir cette culpabilité lui enserrant le coeur à chaque instant ? Il ne peut pas faire autrement. La culpabilité est là. Depuis le début. Depuis sa naissance. Depuis l'annonce des maladies de ses soeurs. Et aujourd'hui, elle l'étouffe. Elle l'étouffe parce qu'Avelyos est morte et qu'il n'était pas prêt à affronter cette perte déchirante. Il ne l'aurait jamais été de toute façon.
On ne l'est jamais.

« J'aurais voulu... J'aurais voulu lui dire au revoir tu sais. Être un bon frère. »

Être là pour Avelyos comme il aurait dû l'être. Être là pour Assalys comme il devrait l'être. Porter sa famille comme il devrait le faire. Faire son deuil, accepter la mort de sa soeur. Aller mieux. Mais comment ? C'est impossible, inconcevable pour lui. Parce qu'il n'a même pas pu lui dire au revoir. Il n'a pas pu la serrer dans ses bras, tout contre son coeur. Il n'a pas pu sentir son odeur une dernière fois, croiser ses yeux une dernière fois, la toucher pour la dernière fois, l'entendre pour la dernière fois. Non, il n'a rien pu faire. Et maintenant il a peur. Il a peur d'oublier sa petite soeur. Il a peur que son souvenir finisse par s'évanouir de sa mémoire parce qu'il n'aura pas pu lui faire ses adieux correctement. Il a peur d'oublier jusqu'au nom d'Avelyos alors qu'en même temps, une partie de lui-même sait bien que c'est impossible. Il ne l'oubliera jamais. Tout comme il n'oubliera jamais cette douleur lancinante qui lui déchire le coeur.

« Je m'en veux tellement, si tu savais... »

Mais peut-être qu'elle le sait. Ou peut-être que non. Comment pourrait-elle connaître les tourments qui l'assaillent chaque fois qu'il joue dehors ? Chaque fois qu'il la voit à l'écart, sans bouger ? Elle ne peut pas. Peut-être qu'elle aussi lui en veut et elle aurait bien raison. Il s'en veut d'aller bien même si à l'intérieur rien ne va. Il a la sensation que rien n'ira plus jamais bien. Est-ce qu'il s'est seulement senti bien une fois dans sa vie ? Peut-être pas. Parce que la culpabilité est là depuis toujours, grande amie, zone d'ombre dans son organisme. Pire ennemie.
Vieille amie.

Like you´re my oxygen
Can´t help but rush right in
Hang on your every kiss
Couldn´t life just stay like this
Cause I can´t take a step
Without your tenderness

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Assalys
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message posté par Assalys, Mer 25 Juil 2018 - 20:46



we're not breathing anymore, you and me, we're just half way to death pretending being okay but eating up by our feeling of guilt


Assalys ¬ Himoya

A voice screaming from within
Begging just to feel again
Can’t find who I am without you near me
I’d give anything to live
Without you I don’t exist


Tic. Tac.
Tic.. tac..
Tic...tac...
Le temps s’est arrêté. La culpabilité les entoure, les serre, tandis que la princesse de glace pleure toutes les larmes de son coeur, se vide de toute eau salée, s’épuise jusqu’à avoir des soubresauts, une respiration coupée, saccadée. Le temps s’est arrêté. Ils ne sont plus qu’eux deux, eux seuls, alors qu’ils auraient dû être trois. Ils ne sont plus que deux et cette réalité transperce le coeur d’Assalys, l’ébranle, provoque une incendie à l’intérieur d’elle. Ils auraient dû être trois. Il en manque une, et elle ne reviendra pas, parce qu’on ne revient pas de la mort, on ne revient pas lorsque notre coeur a arrêté de respirer. Elle meurt. Doucement. Chaque seconde, elle se rapproche d’une mort que nul ne peut éviter. Et émotionnellement, elle meurt encore plus. Parce que plus rien ne va, plus rien ne va et tout semble bien aller. Le soleil va toujours se lever sur la terre, et se coucher, la nuit remplacera le jour, le jour remplacera la nuit. La terre va tourner, les novices deviendront chasseurs et les petits des novices. Sauf elle.
Sauf elle.
Elle est condamnée. Condamnée à n’être rien de plus que la pauvre petite princesse de glace que personne n’approche, que personne ne touche, que personne ne regarde. Trop faible pour avoir une quelconque valeur dans cette Troupe et pourtant, obligée d’y rester parce qu’elle dépend des soins des botanistes et parce qu’elle ne pourrait jamais abandonner Olosis. Jamais la laisser seule dans cette Troupe. Jamais se passer d’elle. Et elle ne pourrait pas laisser Himoya. Parce qu’ils étaient trois, ils sont deux maintenant. Et elle ne pourrait pas faire en sorte qu’ils soient un chacun de leur côté, ce serait cruel. Et elle se tuerait encore plus. Comment peut-on respirer et se sentir en même temps si morte intérieurement ? Comme un fantôme qui resterait quelque part en vie. Elle a cette sensation et son coeur menace d’exploser dans sa poitrine tandis que les larmes coulent encore sur ses joues, collée contre son frère, sentant son odeur si douce, si rassurante, si destructrice. Parce que lui est en santé. Parce que ce n’est pas l’odeur de sa soeur. Parce qu’elle ne pourra jamais plus parler de la vie la nuit à sa soeur. Parce qu’elle s’est endormie. Elle aurait jamais dû s’endormir. Elle aurait pu.. elle aurait pu aller chercher quelqu’un. Si elle ne s’était pas endormie.

Elle ne bouge pas, elle ne s’écarte pas, elle ne pleure plus, trop de larmes viennent de couler, pourrait-elle seulement encore un jour pleurer ? Elle se sent vidée, lointaine, et elle sait qu’une partie d’elle est partie en même temps que l’âme de sa soeur. Rien ne sera jamais plus pareil, est-ce qu’Himoya le sait ? Est-ce qu’il le sent, lui aussi, cette partie qui est morte, dans son coeur, dans son âme, cette partie qui s’est évanouie, envolée, qui n’existe plus ? Assalys ne sait pas. Assalys ne sait pas s’il sait, mais elle, elle le sent, parfaitement, entièrement. Ce vide lancinant, cette douleur épuisante, qui ne s’en va, mais s’amplifie de jours en jours, elle ne pourrait jamais l’oublier, jamais l’effacer. Elle aurait aimé. Ne plus rien ressentir. Elle reste contre lui alors qu’il parle, et elle aurait aimé, lui expliquer, tout ce qu’elle pensait, tout ce qu’elle ressentait, mais elle n’en a tout simplement pas la force. La culpabilité se mêle à la douleur de la perte et elle aimerait seulement fermer les yeux et ne pas se réveiller pour ne plus jamais affronter les émotions destructrices. « Je n’ai pas pu lui dire au revoir non plus… » Ils ne pourront jamais lui parler comme ils auraient voulu, ils ne pourrait jamais lui dire au revoir, jamais lui faire savoir à quel point elle était aimée, jamais savoir si elle en avait seulement conscience, de l’amour qu’ils lui portaient.
Et il l’achève. En quelques paroles.
Parce qu’elle sait.
Mais savoir et l’entendre sont deux choses différentes et qu’il vient de formuler ce qu’elle a bien compris depuis un moment : il s’en veut. Mais il ne s’en veut pas seulement de ne pas avoir été là, il s’en veut de tout ce qu’il peut faire et qu’elle n’a jamais pu faire, oui. Elle sait. Elle s’en veut aussi de lui en vouloir, elle s’en veut de ne pas réussir à passer par-dessus de la jalousie, elle s’en veut de s’être endormie, elle s’en veut d’être un poids, une honte, une pauvre petite tâche dans cette famille, elle s’en veut. Culpabilité monstrueuse qui empoisonne ses veines.
« Je sais… »
Ce n’est rien de plus qu’un pauvre murmure sans force.
« Tu n’es pas seul dans tout ça, Himoya.. »
Elle est là, elle aussi.
Et elle s’en veut.
Elle s’en veut et elle ne sait pas comment faire pour que ce sentiment s’en aille, s’efface, elle est encore une fois tout simplement condamnée à toujours s’en vouloir, traîner la culpabilité comme on traîne une cicatrice sur sa peau. Brûlée au fer rouge, mais invisible.

A part of me is dead
Need you to live again
Can you replace this ?
I’m hollow, hollow and faceless


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Himoya
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message posté par Himoya, Jeu 2 Aoû 2018 - 0:30

« Je n’ai pas pu lui dire au revoir non plus… »




Si.
En quelque sorte, elle a pu. Parce qu'elle était là alors que lui ne l'avait pas été. Et même si elle n'avait pas pu lui dire au revoir de vive voix, elle avait été aux côtés d'Avelyos. Assalys avait été une présence rassurante pour leur soeur arrivant aux portes de la mort alors que lui, Himoya, n'avait même pas été présent. Lui avait été ailleurs, trop occupé. Il était toujours trop occupé. Peut-être parce que dans le fond, il était toujours un peu mal à l'aise en présence d'Avelyos. Parce que sa culpabilité emplissait l'air à chaque fois qu'il était venu lui tenir compagnie. Parce qu'il s'en voulait de la veiller en pensant qu'elle allait peut-être mourir dans la nuit.
Parce qu'il s'en voulait d'être là, tout simplement.
D'être lui.

« Je sais… »

Et son murmure lui brise le coeur. Elle sait.
Elle sait qu'il s'en veut à un point qui dépasse l'entendement alors qu'il ne devrait pas. On ne devrait pas avoir à se sentir coupable d'être en bonne santé, on ne devrait pas souhaiter de mourir pour laisser les autres vivre, pas maintenant. Pas si jeune. Ce n'est juste pas normal. Pourtant, pour lui, c'est normal. Parce sue c'est ce qu'il a toujours connu et ce qu'il connaîtra toujours. Cette culpabilité lancinante d'être comme les autres. D'être capable de respirer, de se mouvoir, de sauter, de chasser, de se battre et ce, sans aucun problème. Oui, lui sera toujours comme ça. Capable de choses dont Assalys ne pourra que rêver. Et ça le tue. Sa soeur sait qu'il s'en veut mais elle ne saura jamais à quel point la culpabilité le bouffe. Il sait que, lorsqu'il sera sur le haut de fichu Promontoire pour son baptême de novice, il sait qu'il ne pourra pas sourire. Il ne pourra pas. Parce qu'Avelyos ne sera pas là. Et qu'Assalys ne pourra pas être là.Parce qu'il sera seul. Entouré de sa Troupe et portant plus seul que jamais parce que sa famille ne sera pas auprès de lui. Et il n'y pourra rien. Parce que le monde est profondément injuste et que lui n'est rien, rien de plus qu'un petit chaton bien trop insignifiant aux yeux du monde. Sa culpabilité n'est rien si on la compare a bien d'autres choses. Qu'est-ce qu'il peut faire ? Rien. Laisser le temps passer, se lamenter. Attendre l'opération du Saint Esprit. Et un jour il sera seul. Assalys mourra certainement avant lui et lui devra rester.
Pas pour lui. Parce que la vie sans ses soeurs ne vaut pas la peine d'être vécue. Mais pour sa mère qui ne doit pas avoir à enterrer ses trois enfants et pour son père aussi qui ne doit pas avoir à subir, de loin, la perte de ses trois enfants. Parce que les parents ne devraient pas voir leurs enfants partir au loin. Parce qu'Avelyos devrait toujours être là. Parce qu'Assalys ne sera jamais vraiment là.
Et qu'Himoya ne pourra jamais vraiment vivre heureux. Comment l'être ? Comment être heureux quand tout n'est que douleur et culpabilité ? Lui qui aime tant rêver ne parvient plus à voir quoi que ce soit de positif chez lui. Il aurait dû mourir. Il aurait dû être celui à la place de sa petite soeur, il aurait dû être malade, il aurait dû... Il aurait dû. Mais avec ces phrases on changerait le monde, on le peindrait en blanc et on serait tous heureux.
Mais le monde n'est ni beau ni blanc et Himoya n'est pas heureux. Loin de là.

« Tu n’es pas seul dans tout ça, Himoya... »

Alors pourquoi se sentait-il plus seul que jamais ? Pourquoi la culpabilité continuait de lui ronger le coeur de la sorte ? Pourquoi lui dire ça à lui, le seul bien portant, le seul normal ? Le seul.
Le seul mâle.
Le seul bien portant.
Le seul normal.
Le seul impuissant.
Et c'est à présent à son tour de se mettre à pleurer à chaudes larmes comme il ne l'a jamais fait devant sui que ce soit d'autre auparavant. Parce qu'il a beau faire le fort et vouloir protéger sa petite soeur, il n'est encore qu'un enfant.
Un enfant qui en a trop vu, qui a trop vécu.  Un enfant qui n'a jamais vraiment eu le temps de grandir, qui n'a jamais vraiment pu cultiver son innocence.
Un enfant.
Un enfant qui pleure, dont le corps est secoué de sanglots qu'il peine à retenir. Parce qu'il n'est rien d'autre qu'un enfant et que ça fait bien trop mal. Parce que c'est comme si on lui avait arraché le coeur, comme s'il ne pouvait plus respirer. Ce n'est qu'un enfant. Et il aimerait être aussi fort qu'il prétend l'être, il aimerait pouvoir être cette épaule infaillible sur laquelle sa soeur pourra pleurer mais même elle, ne comprend pas. Elle comprend, si. Mais pas tout, pas entièrement. Même au milieu de la foule il est seul. Même au sein de sa famille il est seul, comme absent de son propre corps, comme un visiteur dans son propre esprit.
Il est seul.
Peut-être qu'il ne pourra plus jamais respirer.

And if only I could hold you
You'd keep my head from going under

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by luny for lucie only


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