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Veuve Noire
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message posté par Veuve Noire, Mer 18 Juil 2018 - 8:26

Les règles ont changé


La Veuve Noire a abandonné sa fille. Non, pas abandonné ; elle l’a seulement laissé à quelqu’un qui saura s’en occuper. On pourrait facilement voir ça comme un acte de bienveillance. Une mère qui, déchirée, laisse contre sa volonté sa fille dans un endroit où elle est sûre qu’elle puisse survivre. Tout cela pour le bien de sa petite. Peut-être que la Veuve Noire a un cœur au fond, qu’elle se découvre peu à peu. Ou alors tout ne fait que partie de son petit jeu malsain, de manipulation, afin de tous les voir souffrir et se détruire lentement.
L’Araignée a déjà montré qu’elle apprécie jouer avec tout le monde, tant que c’est son jeu et qu’elle fixe les règles. Alors depuis peu, elle a quitté la lande où elle passait son temps. Elle a rencontré une apprentie et elle est certaine que sa fille est toujours vivante.

Pourquoi voulait-elle le savoir ? Pour savoir si son plan machiavélique était bien en marche ? Peut-être. Quel genre de plan ? À moins qu’elle ne s’inquiète réellement pour sa fille, et qu’elle voulait seulement être sûre que celle-ci était toujours vivante. L’Araignée ne cesse d’être étonnante, et ce n’est qu’une petite partie de toutes les surprises qu’elle recèle.
La Veuve Noire est pourtant partie, mais c’est certain qu’elle reviendra. Elle l’a promis à sa fille, il y a déjà plusieurs lunes. Lorsqu’elle l’a laissé près du camp du Clan du Vent. L’Araignée revient toujours, elle bouge sans cesse et ne reste pas à un lieu précis.

Mais aujourd’hui elle s’en va, elle retourne près de son ancienne tanière, avec sa deuxième portée. Près de l’endroit où elle a tué le Nemesis. L’endroit où le Hogna a été volé et la Phoneutria abandonnée. Mais l’Araignée n’est pas venue pour chercher le corps du Nemesis ou les deux autres chatons vivants. Elle est venue pour une autre raison, ou alors sans raison. Se pourrait-il que l’Araignée fasse des choses sans raison ?
Elle renifle l’air un instant, et se dirige quelque part, comme si elle savait exactement où elle allait. Elle est déterminée, inexpressive et pourtant elle semble fatiguée.

L’araignée s’immobilise lorsque la silhouette inconnue se découpe devant elle. Elle sait qui il est. Elle ne connaît que son nom, vaguement, et son lien avec Liberté Éphémère, mais c’est tout. Elle sait alors qu’Errance est le frère de Liberté Éphémère, l’oncle de bien des chatons. Elle ignore s’il est différent de lui. Peut-être qu’il est son opposé. Peut-être, au contraire, qu’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau, de par leur comportement.
La Veuve Noire ne peut le savoir, pourtant elle se montre confiante. Comme si de rien n’était.

« Il est parti. Avec ma fille. J’ai laissé mon autre fille en sécurité. Et toi, quel genre d’individu es-tu ? »

Comme si elle attendait une vraie réponse. Comme si elle n’en voulait pas à Liberté Éphémère, c’était seulement un fait. Vide. L’Araignée semble vide et épuisée, comme si la vie lui avait déjà tout montré. L’Araignée semble seulement demander à Errance si lui aussi, il s’en irait avec un chaton, laissant sa compagne seule et dans l’incompréhension.
Ou si lui est respectable. Peu importe ce qu’il répond ; l’Araignée n’a qu’à voir le ton de sa voix pour savoir s’il est sincère. L’Araignée saura si elle peut jouer avec lui. S’il mérite qu’on joue avec lui. À moins qu’elle veuille une proie faible pour la détruire.

L’Araignée est imprévisible mais elle semble avoir changé. À moins que cela ne fasse partie de son jeu.

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message posté par Errance, Ven 20 Juil 2018 - 0:28

Encore lui, toujours lui, jamais moi

Je suis quelque part, ailleurs. Je suis parti un peu plus loin que d’habitude cette fois mais ce n’est pas important. J’ai vu quelqu’un, au loin. Mes pattes me mènent inconsciemment vers ce quelqu’un et comme je n’ai rien de mieux à faire, je n’oppose aucune résistance à mon cerveau. Lorsque la silhouette se dessine face à moi de plus en plus nettement, je commence à capter son odeur. Une odeur de chatte normale. Il y a aussi une fragrance familière. Je me fige en la reconnaissant, elle fait de même.
Liberté Éphémère.
Elle a un reste de l’odeur de mon frère.
Putain.

« Il est parti. Avec ma fille. J’ai laissé mon autre fille en sécurité. Et toi, quel genre d’individu es-tu ? »

J’essaie de rester impassible mais ses phrases me font tiquer et je m’interroge. Parle-t-elle de mon frère ? Je sens toujours son odeur sur elle et ça me trouble toujours autant, même si elle est lointaine. Je ne comprends pas le rapport entre ses phrases, elle a l’air si calme. Si calme alors qu’elle me dit qu’elle a perdu l’une de ses filles. Enfin, je m’emballe peut-être. Sans doute qu’elle était d’accord, pour être aussi calme. C’est une mère donc. Ça ne m’avance pas des masses pour essayer de comprendre qui elle est et je dois dire que, quelque part, son calme est effrayant et me trouble plus que de raison. 
Quel genre d’individu es-tu ?
Je n’en sais rien. Qui suis-je ? Bonne question. J’aimerais bien en avoir la réponse. Je suis le frère de Liberté Éphémère. Je suis le fils de Raymsay, le fils de Myrtille. Je suis l’oncle de Vrij et bien trop d’autres enfants. Sans doute que je suis le beau-frère de cette femelle si j’interprète l’odeur légère de mon frère sur elle. Je n’en sais rien. Ça ne m’étonnerait même pas de lui. Ni d’elle à vrai dire. Elle paraît si calme, si sereine. Comme si rien ne pouvait venir troubler ses pensées. Comme mon frère, qui passe son temps à prétendre qu’il est le plus heureux des hommes dans le meilleur des mondes. Conneries. Lui, il se dégonfle. Il perd son masque, ce n’en est même plus un, ce ne sont plus que des fragments qu’il tente vainement de recoller chaque fois que l’on est amenés à se croiser et à parler, toujours comme si nous étions sous tension. 

« Je suis le sous-fifre. Le frère de Liberté Éphémère si jamais tu connais. Sinon je suis toujours le quelque chose de quelqu’un. À croire que je porte bien mon nom. »

Errance.
Je suis Errance, j’erre, je n’existe qu’à travers les autres.
Je n’existe pas.
Elle aussi, elle semble comme irréelle et je n’ai même plus la force de me dire que ça devrait m’effrayer. Peut-être que j’ai fini par perdre la notion du danger, qui sait ?

« Tu n’es pas en colère qu’il t’ait pris ta fille ? »

Parce que cette histoire me rappelle trop la mienne. Parce que ce “il” me rappelle mon père, Raymsay, nous prenant mon frère et moi, nous arrachant à notre mère pour faire de nous des guerriers parfaits, des soldats aveugles. J’ai détesté ça, j’étais le plus faible, le plus stupide selon mon père. Et on se demande pourquoi j’ai encore des problèmes de confiance en moi à mon âge. Je n’ose même pas imaginer les problèmes de confiance que doit avoir ma mère à présent. Elle ne doit plus faire confiance à grand monde après ce qu’il s’est passé. Était-elle aussi calme que celle qui me fait face ?
Quelque part, cela me ferait mal je pense.

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message posté par Veuve Noire, Ven 20 Juil 2018 - 10:13

Les règles ont changé


L’Araignée a déjà tout perdu. Depuis sa naissance, depuis son enfance qui aurait dû être heureuse. Aucun chaton n’aurait le droit d’être malheureux. On ne devrait pas enlever à un chaton tout ce qu’il a. Mais la Veuve Noire a perdu sa mère par sa faute, son frère, son meilleur ami. Elle voulait seulement jouer avec lui et elle l’a tué. Non, elle l’a seulement fait trébucher ; et cette chute a causé sa mort. Elle ne l’avait pas fait exprès. Elle n’avait pas fait exprès de se trouver si près du Chemin du Tonnerre lorsque son mentor et une patrouille ennemie y était aussi.
L’Araignée n’a sans doute jamais voulu tout cela. Elle n’avait sans doute jamais voulu que son frère la renie, que son frère la fuie, qu’il la déteste.
La Veuve Noire a été seule pour faire face au monde. Pour faire face à toutes les horreurs qu’elle a vues et vécues.

Peut-être qu’à chaque coup porté, l’Araignée s’est renforcée. Au final elle n’est devenue qu’une pierre, qui n’aurait plus aucun sentiment et qui cherche juste à se venger de tout ce qu’elle a subi. Peut-être que dans tout cela, dans cette histoire, le bourreau était en fait la victime. Peut-être qu’on sous-estime l’innocence du meurtrier. L’Araignée n’a peut-être rien demandé, et voilà où elle en est aujourd’hui ; elle a tout détruit, sur son passage, ne laissant que des cadavres pourrissant derrière elle.
Peut-être qu’en réalité, l’Araignée est prisonnière de sa propre toile. Mais qui voudrait l’aider, elle qui a déjà tant fait de mal ? Peut-être qu’elle ne veut même pas être aidée. Peut-être qu’elle n’y songe pas, qu’elle ne pense pas avoir besoin d’aide.

Peut-être que l’Araignée souffre, au fond. Quelque part où même elle n’a pas accès. On ne sait pas, on ne connaît de l’Araignée que la meurtrière qu’elle est devenue. Mais on connaît son passé et on sait qu’elle n’a pas toujours été ainsi, même si elle a bien longtemps été froide et distante. Elle éprouvait. Aujourd’hui il n’y a plus rien.

« Je suis le sous-fifre. Le frère de Liberté Éphémère si jamais tu connais. Sinon je suis toujours le quelque chose de quelqu’un. À croire que je porte bien mon nom. »

Errance n’est rien. Tout comme Néant d’ailleurs. Errance n’est que le frère de Liberté Éphémère, le frère de celui qui a pris la fille de l’Araignée. Mais l’Araignée a tué le Nemesis. Il n’allait pas survivre, certes, mais était-ce une raison pour l’achever ? Et surtout pour le tuer de cette façon ? Mais peut-être y avait-il autre chose. Peut-être qu’en ce chaton gris elle voyait quelqu’un d’autre que le Nemesis. Une partie de son passé qui doit être oubliée, qu’il ne fallait pas laisser survivre. Peut-être n’était-ce pas la meilleure solution pour s’en débarrasser.
Parce qu’on ne se débarrasse jamais de son passé.
Il sera toujours présent, quelque part. Parce que Nuage de Bourgeon est mort par sa faute et parce que le Nemesis était pareil que Nuage de Bourgeon. Parce que l’Araignée n’a pas supporté son passé alors elle l’a tué.

« Tu n’es pas en colère qu’il t’ait pris ta fille ? »

La Veuve Noire est bien trop calme après avoir perdu tous ses chatons. Elle a tué ses deux filles, peut-être pour une raison similaire au meurtre du Nemesis. Peut-être parce que la Tarentule était comme sa mère et la Lycose comme son père. Ses parents qui l’ont abandonnée, même s’ils ne le voulaient pas. Peut-être que tout cela a tué l’Araignée intérieurement, alors elle détruit tout à son tour. Elle a perdu le Goliath et elle a vu Raymsay voler le Hogna. Elle a vu Liberté Éphémère récupérer la Phoneutria et elle a laissé la Theraphosa au Vent.
La Veuve Noire est seule à présent. Seule, mais elle ne paraît pas en colère ; seulement vide. Comme si tout cela lui avait pris ses émotions. Elle semble seulement épuisée.

« Je ne suis pas en colère. Je ne sais pas m’occuper de chatons. J’ai tout détruit. Peut-être qu’elle sera heureuse avec lui, plus qu’elle ne l’aurait été avec moi. »

La Veuve Noire semble un peu moins distante, comme concernée. Comme si elle était réellement sincère, et peut-être est-ce le cas. L’Araignée se tait quelques secondes, mais elle n’a pas terminé de parler. Parce que finalement, elle non plus n’est rien. Rien de plus que l’ex-compagne de Liberté Éphémère, la mère de leurs chatons, la meurtrière étrange. Celle qui n’a pas de nom.

« Tu as un nom. »

Comme une affirmation, comme si l’Araignée disait en réalité qu’il a une identité. Qu’il n’est pas seulement le quelque chose de quelqu’un, comme il l’a dit. L’Araignée ne lui a pas demandé son nom, par directement. Peut-être est-il libre de lui dire ou non. De dire seulement que oui, il a un nom, et c’est tout. L’Araignée scrute son regard, peut-être cherche-t-elle à le cerner.

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message posté par Errance, Mar 24 Juil 2018 - 17:06

Encore lui, toujours lui, jamais moi

Tu n’es pas en colère qu’il t’ait pris ta fille ?
Pourquoi est-ce que je lui ai sorti ça ? Je n’aurais pas dû. Je ne la connais pas, je n’aurais pas dû, peut-être qu’elle le prendre mal, se décharger de sa peine, de sa douleur sur moi. Mais je m’en fiche. Qu’elle me fasse du mal, qu’elle me détruise. Ce n’est pas grave, ce n’est pas important. Je ne suis pas important. Alors si je pars, si je meurs, si elle me tue, ça n’a aucune importance, personne ne sera là pour me regretter. vrij ne m’apprécie pas particulièrement je pense, mon frère sera enfin déchargé de la surveillance de son boulet de petit frère, ma mère ne me connaît même plus alors il n’y aucune raison qu’elle souffre de ma disparition et mon père se fout de ce que je peux bien devenir, clairement.
Alors qu’elle me tue.
Je pourrais même l’en remercier.

« Je ne suis pas en colère. Je ne sais pas m’occuper de chatons. J’ai tout détruit. Peut-être qu’elle sera heureuse avec lui, plus qu’elle ne l’aurait été avec moi. »

Son indifférence me fait mal au coeur. Elle me rappelle mon père un peu, Raymsay. Le connard. L’enflure. Il a toujours été indifférent à mon égard. Indifférent ou condescendant, au choix. Je ne me rappelle pas l’avoir déjà entendu me complimenter sur quoi que ce soit. Ce n’est pas un père que j’ai eu non, ni même un entraîneur ou je ne sais quoi. J’ai eu un bourreau pour m’élever, un bourreau pour m’arracher à ma propre mère sans aucune considération pour elle. Et j’ai été assez con pour y croire ouais. J’ai été assez con pour croire que je pouvais y arriver, faire la fierté de celui que j’appelais “Papa”. Sauf que ça ne s’est pas passé comme ça, pas du tout, au contraire. Liberté Éphémère avait tout pour lui et Papa, cet enfoiré de première, l’avait bien vu. Moi je n’étais rien, rien du tout. Juste le benêt de frère, le benjamin du groupe, le cadet, celui qui ne servait pas à grand chose, qui n’aimait pas se battre et ne chassait pas d’une manière très exceptionnelle. Il n’était pas content, mon géniteur. Il ne m’a jamais aimé, il n’y en avait que pour mon frère, mon frère le chat doué, talentueux, celui qui allait tout réussir, celui qui allait devenir un véritable automate au service de notre saint père. Le parfait petit soldat. C’est ce qu’il veut, notre père aux intentions si parfaites. C’est pas des petits gosses bien mignons qu’il veut lui, c’est pas une famille son rêve. Ce qu’il veut c’est sa petite armée personnelle trop aveuglée pour lui désobéir. Trop aveuglée pour voir qu’il y a bien plus dans ce monde que la petite personne imbue d’elle-même qu’est Raymsay. Il n’est rien, ce chat, ce géniteur. Ce père. Il n’est rien et pourtant, pourtant, il parvient toujours à me faire du mal au travers de mes très, trop, nombreux souvenirs. Et c’est dur, c’est tellement dur parfois. De se rappeler de ce temps-là, de frissonner de dégoût en se rappelant de nos propres yeux, émerveillés devant la force du paternel que l’on croyait belle et pure alors qu’elle n’était rien d’autre qu’une forme malsaine de violence. Pourtant je suis resté, idiot que je suis. Je suis resté et je trouve encore le moyen de m’en plaindre alors que je sais très bien que j’aurais pu partir sans problème. J’aurais pu, si je l’avais vraiment voulu. Si j’avais réellement fini par me débarrasser de l’admiration que j’avais eu pour lui. Parce que oui, je l’ai admiré, je l’ai admiré et je m’en veux toujours pour cela, quelque part, même si j’essaie de ne pas trop y penser pour ne pas trop me pourrir la vie. Je suis resté parce que je voulais devenir fort, je voulais essayer de le rendre fier même si, au fn de moi, je savais déjà mieux que n’importe qui d’autre que c’était déjà peine perdue. On ne peut pas impressionner celui qui ne prend même pas la peine de nous regarder et il ne sert à rien de s’acharner à prouver sa valeur à ceux aux yeux desquels on n’a jamais rien valu. Sauf que ça, je ne le savais pas encore, j’étais incapable de m’en rendre compte. J’étais jeune, je n’étais rien de plus qu’un idiot. Et, sans doute le pire dans toute cette histoire, j’avais encore de l’espoir. J’avais encore l’espoir de voir mes progrès monter en flèches, l’espoir de m’améliorer et qu’enfin on me remarque. L’espoir de recevoir un compliment avant mon frère ou même mieux, à la place de mon frère. Oui, je la voulais cette vie. Cette vie que je n’ai jamais pu avoir, cette vie que je n’aurais jamais. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas aimé ça quand Liberté Éphémère m’a apporté Vrij. 
Je n’ai rien contre elle, il ne faut pas se méprendre. 
Mais elle me rappelait cette enfance perdue, cette enfance dont j’aurais aimé pouvoir profiter. Et elle n’aimait pas son père, ne l’a jamais porté dans son coeur. Elle me rappelait trop ma propre personne pour mon bien. C’était dur, de lui enseigner ce que je savais, de la voir progresser de jour en jour, de la voir cracher sur son père. C’était dur de savoir que c’était à cause de moi qu’il était comme ça et donc à cause de moi qu’elle était ainsi. Tout était de ma faute. Tout est de ma faute. Si j’avais été un bon soldat, rien de tout ça ne serait arrivé, mon frère serait encore là, il ne serait pas ce fantôme qui erre à la recherche de la première femelle à fourrer. Si je n’avais pas été tel que je suis encore aujourd’hui, mon frère serait toujours lui-même, il n’aurait tué personne, il n’aurait pas autant de gosses. Il n’aurait pas cette foutue addiction au sexe et au meurtre. Parce que ouais, je vois ça comme une putain d’addiction que j’ai causé. Parce que j’étais décevant alors il voulait l’être aussi. Pour me soutenir, m’aider. Pour s’échapper du joug de notre père. Il  avait d’autres moyens. Mais il a choisi le plus facile, le plus horrible.
Et c’est de ma faute, uniquement de ma faute.

« Tu as un nom. »

Oui. J’ai un nom. C’est vrai.
Mais peu de gens le prononcent alors à quoi bon ? À quoi bon avoir un nom si c’est pour ne pas être nommé. Je n’existes pas, je ne suis rien. Parce que je suis le second choix, celui qu’on choisit en dernier. Celui qui ne sert à rien. Je ne vois pas pourquoi je devrais me présenter directement aux inconnus. Parce qu’ils veulent tous voir mon frère, savoir autre chose. Ou alors, ils finissent tout simplement par tous partir les uns après les autres. Ma mère. Mon père. Mon frère. Ma nièce.
Tout le monde part, tout le monde part, encore et encore et je suis le seul à rester debout, là, à tous les regarder partir et faire leur vie, ils bougent et moi je suis planté là, incapable d’esquisser n’importe quel mouvement. Je suis un idiot.
Un idiot qui a oublié de vivre sa vie.

« Errance. »

Ce nom qui me va à merveille. J’aurais pu m’appeler Fantôme que cela serait revenu au même. Et puis à quoi ça l’avance elle, de savoir mon nom ? Nous n’allons pas nous recroiser, c’est toujours comme ça. Les gens viennent, s’arrête quelques temps, jamais trop longtemps mais assez pour voir que je n’en vaux pas la peine, et ils repartent. Tous. Sans exception. Il ne faut pas rester trop longtemps avec Errance. Il est faible. Il n’est pas comme son frère. Il n’est pas capable de tuer qui que ce soit. Il ne fait pas de mal à une mouche. Ce n’est pas un bon soldat. Il est trop sensible. Il se pose trop de questions.
Ouais.
Faut pas rester trop longtemps avec moi.
Qui sait ce qui pourrait vous arriver, vous deviendrez peut-être plus sensibles au monde qui vous entoure, vous pourriez même ressentir plus de considération pour ceux qui vous aiment. 
Quelle horrible perspective.

« Si tu cherches mon frère, » puisque c’est ce que tout le monde semble faire, je ne suis qu’un messager, un porte parole, on aurait pu m’appeler Hermès ou même Iris, encore mieux. « il n’est pas là. Je ne sais pas où il est parti. »

Et je persiste, oui, je persiste.
Parce que je suis devenu si insignifiant à mes yeux que je pars du principe que c’est la même chose pour tout le monde. Que l’on me trouve aussi misérable que je pense l’être, tout aussi inutile. Parce que je suis tout bonnement incapable de considérer le fait que peut-être, quelqu’un vient pour moi. Peut-être que quelqu’un m’apprécie. Non. C’est forcément pour autre chose, pour mon frère.
On ne vient pas pour Errance. 

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message posté par Veuve Noire, Mar 24 Juil 2018 - 23:21

Les règles ont changé


Errance a un nom, oui. Tout le monde a un nom, quelque part, enfoui. Peut-être qu’on l’oublie. Peut-être qu’on a déjà oublié le nom de Errance, après tout. À quoi bon ? Pourquoi l’Araignée peut demander un nom à un inconnu ? Elle ne le fait jamais et ne donne pas le sien. Après tout, elle non plus n’a pas de nom, pas d’identité. Elle n’est que la mort, une ombre qui plane au-dessus de la nuit, au-dessus de tout, une silhouette dans sa toile. On pense qu’elle est maître du jeu, on pense que c’est elle qui décide tout, perchée là-haut au sommet de son piège, mais peut-être, peut-être que tout cela n’est qu’un mensonge.
Parce qu’ils n’ont d’yeux que pour se regarder eux-mêmes, parce qu’ils ne voient que cette silhouette au loin, et ils ont trop peur pour y faire attention, mais on verrait si l’on prenait le temps, que c’est elle qui se débat dans sa propre toile, c’est elle qui en est prisonnière depuis bien trop longtemps.

Et peut-être, aussi, qu’elle a besoin d’aide l’Araignée. Mais qui veut aider cette meurtrière ? Personne ne peut, personne ne voudra l’aider, parce qu’elle est ce qu’elle est devenue. Et si c’était leur faute, à tous, si c’était eux qui l’avaient fait devenir ainsi ? Parce qu’elle a ri l’Araignée. Elle a été heureuse, elle a aimé Nuage de Bourgeon. Et ils ont tué ça, ils ont tué ce qu’elle ressentait alors l’Araignée est devenue vide, elle est devenue la Veuve Noire.
Mais personne ne connaît son nom, parce qu’elle est pour les rares qui peuvent la reconnaître encore, Araignée Noire, ancienne guerrière du Clan de l’Ombre. Elle est l’Araignée pour certains, les autres guerriers qui connaissent vaguement son nom.
Elle est la mort, pour ceux qui ne la connaissent pas, mais qui prendra le temps de la connaître ? Ils ont peur.

Errance a un nom et l’Araignée en a un aussi, mais à elle personne ne lui demande non plus. Personne ne le connaît et c’est sans doute mieux ainsi ; l’Araignée ne s’en plaint pas et elle ne va pas vers les autres pour donner son nom, après tout. Mais l’Araignée n’a pas demandé son nom au solitaire, elle a seulement dit qu’il avait un nom, comme s’il n’y avait rien de plus habituel. Elle n’a pas demandé son nom et peut-être qu’elle ne veut même pas le savoir, comme lui ne veut peut-être pas savoir le sien, à elle. Ils ne se connaissent pas.
Pourtant il lui révèle son identité. Peut-être une partie de lui, que la plupart ne connaissent même pas. Un nom. Est-ce que ça vaut quelque chose ? Est-ce que ça importe pour l’Araignée ?

« Errance. »

Un nom qui détermine peut-être qui il est. S’est-il toujours appelé ainsi ? Errance, comme s’il n’était qu’un fantôme, une ombre ? Peut-être bien plus proche de l’Araignée qu’on peut le penser. Lui aussi il erre, lui aussi il n’est rien, sans nom, sans identité ou presque. Lui il est un fantôme à moitié effacé, qu’on ne remarque même plus.
L’Araignée, on la remarque, on la voit filer, passer telle une ombre. On la remarque dans la pénombre, on a peur, et elle disparaît. Mais au fond elle aussi est à moitié effacée, et elle non plus n’a pas de nom ; à moins que ce ne soit que parce qu’on ne lui demande pas. Elle ne répond pas, elle ne se dévoile pas. Elle ne dit pas son nom, à elle. Elle aussi, elle en a un, tout le monde a un nom.

« Si tu cherches mon frère, il n’est pas là. Je ne sais pas où il est parti. »

L’Araignée comprend sans doute. Il pense qu’elle le cherche, mais l’Araignée ne veut sans doute pas le croiser. Elle en a peur, à présent. Autant peur que lui d’elle, probablement. Parce qu’elle a tué le Nemesis, parce qu’il va tuer l’Araignée si elle se retrouve face à lui. Par derrière, elle aurait une chance. Mais elle ne veut peut-être plus tuer. Elle a achevé Baie d’Oranger et elle en a fini avec elle. Et peut-être que maintenant elle n’a plus rien à tuer. Plus envie de tuer.
Pourtant elle n’a pas fini avec Errance. Elle répond, l’Araignée, elle répond à ses paroles alors que ce n’est même pas une question. C’est rare, lorsque l’Araignée parle.

« Je ne cherche pas ton frère. Je ne cherche rien. Je ne sais pas, je me sens vide. Détruite. »

L’Araignée n’est plus rien que le vide. Elle ne fixe plus Errance. Elle observe autre chose, loin, trop loin pour que quiconque sache de quoi il s’agit. Peut-être un point, à l’horizon, qu’elle serait seule à pouvoir voir.

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message posté par Errance, Mer 8 Aoû 2018 - 8:31

« Je ne cherche pas ton frère. Je ne cherche rien. Je ne sais pas, je me sens vide. Détruite. »

Elle ne cherche pas mon frère. Et moi je ne comprends pas. Il y en a certaines qui reviennent, vers lui je veux dire. J'en croise parfois. Celles qui ont été consentantes. Je sais qu'elles ne le sont pas toujours. Et je ferme les yeux, je ne dis rien. Je devrais dire quelque chose. Parce que c'est mon rôle. Dans le fond je ne suis qu'un gamin perdu mais je suis le plus mature de nous deux. Liberté Éphémère a besoin d'être encadré, guidé et sans personne pour lui dire quoi faire, il continuer à de commettre ces atrocités. Un jour, peut-être que j'aurais le courage de lui dire ce que je pense. Peut-être.


« Je crois que tout le monde de sent vide à un moment de sa vie. C'est peut-être parce qu'on se rend compte qu'on aurait pu faire mieux avant. Ou qu'on pourrait évoluer en mieux. Sans doute les deux. »

Je me sens vide moi aussi. Parce que je ne supporte plus les agissement de l'honnêteté mais que je ne sais pas quoi faire pour l'aider parce que je me sens beaucoup trop inutile pour ça. Peut-être qu'il faut que je me concentre d'abord sur ma propre personne avant de vouloir l'aider lui. Je l'ai toujours fait passer avant moi, j'ai toujours tout fait passer avant moi. Peut-être qu'à présent il est temps  que je me montre égoïste, au moins un peu. Mais Est-ce réellement de l'égoïsme que de penser à soi après avoir tant donné durant autant de temps ? Je ne sais pas. Peut-être que non. Peut-être que je m'en demande un peu trop.

« Est-ce que tu aimerais changer, toi ? »

Je le demande si je l'ennuie avec mes questions. J'imagine que non, elle serait déjà partie si c'était le cas. Sauf si elle veut seulement se montrer polie mais ce n'est pas la peine, pas avec moi. Pas besoin de faire semblant avec moi, je suis bien trop tolérant et bien trop gentil pour me vexer d'un rien. Je préfère que les gens soient eux-mêmes avec moi. Je suis souvent moi-même. Pas tout le temps mais souvent. Aujourd'hui ça ne va pas fort et je ne le cache pas parce que je n'ai aucun intérêt à le cacher. Je ne comprends pas cette manie de toujours vouloir faire croire que tout va bien ou simplement de de faire une vie construire sur les faux semblants. C'est déroutant.
Tout serait plus simple si nous étions juste nous-mêmes.
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message posté par Veuve Noire, Jeu 9 Aoû 2018 - 10:20

Les règles ont changé


Elle ne cherche pas Liberté Éphémère parce qu’elle n’a aucune raison de le faire. Et il lui faut une raison, il faut toujours une raison pour faire ce que l’on fait, c’est ainsi. S’il n’y a pas de raison on ne le fait pas. Et si elle aimait Liberté Éphémère ça lui donnerait au moins une raison de le chercher, sauf qu’elle ne l’aime pas. Il lui fait peur, sans doute, parce qu’il a vu le Nemesis mort. Et Liberté Éphémère, il a pété les plombs. Il tuera la Veuve Noire s’il la croise à nouveau. Et la Veuve Noire ne veut pas mourir, alors elle ne le cherche pas. Elle n’a pas de raison de le chercher.
Elle n’a sans doute pas aimé Liberté Éphémère. Ou peut-être que si, le temps d’un soir. On ne sait pas. L’Araignée a eu des chatons avec lui, alors elle avait une raison d’en faire. Au moins une infime envie, sinon elle ne l’aurait pas fait.

Et à présent elle est à nouveau vide. Peut-être qu’elle veut changer. Peut-être qu’elle avait une raison d’attendre la Theraphosa, sa fille devenue Petite Furie. Peut-être qu’elle l’aime, elle aussi. L’Araignée qui semblait si forte, meurtrière, aujourd’hui elle n’est plus qu’une ombre. Une silhouette qui se découpe, aux contours pas tout à fait nets, comme un peu effacés par le temps.
Vide.
Mais l’Araignée est toujours là, elle est face à Errance, lui non plus n’est rien. Comme Néant, il n’était rien. Il l’a croisé par hasard et ils sont partis, chacun de leur côté. Ils ne sont plus rien que des ombres, tous. Des ombres que la vie efface peu à peu.

« Je crois que tout le monde de sent vide à un moment de sa vie. C'est peut-être parce qu'on se rend compte qu'on aurait pu faire mieux avant. Ou qu'on pourrait évoluer en mieux. Sans doute les deux. »

Tout le monde se sent vide un jour. Tout le monde se rend compte de ses erreurs, et alors ils regrettent. L’Araignée a fait beaucoup d’erreurs, et elle ne semble rien regretter. Mais peut-être, au fond, que ça la ronge petit à petit. Peut-être qu’elle regrette en réalité, et qu’elle ne montre rien. L’Araignée aurait pu mieux faire. Elle doit le savoir. Elle est intelligente et manipulatrice, mais elle sait tout cela.
Elle sait qu’elle peut évoluer, encore. Qu’elle peut changer. Elle est de nature violente mais elle peut changer cela. Elle pourrait devenir une personne meilleure. La Veuve Noire pourrait, si elle le voulait, changer une infime partie d’elle-même. Jusqu’à devenir quelqu’un de bien.

« Est-ce que tu aimerais changer, toi ? »

La Veuve Noire semble reprendre conscience avec la réalité. Son regard est plus expressif, comme si quelque chose avait déjà changé en elle, en quelques secondes. Les paroles d’Errance, peut-être. Tout a une cause et une conséquence. La présence d’Errance, ici, ses paroles, ses émotions, tout cela a peut-être impacté l’Araignée. Ou peut-être que tout ceci fait seulement partie de son jeu.
Elle ne tuera pas Errance. Elle ne tuera plus personne, peut-être. Elle a achevé Baie d’Oranger alors qu’elle aurait encore pu jouer. Elle l’a achevée comme si, enfin, elle méritait la paix. La Veuve Noire lui a offert la paix.

« Je pense que tout le monde voudrait changer. Il faudrait seulement s’en donner les moyens. »

Et Errance, lui, il voudrait changer aussi, quelque part. Et la Veuve Noire aussi. Sans doute. Dans cette phrase, la Veuve Noire veut peut-être faire prendre conscience à Errance que s’il veut changer, il n’a qu’à s’en donner les moyens. Ce n’est pas aussi simple que des mots, l’Araignée le sait. Les mots sont simples, on peut les tourner comme on veut. Agir est plus difficile. Peut-être que la Veuve Noire veut qu’Errance prenne conscience qu’il en est capable.
L’Araignée sourit un peu, un sourire qui paraît sincère. Et elle salue Errance parce qu’elle doit s’en aller. Elle s’en va toujours mais elle revient toujours aussi. Elle salue Errance et le frôle en partant, comme pour prouver qu’ils sont là, tous les deux.

Parce que s’ils n’étaient que vide ils n’auraient pas pu se toucher.
Parce que s’ils n’existaient pas l’Araignée n’aurait pas senti ce contact avec la fourrure du mâle.
Parce qu’ils sont plus que du vide. Plus que deux simples ombres. Il faut seulement s’en rendre compte. Et la Veuve Noire se rend compte qu’elle existe au travers d’Errance.

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