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Tel père, tel fils [ft. Hogna]



 

Tel père, tel fils [ft. Hogna]

Ray admine

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Raymsay
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message posté par Raymsay, Mer 4 Juil 2018 - 16:26

Tel père, tel fils
Je sais pas ce qui m’a pris. Franchement, quelle idée. Voler un chaton. Super père, ça, bravo, prix du meilleur paternel de la forêt. En vrai, je l’ai pas “volé”. Je le garde, on va dire. Ouais, c’est ça, j’suis sa nounou qui l’éloigne de ses parents déjantés. Raymsay nounou, on aura tout vu. Et puis, je suis de sa famille, enfin, il est de ma famille. C’est mon petit-fils, en somme. J’ai tous les droits sur lui. J’ai élevé son père, je peux très bien réitérer l’évènement. Sans faire de bêtises, sans faire de conneries, sans faire d’écarts, cette fois. Je m’en crois capable. J’ai déjà échoué une fois, mais j’apprends de mes erreurs. Ce fils, ce sera le mien. Le mien, et je l'élèverai comme il le mérite. Il a mon sang, il est de mon sang. Il peut être parfait. Certes, sa mère n’est pas stable mentalement, mais je l’en ai éloigné. Je l’ai tiré du danger. Physiquement, c’est un chaton fort, ça se voit. Il a de ma carrure, et semble posséder l’agilité de sa mère. Il est bien formé. Il faut que je lui apprenne à en tirer avantage. Ça ne sera pas bien compliqué, il part déjà avec de bons atouts. Je vais lui faire suivre un entraînement intensif. J’sais comment en faire une machine. Je sais ce qui l’aidera à se hisser au sommet, comme moi. Peut-être même au-dessus. Houh, il risque de progresser très vite. Très, très vite.

Je l’ai ramené près des abords de la ville. Là-bas, c’est trop sauvage, j’aurais pas pu veiller sur lui constamment. Ici, c’est mon territoire, je connais bien le quartier. Personne ne viendra l’emmerder, et je suis loin de l’Araignée de Liberté Éphémère. Je lui lance un regard. Il me ressemble. Il a ce brun dans son pelage qui vire au roux, tout comme moi. Ce n’est pas difficile de me faire passer pour son père. Enfin, je le suis, presque. Il a un quart de mon sang au lieu d’avoir la moitié, ce n’est pas si peu. Il marche déjà bien, alors qu’il n’est pas si vieux. À quand remonte son vol ? Un mois, un petit peu plus. Pas grand chose. Il doit en avoir trois, maintenant. Il n’est pas vieux. Il ne doit sûrement pas se souvenir de Liberté Éphémère. Surtout que ce dernier ne semblait pas très présent pour lui, quand je suis allé leur rendre visite. Ouais, trois lunes, c’est l’âge qu’il doit avoir. Sa mémoire efface peu à peu les derniers souvenirs qu’il a de son père, pour le remplacer par moi. Je ne peux être qu’un meilleur père pour lui. Tout le monde peut être un meilleur père que mon fils aîné. Moi, je suis juste le meilleur choix qu’il aurait pu faire s’il avait été en âge de choisir. J’ai choisi pour lui, et j’ai bien fait. Je suis son tuteur légal, de toute façon, tant qu’il n’est pas adulte, je décide pour lui. Qui sait quel choix tordu il pourrait faire.

Je crois que l’avoir fait changer d’air lui a fait oublier certaines choses. Certaines des horreurs auxquelles il a pu assister avec sa mère. Car mon instinct me dit que je n’ai vu qu’une partie de choses dont elle est capable. Peut-être la partie la moins sombre. Quelle tarée. Quelle famille de taré. Hogna me doit la vie, en somme. Je ne manquerai pas de lui rappeler si un jour il lui vient l’idée de se rebeller. De toute façon, tant qu’il ne connaît pas la vérité, il n’y a aucun risque. Rien qui pourrait troubler la vie paisible qu’il s’apprête à débuter. Il ne parle pas beaucoup, et ce n’est pas si mal. Il ne viendra pas me casser les oreilles. C’est un gamin sage. Réfléchi. Trois mois déjà et il n’a pas l’air fatigué alors que le soleil tape fort sur le béton de la ville, à tel point que certaines parties des rues ont légèrement fondu. Je veux le tester. Je veux tester sa résistance. Je veux voir s’il se plaindra, par la suite. Nous marchons depuis un moment déjà et nous n’avons toujours pas rencontré de source d’eau. J’ai ma petite idée. Je sais où en trouver, de l’eau fraîche, par cette chaleur. Mais d’abord, je veux voir ce que pensent ses coussinets du béton brûlant sur lequel il s’apprête à marcher. Allez, montre-moi que tu tiens le choc, gamin.
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Hogna
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message posté par Hogna, Sam 7 Juil 2018 - 13:20


Tel père tel fils


Ça fait bien une lune maintenant. Une lune, ce n'est pas beaucoup. Mais c'est suffisant pour oublier le passé. Il a presque tout oublié de sa vie d'avant, comme si elle n'avait jamais existé. Il a encore des souvenirs, des vagues souvenirs, de sa mère, d'une fratrie. Mais ils sont morts. C'est ce que lui a dit son père. Ils sont tous morts ; il ne lui a pas dit de quoi mais le chaton peut aisément imaginer. Renard, blaireau, chat errant, maladie, faim ; les causes peuvent être multiples. De toute façon il ne va pas tergiverser sur la mort de sa famille pendant toute sa vie. Il n'y a pas besoin d'en parler. Ils sont morts, voilà tout. Pourquoi devrait-il être choqué, triste, pourquoi devrait-il vouloir savoir de quoi ils sont morts ou tenter de les venger ? Ils sont morts et lui pas. Lui vit. Et pas pour pleurer le passé. Y a-t-il vraiment des gens assez stupides pour faire cela ? Pleurer ceux qui sont partis ?

Hogna dort. Maintenant il habite vers la ville de Bipèdes. Avec son père. Il ne sait pas si c'est loin de là où il était avant, puisqu'il ne s'en rappelle pas. Il sait juste qu'il y avait une forêt, sombre, à la noirceur opaque. Mais il y en a partout, des forêts que les rayons du soleil n'atteignent pas. Il y a une forêt non loin et ça pourrait très bien être elle, tout comme ça pourrait en être une autre. Peu importe. Il va rester ici. Elle est très bien, cette ville de Bipèdes. Surtout que pour le moment, ce n'est à ses yeux qu'une ville fantôme, parce qu'il n'a pas encore rencontré ces fameux Bipèdes dont son père parle parfois. Il sait seulement que leurs comportements diffèrent du sien, et qu'ils sont parfois étranges, mais ça s'arrête là. Il ne cherche pas à en savoir plus parce qu'il sait qu'il en rencontrera bien assez tôt et ils n'ont pas l'air intéressants. On ne peut pas les manger, ni les manipuler, alors à quoi bon ? Ce ne sont que des éléments du décor. Au même titre qu'un arbre ou qu'une montagne. Qui aurait l'idée saugrenue de se renseigner à propos d'un arbre ou d'une montagne qui ne peut ni parler, ni se mouvoir ? Eh bien pas Hogna, en tout cas.

Il est soudain forcé de se réveiller, parce que son père s'approche et qu'Hogna a le sommeil léger. Alors il s'éveille, s'étire rapidement, chasse le brouillard de ses yeux et de son esprit et voilà, il est parfaitement alerte, prêt à faire ce que son père lui demandera. Il faudrait qu'il apprenne à chasser et à se battre. Il faudrait qu'il soit en mesure de se débrouiller seul pour quitter Raymsay quand il jugera qu'il sera prêt. Si son père croit qu'il restera toujours le fils à papa qu'il est actuellement, il se trompe lourdement.

Hogna suit Raymsay qui se met en marche. Il ne sait pas où ils vont, mais ne pose pas de question. Peu importe. Il suivra son père sans remettre en question son ordre, puisque pour le moment, il a besoin de lui, et c'est plus prudent qu'il s'en remette à ses ordres. Il se souvient s'être toujours dit ça. Qu'il avait besoin de son père et que par conséquent, mieux valait ne pas le contrarier. Oui, il s'en souvient très bien. Ce serait stupide d'agacer Raymsay, et il en a bien conscience.

Ils marchent longtemps. Hogna sent le bitume écorcher ses coussinets. Il a mal. Mais il ne dit rien. Il se demande seulement où ils vont. C'est un peu idiot, de marcher sans but. Il ne trouve pas ça logique et c'est uniquement pour ça qu'il aimerait savoir où ils vont. Parce que quitte à marcher sans but, autant que ce soit à un endroit où ses coussinets ne le font pas souffrir. Et quitte à se faire mal sur la pierre et le goudron, autant que ce soit pour une bonne raison.

« Où va-t-on ? »

Et comme d'habitude, sa voix ne laisse transparaître aucune émotion, ni douleur, ni peur, ni fatigue. C'est une simple question comme il en pose parfois. Uniquement parce qu'il veut savoir.

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message posté par Raymsay, Mar 24 Juil 2018 - 0:42

Tel père, tel fils
Quelle folie. Je ne m’en remets toujours pas. Franchement, un bon coup de con que j’ai fait là. Encore heureux qu’il ait été sevré, d’ailleurs. Je sais pas comment j’aurais fait sinon. J’aurais bien galéré comme un débile avec un chaton réclamant du lait sur les pattes. J’aurais dû me trouver une bonne conne qui l’aurait nourri … Pff, pourquoi s’emmerder avec de telles pensées, puisque ce n’était pas arrivé ? Encore merci, il avait eu le bon âge. J’aurais pas pu tomber à un meilleur moment, franchement. Assez jeune pour pas que sa mémoire marche correctement et suffisamment sur le long terme, et assez vieux pour pas avoir à le nourrir comme un nouveau-né. Ouais, j’ai bien fait. J’suis assez fier de moi. Bon, ok, je suis particulièrement fier de moi sur ce coup-là. Même si j’avais prévu de tomber sur mon petit-fils, je n’aurais pas fait mieux. Personne n’aurait fait mieux. Je me débrouille super bien. Un parfait papa pour le meilleur des fils. Qu’est-ce qu’il est beau. Mais regardez-le ! Comme son père ! “Où va-t-on ?” il me demande simplement, de sa voix habituelle. Sa voix habituelle qui ne laisse jamais rien paraître. Même moi, mes coussinets me picotent. Le goudron, ça gratouille. Mais lui, rien. Pas une plainte, pas un pleur, pas un cri, rien. Jamais. Est-ce que j’aimerais qu’il fasse l’inverse ? Pas sûr. C’est un gaillard, mon fils. Il apprend la vie comme elle est dans ses pires moments. Dure, la vie est dure.

Peut-être que son mutisme va finir par me peser, sur le long terme. Parce qu’en vrai, j’suis un chat assez bavard. J’aime bien discuter, ça me dérange pas. J’suis pas une pipelette ou un moulin à paroles, juste que j’aime la parlotte, quoi. Et si Hogna continue de fermer sa gueule comme il le fait, la communication va être corrompue. Ce serait bien qu’il sorte un peu plus que ces quelques mots, à l’avenir. J’vais pas lui apprendre à faire la conversation non plus. Mais ça, je crois que c’est héréditaire. Parce que sa mère, là, la folle d’Araignée, elle a rien dit. Elle a jamais rien dit. J’crois pas qu’elle parle. Ça se trouve elle est muette, c’est pour ça que le pauvre Hogna sait pas discuter. C’est pas un environnement facile, aussi. Le pauvre. Encore une fois, il aurait pas pu mieux tomber. Je n’aurais pas pu mieux tomber. Je suis la meilleure personne de la forêt, de la ville, de la région, du monde sur qui il aurait pu tomber. Je m’en remets pas. La vie est bien faite, n’est-ce pas ? Bref. Il veut savoir où on va ? C’est tout ? C’est bien. Il s’est même pas plaint. Bonhomme, dis-donc. C’est les gènes, ça. Il est bien bâti, mon fils. Il sait ce que j’attends de lui sans même que je lui demande. Intelligent, fort et beau en prime, que demander de plus ? Je vous pose la question. Autant lui répondre. “On va boire un coup, il fait chaud. Ensuite, on chassera. Le programme de la journée est chargé, fils” voilà, l’information remonte rapidement. Et ce petit “fils” que j’aime lui caser. Oui, franchement, c’est bien mon fils. Le mien. Et à personne d’autre. Je suis son père. Le meilleur des pères. C’est toujours bien de lui rappeler. Au cas où il oublierait. Mais je ne pense pas qu’il puisse encore oublier. Je lui répète assez souvent. Le meilleur des fils.
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message posté par Hogna, Mar 24 Juil 2018 - 19:49

Ses stratagèmes ont marché. Raymsay semble fier de lui. Lui, son fils unique. Hogna ne se souvient pas s'il y avait d'autres chatons dans la portée. Il a des souvenirs vagues d'un frère mais il n'est pas là aujourd'hui, ce qui signifie qu'il est sans doute mort. Il doit être le seul à avoir survécu, ses frères et soeurs n'étant plus de ce monde, tout comme sa mère, apparemment. Mais c'est tant mieux pour lui ; comme ça, il a son père pour lui tout seul et son père n'a que lui, ce qui leur permettra de forger une relation dont Hogna pourra un jour tirer profit. C'est plus facile sans frères ni soeurs. Les frères et soeurs ne servent à rien, si ce n'est voler les ressources et en forcer le partage. On est bien mieux seul.

Est-ce que Raymsay l'aime ? Est-ce que sa mère l'aimait? Est-ce que c'est possible que qui que ce soit aime Hogna ? Il ne se pose pas ce genre de questions, en général même s'il arrive qu'il s'interroge à ce sujet. Les sentiments sont mystérieux pour lui. Il ne sait même pas se rendre compte que lui en ressent. Il ne croit pas qu'il aime Raymsay. Et il ne connaît pas suffisamment ce dernier pour savoir s'il l'aime, même s'il se doute qu'en tant que père, il a un moins de la sympathie pour lui. Sinon il ne l'aurait pas aidé. Sinon il l'aurait laissé crever avec ceux qui lui servaient de famille, qui ne le sont plus aujourd'hui. Aujourd'hui Raymsay est sa seule famille, et ça lui convient bien. Raymsay semble être ce qu'il y avait de mieux pour lui. Il l'est, même, à coup sûr. Heureusement qu'il l'a retrouvé et qu'il l'a adopté. Heureusement qu'ils sont là aujourd'hui, et pas ailleurs, sur le territoire de la mère d'Hogna.

« On va boire un coup, il fait chaud. Ensuite, on chassera. Le programme de la journée est chargé, fils. »

Raymsay a répondu à la question. Maintenant Hogna sait où ils vont. Ils vont boire. Tant mieux, il a soif et il est fatigué. Il lui semble qu'ils ont marché pendant des heures alors que ça ne semble pas faire si longtemps. Mais ça ne l'empêchera pas d'être capable de chasser. Il doit montrer qu'il peut, montrer qu'il est fort. Il a bien compris que c'était ça qu'il recherchait son père. Quelqu'un de fort. Qui ne se plaint pas, qui sait se battre, manipuler. Hogna est encore un peu jeune pour manipuler, mais bientôt, ça viendra. Comme un talent naturel, comme l'apprentissage de la chasse ou du combat. La manipulation, c'est inscrit dans ses gènes. Hogna est un manipulateur dans l'âme, comme son père, son père qui sera fier de lui. Et s'il ne l'est pas de lui-même, Hogna le rendra fier. Il le fera devenir fier.

« D'accord. » Une simple réponse, rien de plus qu'une approbation. De toute façon, ce n'est pas comme si on lui demandait son avis, il s'en rend bien compte. On s'en fiche de s'il est d'accord ou non, on le fera quand même. D'autant que ce sont deux choses importantes, vitales. Il faut bien chasser si on veut survivre, qu'on soit d'accord ou non ça ne change rien, il faut le faire. Tout comme il faut boire. Ils finissent par y arriver. Un petit lac, ou un étang, ça ne change rien, où coule une eau claire et potable. Hogna y trempe son museau et lape l'eau jusqu'à ce que sa soif soit étanchée. Et maintenant que la pause est terminée, il regarde son père, assis, la queue enroulée autour des pattes, attentif. C'est maintenant que la leçon commence. Néanmoins, il a une dernière question.

« Ne va-t-on pas apprendre le combat, aussi ? »

Courageux et travailleur, le chaton. Il veut tout apprendre d'un coup, il veut vite être capable de se défendre. Il n'a pas prévu de rester une demoiselle en détresse toute sa vie, certainement pas. Il veut grandir. Et vite.





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message posté par Raymsay, Lun 27 Aoû 2018 - 13:04

Tel père, tel fils
J'pensais pas qu’il prendrait la peine de me répondre. Alors là, le petit “d’accord” qu’il vient de me lâcher, il est presque inespéré. Il colle tout à fait avec ce que je viens de lui annoncer, enfin, c’est juste une réponse, juste une approbation, mais pour moi, vis-à-vis d’Hogna, ça vaut beaucoup, oh que oui. Ça vaut énormément. Parce qu’en temps normal, il n’aurait pas pris la peine de répondre. Parce qu’en temps normal, il n’aurait peut-être même pas dépensé si peu d’énergie pour me signifier qu’il aurait pu comprendre en hochant la tête. Non, là, il a pris le temps de me répondre. Je vois ça comme une évolution, c’est bien. Peut-être que sa parole va encore se développer. Parce que le problème de la communication, c’est pas moi qui délire ou je sais pas quoi, hein, c’est un réel problème. La communication, si y’en a pas, personne ne va nul part, alors vous pouvez vous imaginer que j’étais bien content d’entendre mon fils lâcher un “d’accord”, aussi petit et insignifiant qu’il fut, pour moi, il était important. Il marquait une évolution, je vous dis. Je reprends la marche, Hogna toujours sur mes talons. J’ai soif, moi aussi. On arrive pas trop tôt. On sort un peu de la ville, histoire de se mettre à l’ombre et de rejoindre la source. C’est une source simple, coincée entre deux rochers, que je connais depuis un moment déjà. Depuis le temps que je squatte la ville ! J’espère que Hogna se remémorisera son emplacement, elle est bien utile, cette source. Si jamais il a besoin de se désaltérer, il doit souvenir qu’elle est ici, à quelques pas de la dernière maison. C’est marrant, cet endroit. Et très bien fait. À peine sortis de la ville qu’on est déjà face à un bosquée. Je me penche vers la source et lape une vingtaine de fois sa surface. Mon dieu ce que j’avais soif.

Je lâche un regard en direction de Hogna. Lui aussi devait avoir soif. Mais il n’a rien dit. Il ne s’est toujours pas plaint, mon fils. C’est ça, prélasse-toi, la journée ne fait que commencer, et elle promet d’être longue, très longue. Il s’est déjà relevé, assis, remis bien en place et maintenant, il est immobile. Il attend sagement que je finisse de boire, à mon tour. Il ne dit rien, toujours rien. Aucun mot ne sort de sa bouche. Je m’apprête à parler, à lui faire un grand discours inutile sur comment il faut se tenir lorsqu’on chasse, la position, les bons réflexes, bref, tout le tralala chiant, mais il me devance. “Ne va-t-on pas apprendre le combat, aussi ? il demande, toujours de cette voix qui ne trahit aucun sentiment. Le combat ? Bien sûr que oui, qu’on va l’apprendre. Mais chaque chose en son temps. Aujourd’hui, c’est la chasse. Autant apprendre à se nourrir avant de partir en guerre, non ? La survie commence avant le combat. Et pour l’instant, je suis là. Je suis là et il n’a pas à s’en faire, je pourrais le protéger. Est-ce que c’est ce qu’il redoute, que l’on se fasse attaquer ? Il a peur que je ne sois pas à la hauteur ? Il se trompe. Je sais me battre depuis que je suis tout petit. Je sais comment m’y prendre. Et je lui apprendrais. Qu’il me laisse, qu’il nous laisse un peu de temps. Juste assez pour qu’il maîtrise déjà bien la chasse, le reste viendra après. Je lui souris, heureux de voir qu’il est capable de commencer une conversation par lui-même, histoire de ne pas m’en laisser le privilège à chaque fois. Tant mieux.

Si, c’est dans la suite logique, le combat, mais d’abord, concentrons-nous sur la chasse” je le regarde, me relève, lui faisant signe de me suivre. Il doit être impatient mais ne laisse rien paraître. Évidemment, que le combat c’est mille fois plus divertissant que la chasse. Mais on doit bien passer par cette case avant, sinon, qu’il m’explique comment il compte se nourrir ? Et faire les poubelles n’est pas une option. Nous sommes forts, nous sommes des dominants, nous nous devons de savoir chasser et se nourrir par nos propres moyens, pas en traînant dans les rues. Nous ne marchons pas bien longtemps. Juste assez pour se retrouver dans une forêt assez dense. Et en cette saison, les proies sont de sortie. Il fait chaud et elles en profitent. Je marche silencieusement, en espérant que Hogna fasse de même. Je n’ai jamais été un bon chasseur. Pas un excellent chasseur, du moins. Mais je sais comment m’y prendre. Tournant la tête, je fais signe à Hogna de me rejoindre, de monter à ma hauteur. J’ai repéré un truc. Peu importe si c’est une souris ou un mulot, du moment que ça se mange, c’est le principal. Il doit repérer cette odeur lui aussi, et l’enregistrer. L’enregistrer tout comme il a enregistré l’emplacement de la source. Prenant ma voix la moins perceptible, je murmure à son oreille : “Tu avances, doucement. Tu baisses tes épaules, tu baisses ta queue, tu laisses ton ventre toucher le sol, et lorsque tu es à une longueur de queue de renard de la proie, tu sautes” je pense qu’il comprendra. Il est loin d’être bête, mon fils.
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message posté par Hogna, Lun 12 Nov 2018 - 18:01

« Si, c’est dans la suite logique, le combat, mais d’abord, concentrons-nous sur la chasse. »

Malheureusement pour Hogna, Raymsay ne semble pas décidé à lui apprendre le combat pour le moment, du moins, pas avant la chasse. En même temps, l'un comme l'autre est nécessaire. Son père n'en a peut-être pas conscience mais ce que désire Hogna, c'est ne plus être dépendant. Ne plus devoir se dire qu'il ne peut pas survivre seul, sans son père. Il a besoin de pouvoir penser que s'il veut partir, du jour au lendemain, il le peut. Que rien ne le retient. Après tout il ne s'est pas attaché à Raymsay. Il se fiche bien de devoir l'abandonner, alors autant qu'il puisse le faire sans songer qu'il ne pourra pas se débrouiller seul.

Pour le moment le chaton est attentif aux enseignements de Raymsay. Il ne veut pas y passer trop de temps. Ils se rendent dans la forêt, car c'est là que le gibier est le plus abondant, sans doute. Dans la ville, il n'y aura pas grand-chose d'autre que des rats et des souris maigrichons. Ici, rien n'est pareil. Même l'air qu'ils respirent est différent. On sent moins les odeurs de la ville ; ici, les senteurs les plus fortes sont celles de l'humus et des feuilles. Et en plus, il y a le fumet un peu plus discret du gibier. C'est sur celui-ci que le grand mâle veut qu'Hogna se concentre. Puis il lui indique la position à adopter.

« Tu avances, doucement. Tu baisses tes épaules, tu baisses ta queue, tu laisses ton ventre toucher le sol, et lorsque tu es à une longueur de queue de renard de la proie, tu sautes. »

Ce n'est pas bien compliqué, en fait. Hogna ne sait pas très bien à quoi il s'attendait à vrai dire. Peut-être à quelque chose de plus difficile, mais en réalité, c'est un position assez instinctive. Après tout, c'est normal. C'est en quelque sorte la première chose qu'un chat sait faire, même sans l'aide de personne, puisque c'est le moyen de survivre. C'est essentiel. Au final, peut-être est-ce mieux de l'apprendre en premier. Enfin, au final, ça ne changera rien. Dans quelques lunes, Hogna saura chasser et se battre et sera en mesure de survivre seul. Il a hâte, mais chaque chose en son temps.

Alors le chaton se met en position comme le lui a indiqué son père. Baisser les épaules, baisser la queue, ventre au sol... Le mâle tigré prend garde à ce que sa queue ne touche pas le sol. Ce serait idiot de faire fuir les proies en faisant bruire les feuilles qui jonchent la terre. Le plus dur ensuite, c'est d'avancer. Il vaut mieux avoir beaucoup de forces dans les pattes. Heureusement, c'est le cas d'Hogna. Il fait quelques pas. Il a repéré un mulot à quelques longueurs de queue. Le chaton se concentre comme si sa vie en dépendait. En fait, c'est le cas, en quelque sorte. Du moins, cela serait le cas si Raymsay n'était pas là pour le nourrir. Comme son père le lui a précisé, il arrive à une longueur de queue de renard du rongeur. Le plus grand effort est ensuite, de bondir, mais Hogna y parvient. Il atterrit pile sur le dos du mulot et un souvenir envahit son esprit. « Si tu mords à la gorge c'est plus propre. » Qui a dit ça déjà ? Peu importe. Le premier réflexe d'Hogna aurait été de labourer le corps de l'animal jusqu'à ce qu'il en crève mais ce n'est peut-être pas le plus rapide. Inutile de perdre du temps lorsqu'il s'agit de la nourriture. Alors il lui brise la nuque d'un coup de croc.
Et voilà. Hogna sait chasser.





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