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Tel père, tel fils [ft. Hogna]



 

Tel père, tel fils [ft. Hogna]

Ray admine

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Raymsay
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message posté par Raymsay, Mer 4 Juil 2018 - 16:26

Tel père, tel fils
Je sais pas ce qui m’a pris. Franchement, quelle idée. Voler un chaton. Super père, ça, bravo, prix du meilleur paternel de la forêt. En vrai, je l’ai pas “volé”. Je le garde, on va dire. Ouais, c’est ça, j’suis sa nounou qui l’éloigne de ses parents déjantés. Raymsay nounou, on aura tout vu. Et puis, je suis de sa famille, enfin, il est de ma famille. C’est mon petit-fils, en somme. J’ai tous les droits sur lui. J’ai élevé son père, je peux très bien réitérer l’évènement. Sans faire de bêtises, sans faire de conneries, sans faire d’écarts, cette fois. Je m’en crois capable. J’ai déjà échoué une fois, mais j’apprends de mes erreurs. Ce fils, ce sera le mien. Le mien, et je l'élèverai comme il le mérite. Il a mon sang, il est de mon sang. Il peut être parfait. Certes, sa mère n’est pas stable mentalement, mais je l’en ai éloigné. Je l’ai tiré du danger. Physiquement, c’est un chaton fort, ça se voit. Il a de ma carrure, et semble posséder l’agilité de sa mère. Il est bien formé. Il faut que je lui apprenne à en tirer avantage. Ça ne sera pas bien compliqué, il part déjà avec de bons atouts. Je vais lui faire suivre un entraînement intensif. J’sais comment en faire une machine. Je sais ce qui l’aidera à se hisser au sommet, comme moi. Peut-être même au-dessus. Houh, il risque de progresser très vite. Très, très vite.

Je l’ai ramené près des abords de la ville. Là-bas, c’est trop sauvage, j’aurais pas pu veiller sur lui constamment. Ici, c’est mon territoire, je connais bien le quartier. Personne ne viendra l’emmerder, et je suis loin de l’Araignée de Liberté Éphémère. Je lui lance un regard. Il me ressemble. Il a ce brun dans son pelage qui vire au roux, tout comme moi. Ce n’est pas difficile de me faire passer pour son père. Enfin, je le suis, presque. Il a un quart de mon sang au lieu d’avoir la moitié, ce n’est pas si peu. Il marche déjà bien, alors qu’il n’est pas si vieux. À quand remonte son vol ? Un mois, un petit peu plus. Pas grand chose. Il doit en avoir trois, maintenant. Il n’est pas vieux. Il ne doit sûrement pas se souvenir de Liberté Éphémère. Surtout que ce dernier ne semblait pas très présent pour lui, quand je suis allé leur rendre visite. Ouais, trois lunes, c’est l’âge qu’il doit avoir. Sa mémoire efface peu à peu les derniers souvenirs qu’il a de son père, pour le remplacer par moi. Je ne peux être qu’un meilleur père pour lui. Tout le monde peut être un meilleur père que mon fils aîné. Moi, je suis juste le meilleur choix qu’il aurait pu faire s’il avait été en âge de choisir. J’ai choisi pour lui, et j’ai bien fait. Je suis son tuteur légal, de toute façon, tant qu’il n’est pas adulte, je décide pour lui. Qui sait quel choix tordu il pourrait faire.

Je crois que l’avoir fait changer d’air lui a fait oublier certaines choses. Certaines des horreurs auxquelles il a pu assister avec sa mère. Car mon instinct me dit que je n’ai vu qu’une partie de choses dont elle est capable. Peut-être la partie la moins sombre. Quelle tarée. Quelle famille de taré. Hogna me doit la vie, en somme. Je ne manquerai pas de lui rappeler si un jour il lui vient l’idée de se rebeller. De toute façon, tant qu’il ne connaît pas la vérité, il n’y a aucun risque. Rien qui pourrait troubler la vie paisible qu’il s’apprête à débuter. Il ne parle pas beaucoup, et ce n’est pas si mal. Il ne viendra pas me casser les oreilles. C’est un gamin sage. Réfléchi. Trois mois déjà et il n’a pas l’air fatigué alors que le soleil tape fort sur le béton de la ville, à tel point que certaines parties des rues ont légèrement fondu. Je veux le tester. Je veux tester sa résistance. Je veux voir s’il se plaindra, par la suite. Nous marchons depuis un moment déjà et nous n’avons toujours pas rencontré de source d’eau. J’ai ma petite idée. Je sais où en trouver, de l’eau fraîche, par cette chaleur. Mais d’abord, je veux voir ce que pensent ses coussinets du béton brûlant sur lequel il s’apprête à marcher. Allez, montre-moi que tu tiens le choc, gamin.
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Neph admine

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Hogna
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message posté par Hogna, Sam 7 Juil 2018 - 13:20


Tel père tel fils


Ça fait bien une lune maintenant. Une lune, ce n'est pas beaucoup. Mais c'est suffisant pour oublier le passé. Il a presque tout oublié de sa vie d'avant, comme si elle n'avait jamais existé. Il a encore des souvenirs, des vagues souvenirs, de sa mère, d'une fratrie. Mais ils sont morts. C'est ce que lui a dit son père. Ils sont tous morts ; il ne lui a pas dit de quoi mais le chaton peut aisément imaginer. Renard, blaireau, chat errant, maladie, faim ; les causes peuvent être multiples. De toute façon il ne va pas tergiverser sur la mort de sa famille pendant toute sa vie. Il n'y a pas besoin d'en parler. Ils sont morts, voilà tout. Pourquoi devrait-il être choqué, triste, pourquoi devrait-il vouloir savoir de quoi ils sont morts ou tenter de les venger ? Ils sont morts et lui pas. Lui vit. Et pas pour pleurer le passé. Y a-t-il vraiment des gens assez stupides pour faire cela ? Pleurer ceux qui sont partis ?

Hogna dort. Maintenant il habite vers la ville de Bipèdes. Avec son père. Il ne sait pas si c'est loin de là où il était avant, puisqu'il ne s'en rappelle pas. Il sait juste qu'il y avait une forêt, sombre, à la noirceur opaque. Mais il y en a partout, des forêts que les rayons du soleil n'atteignent pas. Il y a une forêt non loin et ça pourrait très bien être elle, tout comme ça pourrait en être une autre. Peu importe. Il va rester ici. Elle est très bien, cette ville de Bipèdes. Surtout que pour le moment, ce n'est à ses yeux qu'une ville fantôme, parce qu'il n'a pas encore rencontré ces fameux Bipèdes dont son père parle parfois. Il sait seulement que leurs comportements diffèrent du sien, et qu'ils sont parfois étranges, mais ça s'arrête là. Il ne cherche pas à en savoir plus parce qu'il sait qu'il en rencontrera bien assez tôt et ils n'ont pas l'air intéressants. On ne peut pas les manger, ni les manipuler, alors à quoi bon ? Ce ne sont que des éléments du décor. Au même titre qu'un arbre ou qu'une montagne. Qui aurait l'idée saugrenue de se renseigner à propos d'un arbre ou d'une montagne qui ne peut ni parler, ni se mouvoir ? Eh bien pas Hogna, en tout cas.

Il est soudain forcé de se réveiller, parce que son père s'approche et qu'Hogna a le sommeil léger. Alors il s'éveille, s'étire rapidement, chasse le brouillard de ses yeux et de son esprit et voilà, il est parfaitement alerte, prêt à faire ce que son père lui demandera. Il faudrait qu'il apprenne à chasser et à se battre. Il faudrait qu'il soit en mesure de se débrouiller seul pour quitter Raymsay quand il jugera qu'il sera prêt. Si son père croit qu'il restera toujours le fils à papa qu'il est actuellement, il se trompe lourdement.

Hogna suit Raymsay qui se met en marche. Il ne sait pas où ils vont, mais ne pose pas de question. Peu importe. Il suivra son père sans remettre en question son ordre, puisque pour le moment, il a besoin de lui, et c'est plus prudent qu'il s'en remette à ses ordres. Il se souvient s'être toujours dit ça. Qu'il avait besoin de son père et que par conséquent, mieux valait ne pas le contrarier. Oui, il s'en souvient très bien. Ce serait stupide d'agacer Raymsay, et il en a bien conscience.

Ils marchent longtemps. Hogna sent le bitume écorcher ses coussinets. Il a mal. Mais il ne dit rien. Il se demande seulement où ils vont. C'est un peu idiot, de marcher sans but. Il ne trouve pas ça logique et c'est uniquement pour ça qu'il aimerait savoir où ils vont. Parce que quitte à marcher sans but, autant que ce soit à un endroit où ses coussinets ne le font pas souffrir. Et quitte à se faire mal sur la pierre et le goudron, autant que ce soit pour une bonne raison.

« Où va-t-on ? »

Et comme d'habitude, sa voix ne laisse transparaître aucune émotion, ni douleur, ni peur, ni fatigue. C'est une simple question comme il en pose parfois. Uniquement parce qu'il veut savoir.

© Codage par Neph

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