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Please come back to me [ft. Nuage du Jade]



 

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Ray admine

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Fragment de Neige
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message posté par Fragment de Neige, Mar 24 Juil 2018 - 0:51



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Je l’attendais. Je l’attendais depuis bien trop longtemps. J’espérais. J’espérais qu’elle me revienne. Chaque nuit. Depuis la dernière fois, il n’y avait pas eu de nuit sans que je ne pense à elle. Sans que je ne pense à Nuage du Jade. J’avais peur d’espérer pour rien. J’avais peur de perdre mon temps à espérer son retour. Peur d’échouer, à nouveau. Mais j’avais encore plus peur qu’elle ne revienne pas. Jamais. Qu’elle m’ait abandonné pour de bon. Que la nuit où elle était venue me rendre visite n’ait été la dernière. Que jamais elle n’ose revenir, que jamais elle n’ose me rendre visite. Une dernière visite. Je voulais juste une dernière visite. Pour lui dire tout ce que je ne lui avais pas dit. Y avait-il seulement des choses que je ne lui avais pas dit ? Oui. Il y avait toujours des choses à dire. Il y avait toujours quelque chose à dire. Lui dire à quel point je l’aimais. Car j’aurais beau lui répéter un millier de fois, un million de fois, un milliard de fois, que tous ces mots ne suffiraient pas à lui faire comprendre. Ne suffiraient pas à lui montrer tout l’amour que j’avais pour elle. Tout l’amour qui vivait, à l’intérieur de moi, pour son âme. Pour son âme, son unique âme, et pour personne d’autre. Tout cet amour qui débordait et avec lequel j’espérais pouvoir la faire vivre. La faire ressentir. Encore. J’étais obsédé. J’étais obsédé et aveuglé par tout cet amour que je ne pouvais lui donner car elle n’était pas là. Car elle était dans cet autre monde auquel je n’avais pas accès. Cet autre monde que seuls les mots pouvaient traverser. Et si j’avais pu je l’aurais tirée, sortie d’ici. Mais rien ne me le permettait. Rien.

Je l’attendais. Parce qu’il n’y avait qu’elle que je pouvais attendre. Il n’y avait qu’elle qui pouvait autant me faire espérer. Il n’y avait qu’elle pour me rendre si patient. Pour me faire attendre, désirer, si longtemps sans que je ne finisse pas abandonner. Il n’y avait qu’elle pour me rendre si … Pour me faire me sentir si moi. Pour me faire me sentir si vivant. Et c’était paradoxal. Car, et j’avais beau me répéter que c’était faux, la vérité finissait toujours par me brûler le coeur, par le faire imploser, mais Nuage du Jade n’était plus. Et il n’y avait qu’elle pour me faire aimer. L’aimer elle. Il n’y avait que Nuage du Jade et il n’y aurait jamais personne d’autre. Et c’était toujours aussi terrible à dire. Toujours aussi mortel. Car je n’étais pas capable d’avancer. Je n’étais pas capable de voir de l’avant. Je n’avais pas réussi à être réellement heureux sans elle. Je n’avais jamais réussi à tourner la page. Jamais réussi à faire ce qu’elle aurait aimé que je fasse. Et tant de lunes passaient, notre dernière rencontre datait de plus d’un an déjà. Un an. Un an qu’elle n’était pas venue. Qu’elle n’était pas revenue. Qu’elle n’était pas revenue me voir. Et chaque soir, chaque soir dans une attente interminable. Chaque soir à attendre, chaque soir à espérer, espérer qu’elle revienne, espérer qu’elle me revienne. Pourquoi ne me revenait-elle pas ? Pourquoi n’était-elle toujours pas là ? Que faisait-elle ? Qu’attendait-elle ? Je l’attendais, moi. Je l’attendais elle et personne d’autre. J’attendais qu’elle vienne à nouveau faire escale dans mes rêves. J’attendais.

Je l’attendais. Mais dans mon attente, elle m’avait laissé un petit quelque chose. Elle me l’avait laissé. Elle m’avait laissé ce cadeau, ce présent si inespéré. À moi. Elle avait eu cette confiance, elle avait placé toute sa confiance en moi, Fragment de Neige. Elle m’avait remis son dernier cadeau. Elle m’avait accordée, elle m’avait faite sa dernière promesse à moi et à personne d’autre. Une Promesse. Notre Promesse. Et je n’en revenais toujours pas. Je n’en revenais toujours pas, j’avais toujours cette impression qu’elle avait voulu me la cacher. Pourquoi ne m’avait-elle rien dit ? Pourquoi ne m’avait-elle jamais rien dit alors qu’elle était venue ? Elle était venue me voir, cette nuit, et même à ce moment-là, elle avait su. Elle avait su que cette Promesse éclaterait au grand jour et qu’elle me reviendrait, mais elle ne m’avait rien dit. Pas un mot. Pas un seul. Rien. Qui qui ne puisse me faire deviner, rien qui ne puisse m’avoir mis sur la voix. Rien. Et c’était ce silence qui me perturbait. Son silence. Qu’elle ait décidé de cacher, de voiler le plus beau des cadeaux qu’elle eusse pu me faire. Ce cadeau que mêmes mes pensées les plus folles n’eurent pu créer. Mais elle l’avait fait. Nuage du Jade avait donné naissance à notre fille et ne m’avait rien dit. Rien. Jamais.

Et soudain, cette lueur. Cette lueur inespérée qui finissait par vibrer, au loin tellement loin que j’eus du mal à la distinguer. Mais elle était là. Elle était là et elle brillait. Faiblement, mais elle brillait. Et je savais. Je savais, au fond de moi. Je l’avais toujours su. Je le savais que c’était elle, car ça n’aurait jamais pu être une autre personne; Car c’était elle que j’attendais. Et alors, sûr de moi, je lâchais, dans le vide, en direction de cette lueur si pâle, si faible, si effacée, un miaulement. “Pourquoi ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pourquoi tu ne m’as pas prévenu ?” et j’attendais sa réponse. J’attendais son explication. J’attendais de savoir pourquoi elle ne m’avait jamais révélé l’existence de notre fille.









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Fantôme.
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message posté par Fantôme., Mar 24 Juil 2018 - 2:04

Parce que je l’aime.

Parce que je l’aime, son image ne quitte pas mon esprit. Parce que je l’aime, je ne peux pas m’en sortir, et les émotions me tuent. Tout est trop pour un seul corps, pour un seul âme, trop pour moi seule. Parce que je l’aime, je ne lui ai jamais imposé la puissance de mes sentiments, j’ai tout pris, tout encaissé, pour lui épargner la force de ce qui m’étrangle maintenant, de ce qui me tourmente, de ce qui chasse la paix que j’aurais dû retrouver ici, dans le Clan des Étoiles. Et qui, ici, peut seulement prétendre comprendre ne serait-ce que légèrement la souffrance que les regrets si intenses occasionnent ? Je n’avais pas de vie sur terre, mais entre deux nuits, entre deux souffles, dans son amour, j’ai aperçu l’espace d’un instant un avenir, une vie, que j’aurais pu atteindre du bout des pattes, et.
J’ai tout foutu en l’air.
Parce que je l’aime.

J’ai tout foutu en l’air. Je suis partie. J’ai fui. Je l’ai laissé seul, je l’ai laissé dans les questions, dans la peur, dans l’appréhension et dans l’attente. Je l’ai abandonné pour partir. J’ai eu peur. J’ai eu peur de ce qui aurait pu se passer, peur de l’amour que j’aurais pu ne pas lire dans son regard, peur du rejet que j’aurais pu affronter. Ai-je seulement un jour eu un peu confiance en l’être que je suis ? J’ai tout foutu en l’air parce que je n’ai jamais été assez courageuse pour affronter la vie et que d’être importante m’a fait déraillé. Il ne peut pas m’aimer autant que je l’aime. Il ne peut pas savoir à quel point je meurs, chaque jour, chaque instant, chaque petite seconde, d’amour pour lui en l’observant poursuivre sa vie sur cette terre que j’ai volontairement quitté. Et je m’en veux. Et je regette. Et je ne peux rien changer. Je suis condamnée à ressentir cette douleur aiguë dans mon coeur, dans mon âme, cette douleur qui empoisonne mes veines et me brûle. Ne me laisse pas tranquille. Je l’ai perdu. Je me suis perdue. Je nous suis perdue. Je nous ai détruis alors que l’on commençait à nous construire. Et c’est de ma faute. À moi seule. Il n’est pas coupable. Pas pour ça. Il est coupable de ne pas m’avoir remarqué, il est coupable d’avoir évité mon regard tant de lunes, coupable de m’avoir laissé seule si longtemps. Coupable d’avoir refusé de me voir, refusé d’accepter d’être aimé d’une façon si pure, si puissante et inconditionnelle, sans conditions. Mais pas coupable de nous avoir détruit alors qu’on se bâtissait. Je suis la fautive.
Et je me déteste pour ça.
Parce que je l’aime.

Je meurs. Je meurs d’amour pour ce guerrier, et ça ne changera pas. Ça n’a pas changé depuis la dernière fois, depuis la dernière nuit, depuis nous deux, depuis qu’on s’est vu, que je l’ai amené me voir parce que j’avais besoin de lui, de l’entendre, de le revoir, de revoir son pelage, de revoir ses yeux, et de me sentir enveloppée par son regard et son amour. Mais ce vide a été. Ce vide nous a séparé. Ce vide parce que je ne suis plus de chair et d’os, je suis un mélange de poussière et d’étoile, de la cendre, parce que notre vie s’est envolée en fumée en même temps que moi. Et que je ne peux rien changer. Mais je l’aime et je continuerais de l’aimer de toutes mes forces, parce que mon regard ne peut se détacher de lui, parce que je ne peux cesser de sentir mon coeur mort battre de toutes ses forces pour lui, parce que mes respirations ont toujours été pour lui, tout a toujours été pour lui, depuis que je l’ai vu, depuis que je l’ai observé, si longtemps, si doucement, dans toute ma timidité. Je me déteste. Je me déteste d’avoir tout détruit, je me déteste parce que je l’ai perdu, parce que la vie me sépare maintenant de celui qui est tout pour moi. Je me déteste.
Parce que je l’aime.
Et j’ai besoin de lui. Toujours autant. Les larmes ont si souvent coulé depuis la dernière nuit, depuis que je me suis forcée à rester forte en lui assurant que son sourire serait le mien. Il n’a pas souri. Il n’a pas aimé. Mon fantôme a continué de le hanter et de le tenir éloigné des autres. Par ma faute. Parce que j’ai tout détruit. Parce que je l’ai détruit. Je suis l’auteur de notre destruction et je ne peux que me détester, parce qu’il mérite mieux que tout ça, mieux que cette tristesse, mieux que cette souffrance et ces regrets. Je regrette. Et je l’aime. Je ne regrette pas de l’aimer. Je regrette d’être la féline faible que je suis, peureuse et pas un poil courageuse. J’aurais aimé pouvoir revenir dans le temps. Mais notre Promesse s’éternisera. Notre promesse d’un jour nouveau. Notre promesse d’un renouveau. Notre Promesse secrète et silencieuse. Notre Promesse qui a retrouvé le chemin du coeur de Fragmur de Fragment de Neige. M’en veut-il de ne pas lui avoir dit ? Il aurait tous les droits de me reprocher ce silence. Tous les droits de me détester. De ne pas vouloir me pardonner. Mais la honte et les regrets m’ont suturé le coeur et m’a empêché de dire quoi que ce soit. Parce que je l’ai abandonné. J’ai abandonné notre promesse.
Je suis la plus mauvaise des mères. La pire. Et ma propre fille me déteste sans doute. Je la comprendrais. J’ai appris à me détester avec le temps. Et je me déteste toujours.

Je le vois. Au loin. Je sais que c’est lui. Sa silhouette. Son odeur qui se rend jusqu’à moi. Mon amour est là. Mon amour est là et les regrets m’étouffent, m’étranglent, les regrets me prennent à la gorge et les larmes me montent aux yeux. Forte. Forte. Je dois rester forte. Ne pas lui imposer mes émotions. Au moins ça. Demeurer forte devant lui et ne pas craquer, mais la tristesse et les regrets me tourmentent et je faiblis. Je ne sais pas. Comment j’ai tenu la dernière fois. Mais je n’y arrive pas. Je reste là. Immobile. Figée. Je veux changer. Revenir dans le temps et tout recommencer. Je veux que l’on puisse vivre tous les deux, effacer mes erreurs et ma peur. Je veux.
Je ne peux pas.
Mais je l’aime.
Et je le regarde tandis que sa voix arrive jusqu'à mes oreilles. Pas n’importe quelle voix. La sienne. Celle de celui pour qui je donnerais tout sans la moindre petite parcelle d’hésitation. Et je ne peux pas. Je ne peux pas rester forte. Je ne peux plus rester forte. Je faiblis. Je fais un pas en sa direction. Et puis un autre. “Fragment de Neige" Ma voix tremble et faiblit. Comment..lui expliquer seulement. J’avance. M’a-t-il entendu ? “Je ne pouvais pas.. alors que je l’avais abandonné. Que.. je vous avais abandonné. J’avais.. si honte. D’être une si mauvaise mère.” Je ne pleure toujours pas. Je me surprends moi-même, mais je sens les larmes. Et ma vue est brouillée. Je tiens.
Et je craque.

“Je changerais tout si je pouvais. Je veux tout changer. Tout recommencer ! C’est ma faute.. Fragment de Neige.. je ne pouvais pas..” Les larmes coulent par torrent. Les larmes mouillent mon pelage. Je ne suis pas forte. Je me déteste et je regrette. Tout ce que j’ai fait. Je regrettre. Tout ce que je n’ai pas fait. Je regrette. Tout ce que j’ai dit et tout ce que je n’ai pas dit, je regette. Et je l’aime. “J’ai tout fait de travit de travers, je sais.. et.. et tu dois m’en vouloir pour tout ça et elle doit me détester.. je ne pouvais pas, je n’étais pas courageuse, moi, je ne le suis toujours pas.. j’avais peur, j’avais honte, j’ai tout fait de travers..” Les larmes n’arrêtent pas de couler, je craque, je ne respire plus que par saccades, et mon coeur est presque la seule chose que je suis capable d’entendre. “Je suis tellement désolée.. je - je comprendrais que tu me rejettes…” J’ai tellement mal. Je ne peux pas arrêter de pleurer.


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Fragment de Neige
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message posté par Fragment de Neige, Jeu 1 Nov 2018 - 23:40



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N’était-elle pas venue me rendre visite parce que je lui avais fait du mal ? Parce que je l’ai déçue ? Pourquoi ? J’ai fait tant d’erreurs qu’il m’est possible de remettre la faute sur presque n’importe quel fait. N’importe quel acte. Je n’ai rien fait de correct. Rien fait de bon. Et je m’en veux tellement. Je l’ai blessée. Je l’ai blessée et je m’en veux à mourir. Jamais. Jamais je ne parviendrais à guérir cette blessure que je lui ai infligée. Je m’en veux tellement. Si seulement je pouvais la serrer entre mes pattes. Lui dire à quel point je suis désolé. À quel point elle me manque. À quel point les moments que nous avons pu passer ensemble me sont si précieux. Si seulement je pouvais remonter le temps. Revenir à ce jour, cette nuit. Cette dernière nuit, notre dernière nuit. Si je pouvais tout effacer, tout recommencer. La retenir. L’empêcher de s’en aller. L’empêcher de partir. L’empêcher de me laisser. L’empêcher, tout simplement. L’attraper, la garder. À mes côtés. Nous laisser la promesse d’un avenir commun. Mais je n’ai rien fait. Je n’ai rien fait de bien. Tout n’a été qu’erreurs. Voilà, ce que je fais. Voilà, ce qu’il reste de moi, ce qui reste de nous. Je ne sais pas faire les bons choix. Je ne fais jamais les bons choix, je n’ai jamais fait les bons choix. Je n’ai jamais su ce qui était bon pour moi, ce qui était bon pour nous, ce qui était bon pour elle. Pour Nuage du Jade. Pour toi. J’ai tout fait de travers. Je l’ai blessée. Je l’ai tuée. Je suis son meurtrier. Elle est morte parce que je l’aimais. Parce que je l’aime.

Je veux voir cette lueur si faible, ce scintillement plein d’espoir, inonder de sa lumière cet espace si perdu, si froid. Ce vide dans lequel nous nous réunissons, car les mondes ne nous permettent pas de nous voir ailleurs. Car son monde est différent du mien et que je ne peux pas m’y rendre. Je veux la voir brûler d’une flamme inextinguible. Je veux que cette flamme, ce soit moi qui l’allume. Je veux l’allumer et garder ce feu en vie. Pour qu’elle vive, à tout jamais. Pour qu’à jamais, elle reste là, auprès de moi. Que jamais elle ne parte. Je veux qu’elle soit ce feu, cette flamme de vie qui puisse moi aussi me maintenir en vie. J’ai besoin d’elle. J’ai toujours eu besoin d’elle. Et je ne m’en suis rendu compte que trop tard. Comme trop souvent. Comme à chaque fois. Je n’ai jamais rien fait de bien. Rien de vivable. Rien pour nous deux. J’ai tout foutu en l’air. Je ne suis pas digne de confiance. Je ne suis digne de rien, et surtout pas d’elle. Peut-être est-ce pour cela qu’elle ne m’a pas prévenu. Qu’elle n’a pas voulu me tenir au courant. Peut-être qu’elle ne voulait pas, qu’elle ne veut pas. Qu’elle ne voulait pas que notre fille, Petite Promesse, me cherche. Qu’elle me cherche et qu’elle me trouve. Elle ne voulait pas, elle ne veut pas que je la retrouve, car elle l’aime, et elle sait que je risque de tout foutre en l’air. Tout comme j’ai tout foutu en l’air avec elle. Avec celle que j’aime. Parce que je l’aime.

Comment lui dire ? Comment lui expliquer, comment lui faire comprendre ? Comment lui montrer à quel point je l’aime ? À quel point je m’en veux, à quel point j’aimerais retourner dans le passé, remonter le temps ? Aucun mot ne serait l’expliquer. Aucun acte, rien. Ma bêtise est irréparable. Je suis condamné. Rien que je ne puisse faire ne me fera retourner en arrière, rien que je ne puisse faire rendra la vie à celle que j’aime. J’ai brisé une âme qui jamais ne pourra être réparée. Et par la même occasion, j’ai brisé la mienne. Qu’ais-je fait ? Je fixe, à travers ce vide, à travers cette absence, la lueur. Sa lueur. Elle était tout. Elle est tout pour moi. Elle est cette flamme, ce rayon de soleil, cette étoile qui ouvre la voie, qui éclaire mon chemin, qui éclaire mon âme perdue et effrayée. C’est elle. Ça n’a jamais été qu’elle. Comment ai-je pu imaginer, ne serait-ce que l’espace d’un instant, la remplacer ? J’ai tout faux. Je me suis aveuglé. J’ai voulu me cacher la vérité. Mais elle est là, elle explose au grand jour, elle m’explose à la figure. Nuage du Jade. Il n’y a qu’elle, il n’y a jamais eu qu’elle. Je suis un damné. Mon égoïsme m’a tué. Non, mon égoïsme l’a tuée. Parce que je ne l’ai jamais vue. Jamais remarquée. Je n’étais intéressé que par moi, que par ma petite personne, et je l’ai tuée. Je n’ai jamais rien fait de bon. J’aurais voulu. J’aurais voulu tout changer. Me changer. Parce que je l’aime.

Je l’aime et je ne la mérite pas. Je ne l’ai jamais méritée. Elle est morte parce qu’elle s’est dévalorisée, parce qu’elle s’est intéressé à moi. Un idiot fini. Un gamin mégalomane et incapable de prendre des décisions sérieuses, d’endosser des responsabilités. Car je suis ce gamin capricieux dont elle a fait l’erreur de tomber amoureuse. Ses yeux se posent sur moi. Comment ? Comment peut-elle encore me regarder dans les yeux, avec tout le mal que je lui ai fait ? Elle parle. Elle a parlé. Je n’ai pas rêvé. Elle m’a appelé. J’en suis sûre, elle m’a appelé. Elle a prononcé mon nom. Sa voix, sa voix … Je m’en souviens. Je me suis fait la promesse de ne plus jamais l’oublier, depuis la dernière fois. Je me le suis promis, et j’ai tenu ma promesse. Oui, c’est celle-là, exactement celle-là. Elle n’a pas changé d’un pouce. En un an, sa voix est toujours aussi belle. Aussi douce, aussi … Aussi sienne. “Fragment de Neige”. C’est moi. Mon nom. À nouveau. Elle s’avance. Elle hésite. Elle ne devrait pas. Elle ne devrait pas s’approcher de moi. Je suis dangereux. Je suis son assassin. Je suis celui qui l’a menée à sa perte. Je devrais lui dire de reculer, mais c’est impossible. Je n’y arrive pas. Je la désire tant que je ne veux pas la voir s’éloigner. Ma voix ne m’obéit pas. Mon coeur l’en défend. Mon coeur la veut ici, au plus près de moi, et il empêche ma voix de dire, faire ce qui devrait être juste. “Je ne pouvais pas.. alors que je l’avais abandonné. Que.. je vous avais abandonné. J’avais.. si honte. D’être une si mauvaise mère”. Non ! Non ! Non, elle n’est pas une mauvaise mère. Elle est parfaite. Elle est la mère dont tout le monde devrait rêver. Elle est cette femelle si protectrice, si juste … Cette femelle dont j’aurais aimé qu’elle soit la mère de mes enfants. Et … Elle l’est. Elle est la mère de mon enfant. De notre enfant. Parce que je l’aime.

Je changerais tout si je pouvais. Je veux tout changer. Tout recommencer ! C’est ma faute.. Fragment de Neige.. je ne pouvais pas..”. Moi aussi. Moi aussi, si tu savais. Si tu savais tout ce que je pourrais faire. Pour toi. Pour nous. Non, ce n’est pas ta faute. Ça n’a jamais été ta faute et ça ne le sera jamais. Je suis coupable. Elle pleure. Je l’ai faite pleurer. Moi, encore moi. Je suis à l’origine de tous ses maux. Je suis à l’origine de tous ses désespoirs. Elle ne gagnera jamais rien. Elle n’y gagnera jamais rien. Je suis un poids mort, je suis un boulet. Je suis la griffe qui s’appuie sur sa jugulaire à chaque moment de sa vie. Je suis un poison pour elle. Je l’ai empoisonnée, je l’ai assassinée, je l’ai tuée. Moi, moi, et personne d’autre. Comment peut-elle dire cela ? Comment ? Comment peut-elle s’imaginer seulement être la fauteuse, la coupable de cette histoire, de notre histoire ? Je suis sa mort. Elle pleure, et je ne peux rien faire. Je ne peux pas la prendre entre mes pattes, je ne peux pas essuyer ses larmes, je ne peux pas mettre fin à ses pleurs. “J’ai tout fait de travers, je sais.. et.. et tu dois m’en vouloir pour tout ça et elle doit me détester.. je ne pouvais pas, je n’étais pas courageuse, moi, je ne le suis toujours pas.. j’avais peur, j’avais honte, j’ai tout fait de travers… Je suis tellement désolée.. je - je comprendrais que tu me rejettes…”. Comment ? Comment peut-elle me dire cela, à moi ? Comment puis-je encore rester là, muet, à la laisser parler, déverser cette tonne de foutaises, d’idioties, d’ignominies sans nom ? Je dois réagir. Parce que je l’aime.

Je l’aime. Je t’aime. Je t’aime tellement. Je t’aime tellement que je t’ai fait du mal. Je t’aime tellement que ça a causé ta perte. Tu es morte à cause de moi. À cause de mon amour. Je m’approche. Je m’approche comme je peux, je marche, je me démène. Je veux être là. Je veux être le plus proche possible. Le plus proche possible de ce pelage scintillant, brillant, de cette lueur de vie qu’est Nuage du Jade. Pour lui chuchoter à l’oreille : “Arrête. Arrête. Personne ne t’en veux. Tu n’as rien fait. Rien n’est de ta faute”. Pourquoi ? Pourquoi m’empêche-t-on de la serrer contre moi ? Pourquoi m’empêche-t-on de la voir quand je le souhaite ? Je sais pourquoi. J’ai toujours su pourquoi. “Elle t’adore. Elle t’aime presque autant, peut-être même plus que moi. Si tu la voyais. Si tu voyais tout ce que tu as fait pour elle, si tu voyais comment elle te ressemble et comment elle est belle”. Je souris. “Elle est magnifique. Elle est magnifique, et tu en es la responsable. C’est toi, qui l’a élevée. C’est toi qui l’a mise au monde, c’est toi qui a tout fait pour elle tandis que moi… Je n’étais pas là. Je n’étais pas au bon endroit. Je ne suis jamais au bon endroit au bon moment”. Lève les yeux, essuie ces larmes, par pitié. Je fixe ses yeux verts pâles. Ses yeux de jade. “Jamais, tu m’entends. Jamais je ne te rejetterais. Tu es à moi. Tu es moi”. Parce que je t’aime.









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