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Ce n'est pas parce qu'on est célibataire qu'on a le coeur libre [ft. Ambre]



 

Ce n'est pas parce qu'on est célibataire qu'on a le coeur libre [ft. Ambre]

Ray admine

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Raymsay
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message posté par Raymsay, Mer 4 Juil 2018 - 20:17

Ce n'est pas parce qu'on est célibataire qu'on a le coeur libre
Putain. Elle m’a mis en rogne. La gamine des clans, là, elle a réussi à déjouer mes intentions. Putain ce que je lui en veux. C’est arrivé il y a quelques jours, ouais, ça remonte à peut-être soixante-douze heures en arrière, mais vous savez quoi, j’arrive pas à me la sortir de l’esprit. Première fois qu’on me repousse en plusieurs années. Mon égo a pris un coup, mais comment l’avouer, hum ? Personne ne le saura jamais. Et elle n’a pas intérêt à aller répéter ça dans sa forêt, ça me mettrait vraiment hors de moi. De toute façon, un adolescente comme elle, j’suis pas sûr qu’elle ait eu le droit de sortir. Elle a dû filer en douce. J’aurais dû lui bondir dessus, merde. Voilà ce qui arrive quand j’essaye d’être trop gentil. Ça m’apprendra. C’est bien la dernière fois que je rends service. Même pas un merci, en plus. Elle s’est bien foutue de moi. Pourquoi venir vers moi de cette façon, avec ce sourire si accueillant sur les lèvres si c’est pour se comporter d’une telle manière par la suite ? Quelle enfant mal-élevée. Vraiment. Je charge la vie de me venger. Je sais que le karma revient toujours vers ceux qui ont fait du tort, c’est une des choses que j’ai apprises en cinq ans d'existence. L’une des seules choses que j’ai retenue, ouais. Ma mémoire n’est pas vraiment excellente non plus. Normal, j’ai connu tant d'événements, aussi. J’ai du vécu, et oui. Nan, j’suis pas vieux. J’ai juste connu, un p’tit peu plus que d’autres. Le voyage, ça a du bon.

Bref. Une telle humiliation, j’en reviens pas. Comment a-t-elle osé ? Je marche furieusement. J’sais pas si je la cherche. Peut-être. J’le sais pas moi-même. Mais j’me suis juré que la prochaine fois que je la recroise, j’lui fais payer. Cher, très cher. Elle m’échappera pas une deuxième fois. On apprend de ses erreurs, n’est-ce pas ? J’vais lui faire la leçon. Lui faire regretter de m’avoir humilié ainsi. Oui, peut-être que je la cherche. Mais c’est pas trop la bonne direction que je prends. En même temps, je sais pas où et comment s’étend leur territoire, aux chats des clans. J’sais pas comment ils les ont délimités, ces gros débiles. Tant pis. Je demanderai demain, en Ville, il doit bien y avoir deux trois couilles qui en savent plus que moi. En attendant, j’suis trop loin de la ville, là. J’ai senti l’odeur de Liberté Éphémère et je l’ai suivie. Enfin, c’est juste une effluve, rien de très fort. Elle remonte, son passage ici remonte à quelques jours. La piste va encore plus loin. Elle doit contourner le lac et s’enfoncer, plus loin, vers la Forêt Noire. J’suis pas allé souvent là-bas. Ça m’inspire pas confiance, et puis c’est beaucoup marcher pour pas énormément de résultat. Y’a moins de chats là-bas qu’en Ville ou près de Cerfblanc. Mais sa trace, à lui, à mon attardé de fils, elle continue. Elle va plus loin. P’têt que j’ai envie de le suivre, ouais. Ça va sûrement finir comme ça.

J’aperçois le lac, là,  à quelques mètres devant moi. Je pensais pas y arriver si vite. J’ai des grandes pattes, faut croire. Il y a déjà quelqu’un. Une silhouette se découpe, là, à l’horizon, devant le coucher de soleil. C’est presque beau. Non, en fait, c’est beau. Mais j’ai pas la tête à ça. Vraiment pas. Toujours sur les nerfs. J’suis vraiment pas une personne à énerver. Je bouillonne de l’intérieur depuis cet affront. J’m’en remets pas, hein ? C’est presque pathétique. Au fur et à mesure que j’avance, je me rapproche de la silhouette. C’est une femelle. Je ne l’ai encore jamais vue. Je ne sais pas qui elle est. Elle non plus, elle n’est pas du coin. Elle ne porte pas l’odeur de la Ville, ni celle des chats sauvages des clans. Elle n’est pas non plus domestiquée. Elle vient de loin, sûrement. Pas d’ici, en tout cas. Je l’aurais déjà aperçue, sinon. Ce n’est pas celle de l’autre jour, non. J’suis pas aussi gaag et bigleux que cela, tout de même. Un peu de respect. Mais elle me rappelle la femelle de l’autre jour. Elle est jolie, elle aussi, dans sa fourrure feu. Plutôt mignonne, oui. Très. J’ai envie de m’approcher. J’suis partagée entre colère meurtrière et mon habituelle envie de draguer tout ce qui bouge. Difficile comme émotion, n’est-ce pas ? Il a fallu que cette fabuleuse créature se dresse sur mon passage. Tant pis pour elle, après tout.

Je marche le long du lac, fondant vers elle, le regard sombre. “Ce serait bête que tu tombes dans le lac” sort d’une voix peu claire et légèrement sarcastique.
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Ambre
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message posté par Ambre, Dim 5 Aoû 2018 - 17:30





Coeur malade.
Ft. Ray with Raymsay




Coeur déchiré, esprit malade. Malade de jalousie. Oh, la jalousie, la vanité ou que sais-je d’autre pour définir ce sentiment. Qui me ronge les tripes, qui me fait souffrir à chaque fois que je pense à lui. Cavan. Je suis sûre que mourir, crever assassinée ou emplie de souffrance, me ferait moins mal que ce que je ressens à cet instant. L’amour que je lui porte, c’est la seule chose dont je suis sûre, la seule chose qui me définisse entièrement. Si je le perds, ce sentiment, que me restera-t il ? Rien. Strictement rien. C’est peut-être pour ça que je m'accroche encore à cette chose, alors que je ne ressens même plus de l’amour vrai pour lui. La jalousie à tout bouffé, ne laissant qu'un océan de haine en moi. Mais je garde ce sentiment pour moi, ce semblant, cette pâle réplique de l’amour vrai, qui n’est même plus de l’amour à présent, parce que c’est tout ce qui me constitue.

Maman ne m’avait pas dit qu’aimer faisait aussi mal.

Parce que oui, j’ai mal. Je suis malade d’amour, de jalousie et de haine. A l’égard de Petite Promesse - qui ne doit même plus s'appeler comme ça, après son entrée dans le Clan dont elle est native -, qui m’a volée l’amour de ma vie, même intentionnellement ? Ou alors de Cavan, qui poursuit la femelle Ombreuse sans voir qui est juste devant ses yeux ? Qui m’a occasionné tant de souffrance ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je doute que cela ait la moindre importance.  
Puisque tout cela est fait.

Parfois, j’aimerais redevenir la petite Ambre que j’étais, autrefois. A l’époque où Nuage du Jade était encore vivante, bavardant joyeusement avec ma maman, tandis que moi, Petite Promesse et Cavan, on s’amusait à jouer à attraper les rayons lumineux qui bordaient la Grotte aux Mille Éclats. A l’époque où mes seuls soucis étaient de savoir de quelle couleur était la neige que les deux femelles me décrivait avec tant de malice, et d'échanger des éclats de rire joyeux avec Petite Promesse. Oh, que cette époque insouciante me manque. Je donnerais mon âme pour la retrouver. Je donnerais mon âme pour retrouver l’amitié que j’avais avec Petite Promesse. C’était ma meilleure amie, autrefois. Ma confidente, aussi. C’était la seule femelle de mon âge avec qui j’avais des contacts. Oh, bien sûr, il y avait Cavan, mais ce n’était pas pareil. Lui, c’était un mâle. Et Petite Promesse était une fille. Naturellement, le courant passait mieux. En plus, elle avait hérité de la gentillesse de sa mère. Quelle belle époque.

Je secouais ma tête en marchant lentement, cherchant quelques proies pour ma mère. Elle est tellement fatiguée. Certaines choses doivent rester dans le passé. Et ma nostalgie - ou mélancolie ? - n’y changerait rien. Il restait le futur, auquel je ne croyais pas vraiment. Mais croyais-je vraiment à quelque chose ?

J'atteignis bientôt le lac. C’était mon endroit préféré, excepté la Grotte aux Mille Eclats. Mais il est vrai que celle-ci me rappelait trop les souvenirs. Je préférais le Grand Lac, sachant que Cavan n’aimait pas l’eau. De toute façon, je ne le voyais plus beaucoup. Il n’habitait plus dans la Grotte, étant parti pour un quelconque groupe. Je ne savais pas ce que c’était, et sincèrement, ça m’intéressait pas. Autant le fait qu’il m’ait abandonné moi, je l'ai surmonté difficilement, mais ce n’était pas grave, mais notre mère ! Feuillage était fatiguée, elle avait besoin de quelqu’un pour veiller sur elle, lui rapporter des proies, et que sais-je, mais sûrement pas que son fils l’abandonne lâchement, après tout ce qu’elle a fait pour lui !

Je me rends compte maintenant de sa lâcheté, de son incapacité à aimer, et je me demande pourquoi je continue de jouer, pourquoi je garde encore le masque de l’amoureuse transie et de la soeur dévouée, alors que tout ce que je ressens pour lui, c’est qu’un profond dégoût. Il me dégoûte et je me dégoûte moi-même de l’avoir aimé, de ne pas avoir vu tous les horribles défauts qu’il cachait sous son apparence généreuse et compréhensive.

Je comprends maintenant les propos de maman, lorsqu’elle me disait “L’amour rend aveugle”.

Et la jalousie, alors ? Elle fait quoi à notre jugement ? Elle dépeint la personne de façon négative ? Je ne sais pas, mais je me réjouis de ce sentiment, parce que il me donne de la force, même si tout cela n’est qu’un leurre, et que je me retrouve plus fatiguée et blessée que jamais.

Comme une proie qu’on s’apprêtait à tuer.

Je m’étais résignée à ne pas chasser. Je trouverais peut-être une proie en chemin pour rentrer, après tout. Je ne pouvais pas, de toute façon. J’étais trop à cran. Je restais donc devant l’eau, devant le soleil qui se couchait. C’était beau, le soleil couchant se reflétant sur l’eau, donnant au lac une teinte rouge sang. Sans que je sache pourquoi, cette vision s'apaisa. Le soleil était de la même teinte que mon pelage. Je réfléchissais au fait de sauter dans l’eau pour me laver, autant mon pelage que mes souvenirs, tandis qu’une voix rauque, sûrement d’un chat adulte et sarcastique se leva derrière moi.

“Ce serait bête que tu tombes dans le lac”


Je ne sursaute pas, je ne fais aucun mouvement qui puisse montrer ma surprise, parce que je ne le suis pas. Plus rien ne me surprend désormais. Je me retourne lentement, et je regarde fixement, dans les yeux, le mâle qui me regarde - ou devrais-je dire dévore - du regard. Il est vieux, ça se voit à sa posture, à sa silhouette, même si il essaye de le cacher. Je dois bien avouer que ça ne me plaît pas d’être regardée comme un morceau de viande, alors je lui lance d’une voix moqueuse et méprisante :

“C’est un petit vieux qui parle ? Je te pousse d’une patte, et tu y tombes comme une pierre. Tu devrais plutôt rentrer dans ta foutue maison de Bipèdes en attendant ta nourriture dégueulasse, et pas venir abrutir les gens.”

J’éclate de rire, d’un rire sans joie, et je sens cette froideur se répandre de tout mon coeur. Il n’aurait jamais dû venir me chercher, jamais utiliser cette foutue hypocrisie. Je déteste l’hypocrisie, elle n’est que pour les faibles. Lui est faible. Je ne recule pas d’un pas, le jaugeant du regard, attendant impatiemment l’effet que mes paroles aura sur son visage. Je m’en fous qu'il souffre, au contraire, ça me ferait du bien, parce que j’ai envie de me dire que je ne suis pas la seule à ressentir cette douleur. Je suis peut-être lâche, au fond. Je crois que je m’en fous.  

Je ne savais pas encore ce qu’il allait me faire. Si j’avais sû, je me serai peut-être abstenue, j’aurai peut-être évité la confrontation. Mais ce qui est fait et fait, et maintenant, je dois assumer les conséquences de mes actes.

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Raymsay
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message posté par Raymsay, Lun 27 Aoû 2018 - 13:03

Ce n'est pas parce qu'on est célibataire qu'on a le coeur libre
Je ne lui ai pas fait peur. Je ne l’ai pas surprise. Est-ce que je suis déçu ? Peut-être un peu, oui. Je m’attendais à ce qu’elle sursaute, au moins légèrement. Mais rien, il ne s’est rien passé de marquant. Elle s’est juste tournée vers moi, doucement, comme si ma présence lui avait été annoncée, comme si elle m’avait repéré depuis longtemps déjà. Comme si ma présence, comme si ma personne n’avait aucune importance, pour elle. Pour cette inconnue qui aurait du me connaitre, qui aurait du connaitre mon nom. Mais non, rien de tout ça. Rien du tout, aucune réaction. Est-ce que ça m’énervait ? Oui. Oh que oui. Dans la suite des évènements, deux jeunes femelles, charmantes, une qui m’avait fui et la seconde qui n’avait rien à faire de moi. Mon égo déjà blessé, déjà atteint, pris une énième flèche, en plein coeur. Qui était-elle ? Qui était-elle pour ne pas trembler, pour ne pas fuir ? En fait, elle m’intriguait. Elle m’intriguait. Je voulais savoir qui était celle qui n’avait pas réagi à mon arrivée. Qui était celle qui faisait semblant, qui était-celle dont ma voix, dont mon aspect, n’intimidait pas. Dont la figure ne laissait paraitre aucune émotion. Ni peur, ni joie, ni admiration. Rien. Elle se tourne vers moi, lentement, sans se précipiter. Comme si je n’étais pas une menace pour elle. Comme si je n’étais rien, comme si j’étais personne.

C‘est peut-être ce que je crains le plus, au fond. L’indifférence. L’absence de réaction. C’est peut-être ma plus grande peur, avec l’oubli. Le fait qu’on ne puisse pas me connaitre, plus me connaitre. Le fait que l’on oublie qui je suis, moi, Raymsay. Le fait que l’on ne s’arrête plus pour me laisser passer, voilà ce qui m’inquiète. Que je ne fasse plus d’effet. J’ai peur, de cela. J’ai peur que mon petit monde si parfait où tout le monde se plie à mes volontés disparaisse. Et ce que vient de faire cette femelle en fait parti intégrante. Je déteste cela. Je déteste ce sentiment, le sentiment d’être invisible. J’ai voulu me montrer patient, j’ai voulu me montrer galant, on m’a repoussé. Et maintenant, on m’ignore, on me relègue à un rang qui ne me convient pas. Elle n’a pas le droit. Cette femelle, n’importe qui qu’elle peut être, n’a pas le droit. Personne n’a le droit. Ses yeux viennent se planter dans les miens. Comment ose-t-elle ? Comment fait-elle pour être aussi calme, devant moi ? Je la hais. Je la hais déjà sans meme connaitre. On ne se comporte pas ainsi avec moi. Elle va payer. Elle me dévisage, plante son regard dans le mien. Et ces yeux … Ces yeux livides. Ils sont d’un violet déconcertant. Elle me fixe, ainsi, sans rien dire, pendant quelques secondes. Elle n’a toujours pas réagi.

Le pire, ce serait qu’elle se taise. Qu’elle continue de me fixer ainsi, sans que je puisse lire la peur dans son regard. Qu’elle reste, comme ça, indifférente. Qu’elle ne réagisse meme pas à ma présence. Mais ce jour n’est pas encore arrivé. Mais une voix finit par sortir de ce corps si parfait. Une voix totalement différente de celles que j’ai l’habitude d’entendre venant d’autres femelles. “C’est un petit vieux qui parle ? Je te pousse d’une patte, et tu y tombes comme une pierre. Tu devrais plutôt rentrer dans ta foutue maison de Bipèdes en attendant ta nourriture dégueulasse, et pas venir abrutir les gens.” En fait, elle me fait penser à Ange Brisé. Sa voix, son comportement … Sauf peut-être qu’Ange Brisé et moins indifférente. Voire même pas du tout. Elle est démonstrative, certes, démonstrative dans son mépris, mais elle, au moins elle semble éprouver des émotions. J’aurais pu comparer cette femelle avec l’Araignée, mais elle n’y ressemble plus trop, maintenant qu’elle a parlé. Elle n’y a ressemblée juste dans son indifférence. Mais maintenant qu’elle m’a répondu, je ne fais plus le rapprochement. Non, c’est juste une farouche femelle, pleine de caractère, qui se tient devant moi. Elle ne sait pas encore ce qui l’attend. Elle va le découvrir plus tôt que prévu.

Petit vieux ? Moi ? Mais oui, voyons. Vieux, peut-être, un peu, sur les bords. J’ai quelques poils blancs en dessous du menton, mais on ne peut les voir. Est-ce que j’ai l’air vieux ? Non, j’crois pas. Je suis pas vieux. Je suis à mon maximum, actuellement. Bon, allons, je cède pour le vieux. Mais “petit” ? Non, je ne crois pas. Je suis loin d’être petit. Je suis plus grand qu’elle, déjà. Plus grand qu’une bonne partie de la foret. Et me pousser d’une patte ? Il faudrait déjà qu’elle arrive à me toucher. Je manque d’exercice, mais pas au point de faiblir face à une femelle. Et à ma connaissance, je sais encore nager. C’est instinctif, que voulez-vous. Ma maison de Bipèdes ? Non, toujours pas. Décidément, cette pauvre petite est bien loin du compte. Abrutir les gens ? Toujours pas. Je suis loin d’être con, moi. Mais par contre, elle … Elle vient de me mettre sacrément en rogne. Enfin, c’est pas ce qu’elle a pu me dire qui m’a vexé, j’étais déjà pas de très bonne humeur en venant l’aborder. Mais le fait qu’elle essaye de me titiller, ça me plait pas vraiment. C’est mon role, ça, normalement. Pas celui d’une petite femelle perdue, loin de chez elle. C’est à moi de faire ça, normalement. On joue pas avec moi.

Petit vieux ? Ta mère n’a pas l’air de t’avoir bien élevée.” Je m’avance de quelques pas, me rapprochant d’elle. Si elle ne bouge pas, si elle ne recule pas, elle est foutue. Je ne suis pas venu ici pour plaisanter, et ma patience est déjà hors de ses limites. Je n’aime pas son rire. Je n’aime pas ce rire faux, ce rire forcé. Elle ne sait pas le faire. Elle ne sait pas. Elle joue à un jeu dont elle n’a pas compris les règles. Retour à la case départ pour elle. “Essaye un peu de me pousser dans l’eau, gamine.” Pause, comme toujours. “Si je suis aussi vieux que tu le prétends, tu devrais pouvoir me toucher facilement, non ?” Pourquoi je m’efforce à jouer, encore ? Pourquoi je ne mets pas fin à son petit manège directement ? Pourquoi je lui laisse autant de liberté ? Et surtout, comment je parviens encore à contenir en moi cette rage grandissante ? Peut-être que je veux savoir juste où peut aller cette femelle qui me sous-estime.
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message posté par Ambre, Dim 2 Sep 2018 - 21:02





Tu vas le regretter.
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Peut-être que si je n’avais pas été aussi aveuglée par ma colère, j’aurais réagi différemment. En tout cas, j’aurais pas été aussi conne que je l’ai été, en parlant. J’aurais dû réfléchir, j’aurais dû analyser mes mots avant de les dire. Ça ne me ressemblait pas, d’être aussi impulsive. Mais en même temps, je ne savais même pas ce que j’étais.

J’avais quelques certitudes : J’étais la fille de Feuillage, la soeur de Cavan - bien que cela me dégoûte au plus haut point désormais -, j’étais solitaire. Mais tellement d’incertitudes. Déjà, l’identité de mon père. Je ne savais presque rien, parce que ma mère m’avait dit que très peu de choses. Je savais qu’il était roux, assurément, parce que mon pelage l’était et que ni ma mère, ni ses ancêtres avaient le pelage feu. Mais je ne savais rien de lui. Je ne savais même pas s’il était encore vivant. Je l’espère, je l’espère de toutes mes forces. Mais s’il est mort, je jure que je tuerai sans pitié son meurtrier. Quel qu’il soit.

Ma mère m’avait dit, un jour, que le défaut qui allait me conduire à ma perte, que mon défaut fatal était la rancune. Ma rancune. Je n’oublie jamais les gens qui me font du mal, et je n’ai pas de repos avant de les avoir détruits, avant de les avoir fait souffrir comme ils l’ont fait. Je suis aussi trop fière. Je n’admets pas mes erreurs, je déduis automatiquement que j’ai toujours raison. C’est des gros défauts, je le sais, mais c’est moi. C’est à cause de ça que je ne pardonnerai jamais à Cavan, et qu’il me faudra sans doute un gros effort pour pardonner à Petite Promesse.

Des fois, j’ai envie d’abandonner le combat. De lâcher les armes. Parce personne ne me regrettera. J’ai juste à partir. Arrêter de souffrir inutilement, arrêter tout. Juste partir, laisser ma place à des êtres plus méritants. C’est notre destin, après tout. Vivre au jour le jour, laisser une marque tellement infime sur le monde et puis disparaître, pour la prochaine génération, pour la prochaine espèce, pour un prochain monde plus méritant, en tout cas je l’espère. Comment ça pourrait être pire, après tout ? Nous sommes les pires.

J’ai déjà pensé à me suicider. Un jour, j’ai même imaginé comment. En me noyant. Parce que l’eau est mon élément. Juste le fait de mettre cette idée en place dans ma tête m’a fait plus peur que tout ce que j’aurais pu imaginer. Mettre fin à sa propre vie… Peut-être que ce serait la meilleure chose à faire pour moi. Disparaître, pour ne plus jamais souffrir, pour ne plus jamais être déçue. La Mort est belle, elle m’appelle, je l’entends la nuit, avant de dormir, je l’entends dans mes rêves. Elle est sournoise, elle me dit que je devrais lâcher, la rejoindre, et juste faire le grand plongeon.

Je n’ai plus la volonté de vivre. La flamme qui me donnait de la force auparavant me consume désormais, et je n’ai plus de volonté. Le seul fil qui me retient à la vie, c’est un nom, une parole; Feuillage. Maman. Je ne peux pas partir, pas la laisser ainsi alors que Cavan s’est lâchement barré, elle a besoin de moi pour vivre.

Je ne suis pas encore assez égoïste pour partir en laissant ma propre mère à une mort sûre. Je ne sais pas trop si je dois me réjouir ou, au contraire, en être triste ou en colère.

Je vois le soleil se coucher. Je vois l’eau se colorer en rouge sang, et je résiste à l’envie de plonger dedans. Elle doit être fraîche, elle est douce. Elle nous purifie de nos maux et elle est belle. Elle est indomptable, elle est féroce, mais elle peut avoir la douceur d’une mère. L’eau est mon élément, l’eau est mon univers. L’eau est sanglante, elle me représente moi. Je suis cruelle, je sens le sang sur mes pattes, même si je n’ai jamais tué personne, et pourtant je me sens coupable. Je suis coupable.

Mon regard violet, celui que j’aimais tant autrefois, celui qui était de toute beauté et qui est plus qu’un reste vitreux, se pose sur le mâle. Au risque de me répéter, j’aurais dû réfléchir avant de parler. Je ne veux plus rien lui dire. Je ne veux plus parler tout court.

Je le regarde sans le voir, et lui il s’avance, il s’avance toujours plus, et moi je suis immobile, je n’arrive pas à bouger, je suis tétanisée, mais ce n’est pas par la peur, oh non. Je n’ai plus peur de rien. C’est par la fatigue et la colère.

“Petit vieux ? Ta mère n’a pas l’air de t’avoir bien élevée.” Pause. Il maîtrise l’art oratoire, ça ne fait aucun doute. “Essaye un peu de me pousser dans l’eau, gamine.” Encore une pause, pour laisser les informations me parvenir. “Si je suis aussi vieux que tu le prétends, tu devrais pouvoir me toucher facilement, non ?”

Je n’avais plus rien entendu après qu’il ait insulté ma mère. Aveuglée par la rage. Comment osait-il ? Comment osait-il insulter ma mère de la sorte ? Il allait payer. Je ne savais pas encore comment, mais il allait payer. Mes yeux se mirent à flamboyer, se réduisant à deux fentes; et mes muscles se crispèrent, pour sauter sur lui.Je réussis mon coup, et nous roulions dans l’herbe durant un petit moment. J’avais sorti mes griffes, mais il n’avait rien, il était indemne.

Il m’avait bloquée en dessous. Je n’arriverai jamais à sortir, j’étais coincée. Le pire, c’est qu’il n’avait pas peur, il était à peine exaspéré, comme si je n’étais qu’une petite tique osant le déranger.

“Tu n’aurais jamais dû insulter ma mère. Tu n’aurais jamais du. Tu ne la connais pas, elle vaut mille fois mieux que la vermine que tu es ! Crève ! Crève !”

Je me mis à crier, ponctuant mon dernier mot d’un crachat sur son visage. Mais je n’avais pas peur. J’aurais dû, mais je n’avais pas peur. Je ne me débattais même pas, il me serrait trop. Il allait le regretter. Il allait le regretter. J’allais me venger, je le promets, je ne laisserai pas un tel affront.

“Ta rancoeur te perdra, ma fille, ma chérie. Fais très attention”

J’entends la Mort qui m’appelle, elle est près, elle me chuchote à l’oreille : “Viens Ambre, viens. La Mort est préférable aux souffrances que tu vas vivre. Viens Ambre, c’est plus rapide que de s’endormir, viens Ambre, laisse toi aller.” Comme une litanie macabre. Je secoue la tête, parce que la flamme vacillante me retient, et je regarde le soleil se coucher, la flamme soufflée, je regarde mes cauchemars arriver, et je regarde mon innocence s’envoler.
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