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Ray admine

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Étoile Fragmentée
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message posté par Étoile Fragmentée, Lun 23 Juil 2018 - 19:51



• Please come back to me •


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Je l’attendais. Je l’attendais depuis bien trop longtemps. J’espérais. J’espérais qu’elle me revienne. Chaque nuit. Depuis la dernière fois, il n’y avait pas eu de nuit sans que je ne pense à elle. Sans que je ne pense à Nuage du Jade. J’avais peur d’espérer pour rien. J’avais peur de perdre mon temps à espérer son retour. Peur d’échouer, à nouveau. Mais j’avais encore plus peur qu’elle ne revienne pas. Jamais. Qu’elle m’ait abandonné pour de bon. Que la nuit où elle était venue me rendre visite n’ait été la dernière. Que jamais elle n’ose revenir, que jamais elle n’ose me rendre visite. Une dernière visite. Je voulais juste une dernière visite. Pour lui dire tout ce que je ne lui avais pas dit. Y avait-il seulement des choses que je ne lui avais pas dit ? Oui. Il y avait toujours des choses à dire. Il y avait toujours quelque chose à dire. Lui dire à quel point je l’aimais. Car j’aurais beau lui répéter un millier de fois, un million de fois, un milliard de fois, que tous ces mots ne suffiraient pas à lui faire comprendre. Ne suffiraient pas à lui montrer tout l’amour que j’avais pour elle. Tout l’amour qui vivait, à l’intérieur de moi, pour son âme. Pour son âme, son unique âme, et pour personne d’autre. Tout cet amour qui débordait et avec lequel j’espérais pouvoir la faire vivre. La faire ressentir. Encore. J’étais obsédé. J’étais obsédé et aveuglé par tout cet amour que je ne pouvais lui donner car elle n’était pas là. Car elle était dans cet autre monde auquel je n’avais pas accès. Cet autre monde que seuls les mots pouvaient traverser. Et si j’avais pu je l’aurais tirée, sortie d’ici. Mais rien ne me le permettait. Rien.

Je l’attendais. Parce qu’il n’y avait qu’elle que je pouvais attendre. Il n’y avait qu’elle qui pouvait autant me faire espérer. Il n’y avait qu’elle pour me rendre si patient. Pour me faire attendre, désirer, si longtemps sans que je ne finisse pas abandonner. Il n’y avait qu’elle pour me rendre si … Pour me faire me sentir si moi. Pour me faire me sentir si vivant. Et c’était paradoxal. Car, et j’avais beau me répéter que c’était faux, la vérité finissait toujours par me brûler le coeur, par le faire imploser, mais Nuage du Jade n’était plus. Et il n’y avait qu’elle pour me faire aimer. L’aimer elle. Il n’y avait que Nuage du Jade et il n’y aurait jamais personne d’autre. Et c’était toujours aussi terrible à dire. Toujours aussi mortel. Car je n’étais pas capable d’avancer. Je n’étais pas capable de voir de l’avant. Je n’avais pas réussi à être réellement heureux sans elle. Je n’avais jamais réussi à tourner la page. Jamais réussi à faire ce qu’elle aurait aimé que je fasse. Et tant de lunes passaient, notre dernière rencontre datait de plus d’un an déjà. Un an. Un an qu’elle n’était pas venue. Qu’elle n’était pas revenue. Qu’elle n’était pas revenue me voir. Et chaque soir, chaque soir dans une attente interminable. Chaque soir à attendre, chaque soir à espérer, espérer qu’elle revienne, espérer qu’elle me revienne. Pourquoi ne me revenait-elle pas ? Pourquoi n’était-elle toujours pas là ? Que faisait-elle ? Qu’attendait-elle ? Je l’attendais, moi. Je l’attendais elle et personne d’autre. J’attendais qu’elle vienne à nouveau faire escale dans mes rêves. J’attendais.

Je l’attendais. Mais dans mon attente, elle m’avait laissé un petit quelque chose. Elle me l’avait laissé. Elle m’avait laissé ce cadeau, ce présent si inespéré. À moi. Elle avait eu cette confiance, elle avait placé toute sa confiance en moi, Fragment de Neige. Elle m’avait remis son dernier cadeau. Elle m’avait accordée, elle m’avait faite sa dernière promesse à moi et à personne d’autre. Une Promesse. Notre Promesse. Et je n’en revenais toujours pas. Je n’en revenais toujours pas, j’avais toujours cette impression qu’elle avait voulu me la cacher. Pourquoi ne m’avait-elle rien dit ? Pourquoi ne m’avait-elle jamais rien dit alors qu’elle était venue ? Elle était venue me voir, cette nuit, et même à ce moment-là, elle avait su. Elle avait su que cette Promesse éclaterait au grand jour et qu’elle me reviendrait, mais elle ne m’avait rien dit. Pas un mot. Pas un seul. Rien. Qui qui ne puisse me faire deviner, rien qui ne puisse m’avoir mis sur la voix. Rien. Et c’était ce silence qui me perturbait. Son silence. Qu’elle ait décidé de cacher, de voiler le plus beau des cadeaux qu’elle eusse pu me faire. Ce cadeau que mêmes mes pensées les plus folles n’eurent pu créer. Mais elle l’avait fait. Nuage du Jade avait donné naissance à notre fille et ne m’avait rien dit. Rien. Jamais.

Et soudain, cette lueur. Cette lueur inespérée qui finissait par vibrer, au loin tellement loin que j’eus du mal à la distinguer. Mais elle était là. Elle était là et elle brillait. Faiblement, mais elle brillait. Et je savais. Je savais, au fond de moi. Je l’avais toujours su. Je le savais que c’était elle, car ça n’aurait jamais pu être une autre personne; Car c’était elle que j’attendais. Et alors, sûr de moi, je lâchais, dans le vide, en direction de cette lueur si pâle, si faible, si effacée, un miaulement. “Pourquoi ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pourquoi tu ne m’as pas prévenu ?” et j’attendais sa réponse. J’attendais son explication. J’attendais de savoir pourquoi elle ne m’avait jamais révélé l’existence de notre fille.






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message posté par Fantôme., Lun 23 Juil 2018 - 21:04

Parce que je l’aime.

Parce que je l’aime, son image ne quitte pas mon esprit. Parce que je l’aime, je ne peux pas m’en sortir, et les émotions me tuent. Tout est trop pour un seul corps, pour un seul âme, trop pour moi seule. Parce que je l’aime, je ne lui ai jamais imposé la puissance de mes sentiments, j’ai tout pris, tout encaissé, pour lui épargner la force de ce qui m’étrangle maintenant, de ce qui me tourmente, de ce qui chasse la paix que j’aurais dû retrouver ici, dans le Clan des Étoiles. Et qui, ici, peut seulement prétendre comprendre ne serait-ce que légèrement la souffrance que les regrets si intenses occasionnent ? Je n’avais pas de vie sur terre, mais entre deux nuits, entre deux souffles, dans son amour, j’ai aperçu l’espace d’un instant un avenir, une vie, que j’aurais pu atteindre du bout des pattes, et.
J’ai tout foutu en l’air.
Parce que je l’aime.

J’ai tout foutu en l’air. Je suis partie. J’ai fui. Je l’ai laissé seul, je l’ai laissé dans les questions, dans la peur, dans l’appréhension et dans l’attente. Je l’ai abandonné pour partir. J’ai eu peur. J’ai eu peur de ce qui aurait pu se passer, peur de l’amour que j’aurais pu ne pas lire dans son regard, peur du rejet que j’aurais pu affronter. Ai-je seulement un jour eu un peu confiance en l’être que je suis ? J’ai tout foutu en l’air parce que je n’ai jamais été assez courageuse pour affronter la vie et que d’être importante m’a fait déraillé. Il ne peut pas m’aimer autant que je l’aime. Il ne peut pas savoir à quel point je meurs, chaque jour, chaque instant, chaque petite seconde, d’amour pour lui en l’observant poursuivre sa vie sur cette terre que j’ai volontairement quitté. Et je m’en veux. Et je regette. Et je ne peux rien changer. Je suis condamnée à ressentir cette douleur aiguë dans mon coeur, dans mon âme, cette douleur qui empoisonne mes veines et me brûle. Ne me laisse pas tranquille. Je l’ai perdu. Je me suis perdue. Je nous suis perdue. Je nous ai détruis alors que l’on commençait à nous construire. Et c’est de ma faute. À moi seule. Il n’est pas coupable. Pas pour ça. Il est coupable de ne pas m’avoir remarqué, il est coupable d’avoir évité mon regard tant de lunes, coupable de m’avoir laissé seule si longtemps. Coupable d’avoir refusé de me voir, refusé d’accepter d’être aimé d’une façon si pure, si puissante et inconditionnelle, sans conditions. Mais pas coupable de nous avoir détruit alors qu’on se bâtissait. Je suis la fautive.
Et je me déteste pour ça.
Parce que je l’aime.

Je meurs. Je meurs d’amour pour ce guerrier, et ça ne changera pas. Ça n’a pas changé depuis la dernière fois, depuis la dernière nuit, depuis nous deux, depuis qu’on s’est vu, que je l’ai amené me voir parce que j’avais besoin de lui, de l’entendre, de le revoir, de revoir son pelage, de revoir ses yeux, et de me sentir enveloppée par son regard et son amour. Mais ce vide a été. Ce vide nous a séparé. Ce vide parce que je ne suis plus de chair et d’os, je suis un mélange de poussière et d’étoile, de la cendre, parce que notre vie s’est envolée en fumée en même temps que moi. Et que je ne peux rien changer. Mais je l’aime et je continuerais de l’aimer de toutes mes forces, parce que mon regard ne peut se détacher de lui, parce que je ne peux cesser de sentir mon coeur mort battre de toutes ses forces pour lui, parce que mes respirations ont toujours été pour lui, tout a toujours été pour lui, depuis que je l’ai vu, depuis que je l’ai observé, si longtemps, si doucement, dans toute ma timidité. Je me déteste. Je me déteste d’avoir tout détruit, je me déteste parce que je l’ai perdu, parce que la vie me sépare maintenant de celui qui est tout pour moi. Je me déteste.
Parce que je l’aime.
Et j’ai besoin de lui. Toujours autant. Les larmes ont si souvent coulé depuis la dernière nuit, depuis que je me suis forcée à rester forte en lui assurant que son sourire serait le mien. Il n’a pas souri. Il n’a pas aimé. Mon fantôme a continué de le hanter et de le tenir éloigné des autres. Par ma faute. Parce que j’ai tout détruit. Parce que je l’ai détruit. Je suis l’auteur de notre destruction et je ne peux que me détester, parce qu’il mérite mieux que tout ça, mieux que cette tristesse, mieux que cette souffrance et ces regrets. Je regrette. Et je l’aime. Je ne regrette pas de l’aimer. Je regrette d’être la féline faible que je suis, peureuse et pas un poil courageuse. J’aurais aimé pouvoir revenir dans le temps. Mais notre Promesse s’éternisera. Notre promesse d’un jour nouveau. Notre promesse d’un renouveau. Notre Promesse secrète et silencieuse. Notre Promesse qui a retrouvé le chemin du coeur de Fragmur de Fragment de Neige. M’en veut-il de ne pas lui avoir dit ? Il aurait tous les droits de me reprocher ce silence. Tous les droits de me détester. De ne pas vouloir me pardonner. Mais la honte et les regrets m’ont suturé le coeur et m’a empêché de dire quoi que ce soit. Parce que je l’ai abandonné. J’ai abandonné notre promesse.
Je suis la plus mauvaise des mères. La pire. Et ma propre fille me déteste sans doute. Je la comprendrais. J’ai appris à me détester avec le temps. Et je me déteste toujours.

Je le vois. Au loin. Je sais que c’est lui. Sa silhouette. Son odeur qui se rend jusqu’à moi. Mon amour est là. Mon amour est là et les regrets m’étouffent, m’étranglent, les regrets me prennent à la gorge et les larmes me montent aux yeux. Forte. Forte. Je dois rester forte. Ne pas lui imposer mes émotions. Au moins ça. Demeurer forte devant lui et ne pas craquer, mais la tristesse et les regrets me tourmentent et je faiblis. Je ne sais pas. Comment j’ai tenu la dernière fois. Mais je n’y arrive pas. Je reste là. Immobile. Figée. Je veux changer. Revenir dans le temps et tout recommencer. Je veux que l’on puisse vivre tous les deux, effacer mes erreurs et ma peur. Je veux.
Je ne peux pas.
Mais je l’aime.
Et je le regarde tandis que sa voix arrive jusqu'à mes oreilles. Pas n’importe quelle voix. La sienne. Celle de celui pour qui je donnerais tout sans la moindre petite parcelle d’hésitation. Et je ne peux pas. Je ne peux pas rester forte. Je ne peux plus rester forte. Je faiblis. Je fais un pas en sa direction. Et puis un autre. “Fragment de Neige" Ma voix tremble et faiblit. Comment..lui expliquer seulement. J’avance. M’a-t-il entendu ? “Je ne pouvais pas.. alors que je l’avais abandonné. Que.. je vous avais abandonné. J’avais.. si honte. D’être une si mauvaise mère.” Je ne pleure toujours pas. Je me surprends moi-même, mais je sens les larmes. Et ma vue est brouillée. Je tiens.
Et je craque.

“Je changerais tout si je pouvais. Je veux tout changer. Tout recommencer ! C’est ma faute.. Fragment de Neige.. je ne pouvais pas..” Les larmes coulent par torrent. Les larmes mouillent mon pelage. Je ne suis pas forte. Je me déteste et je regrette. Tout ce que j’ai fait. Je regrettre. Tout ce que je n’ai pas fait. Je regrette. Tout ce que j’ai dit et tout ce que je n’ai pas dit, je regette. Et je l’aime. “J’ai tout fait de travit de travers, je sais.. et.. et tu dois m’en vouloir pour tout ça et elle doit me détester.. je ne pouvais pas, je n’étais pas courageuse, moi, je ne le suis toujours pas.. j’avais peur, j’avais honte, j’ai tout fait de travers..” Les larmes n’arrêtent pas de couler, je craque, je ne respire plus que par saccades, et mon coeur est presque la seule chose que je suis capable d’entendre. “Je suis tellement désolée.. je - je comprendrais que tu me rejettes…” J’ai tellement mal. Je ne peux pas arrêter de pleurer.


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message posté par Étoile Fragmentée, Jeu 1 Nov 2018 - 19:40



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N’était-elle pas venue me rendre visite parce que je lui avais fait du mal ? Parce que je l’ai déçue ? Pourquoi ? J’ai fait tant d’erreurs qu’il m’est possible de remettre la faute sur presque n’importe quel fait. N’importe quel acte. Je n’ai rien fait de correct. Rien fait de bon. Et je m’en veux tellement. Je l’ai blessée. Je l’ai blessée et je m’en veux à mourir. Jamais. Jamais je ne parviendrais à guérir cette blessure que je lui ai infligée. Je m’en veux tellement. Si seulement je pouvais la serrer entre mes pattes. Lui dire à quel point je suis désolé. À quel point elle me manque. À quel point les moments que nous avons pu passer ensemble me sont si précieux. Si seulement je pouvais remonter le temps. Revenir à ce jour, cette nuit. Cette dernière nuit, notre dernière nuit. Si je pouvais tout effacer, tout recommencer. La retenir. L’empêcher de s’en aller. L’empêcher de partir. L’empêcher de me laisser. L’empêcher, tout simplement. L’attraper, la garder. À mes côtés. Nous laisser la promesse d’un avenir commun. Mais je n’ai rien fait. Je n’ai rien fait de bien. Tout n’a été qu’erreurs. Voilà, ce que je fais. Voilà, ce qu’il reste de moi, ce qui reste de nous. Je ne sais pas faire les bons choix. Je ne fais jamais les bons choix, je n’ai jamais fait les bons choix. Je n’ai jamais su ce qui était bon pour moi, ce qui était bon pour nous, ce qui était bon pour elle. Pour Nuage du Jade. Pour toi. J’ai tout fait de travers. Je l’ai blessée. Je l’ai tuée. Je suis son meurtrier. Elle est morte parce que je l’aimais. Parce que je l’aime.

Je veux voir cette lueur si faible, ce scintillement plein d’espoir, inonder de sa lumière cet espace si perdu, si froid. Ce vide dans lequel nous nous réunissons, car les mondes ne nous permettent pas de nous voir ailleurs. Car son monde est différent du mien et que je ne peux pas m’y rendre. Je veux la voir brûler d’une flamme inextinguible. Je veux que cette flamme, ce soit moi qui l’allume. Je veux l’allumer et garder ce feu en vie. Pour qu’elle vive, à tout jamais. Pour qu’à jamais, elle reste là, auprès de moi. Que jamais elle ne parte. Je veux qu’elle soit ce feu, cette flamme de vie qui puisse moi aussi me maintenir en vie. J’ai besoin d’elle. J’ai toujours eu besoin d’elle. Et je ne m’en suis rendu compte que trop tard. Comme trop souvent. Comme à chaque fois. Je n’ai jamais rien fait de bien. Rien de vivable. Rien pour nous deux. J’ai tout foutu en l’air. Je ne suis pas digne de confiance. Je ne suis digne de rien, et surtout pas d’elle. Peut-être est-ce pour cela qu’elle ne m’a pas prévenu. Qu’elle n’a pas voulu me tenir au courant. Peut-être qu’elle ne voulait pas, qu’elle ne veut pas. Qu’elle ne voulait pas que notre fille, Petite Promesse, me cherche. Qu’elle me cherche et qu’elle me trouve. Elle ne voulait pas, elle ne veut pas que je la retrouve, car elle l’aime, et elle sait que je risque de tout foutre en l’air. Tout comme j’ai tout foutu en l’air avec elle. Avec celle que j’aime. Parce que je l’aime.

Comment lui dire ? Comment lui expliquer, comment lui faire comprendre ? Comment lui montrer à quel point je l’aime ? À quel point je m’en veux, à quel point j’aimerais retourner dans le passé, remonter le temps ? Aucun mot ne saurait l’expliquer. Aucun acte, rien. Ma bêtise est irréparable. Je suis condamné. Rien que je ne puisse faire ne me fera retourner en arrière, rien que je ne puisse faire rendra la vie à celle que j’aime. J’ai brisé une âme qui jamais ne pourra être réparée. Et par la même occasion, j’ai brisé la mienne. Qu’ais-je fait ? Je fixe, à travers ce vide, à travers cette absence, la lueur. Sa lueur. Elle était tout. Elle est tout pour moi. Elle est cette flamme, ce rayon de soleil, cette étoile qui ouvre la voie, qui éclaire mon chemin, qui éclaire mon âme perdue et effrayée. C’est elle. Ça n’a jamais été qu’elle. Comment ai-je pu imaginer, ne serait-ce que l’espace d’un instant, la remplacer ? J’ai tout faux. Je me suis aveuglé. J’ai voulu me cacher la vérité. Mais elle est là, elle explose au grand jour, elle m’explose à la figure. Nuage du Jade. Il n’y a qu’elle, il n’y a jamais eu qu’elle. Je suis un damné. Mon égoïsme m’a tué. Non, mon égoïsme l’a tuée. Parce que je ne l’ai jamais vue. Jamais remarquée. Je n’étais intéressé que par moi, que par ma petite personne, et je l’ai tuée. Je n’ai jamais rien fait de bon. J’aurais voulu. J’aurais voulu tout changer. Me changer. Parce que je l’aime.

Je l’aime et je ne la mérite pas. Je ne l’ai jamais méritée. Elle est morte parce qu’elle s’est dévalorisée, parce qu’elle s’est intéressé à moi. Un idiot fini. Un gamin mégalomane et incapable de prendre des décisions sérieuses, d’endosser des responsabilités. Car je suis ce gamin capricieux dont elle a fait l’erreur de tomber amoureuse. Ses yeux se posent sur moi. Comment ? Comment peut-elle encore me regarder dans les yeux, avec tout le mal que je lui ai fait ? Elle parle. Elle a parlé. Je n’ai pas rêvé. Elle m’a appelé. J’en suis sûre, elle m’a appelé. Elle a prononcé mon nom. Sa voix, sa voix … Je m’en souviens. Je me suis fait la promesse de ne plus jamais l’oublier, depuis la dernière fois. Je me le suis promis, et j’ai tenu ma promesse. Oui, c’est celle-là, exactement celle-là. Elle n’a pas changé d’un pouce. En un an, sa voix est toujours aussi belle. Aussi douce, aussi … Aussi sienne. “Fragment de Neige”. C’est moi. Mon nom. À nouveau. Elle s’avance. Elle hésite. Elle ne devrait pas. Elle ne devrait pas s’approcher de moi. Je suis dangereux. Je suis son assassin. Je suis celui qui l’a menée à sa perte. Je devrais lui dire de reculer, mais c’est impossible. Je n’y arrive pas. Je la désire tant que je ne veux pas la voir s’éloigner. Ma voix ne m’obéit pas. Mon coeur l’en défend. Mon coeur la veut ici, au plus près de moi, et il empêche ma voix de dire, faire ce qui devrait être juste. “Je ne pouvais pas.. alors que je l’avais abandonnée. Que.. je vous avais abandonnés. J’avais.. si honte. D’être une si mauvaise mère”. Non ! Non ! Non, elle n’est pas une mauvaise mère. Elle est parfaite. Elle est la mère dont tout le monde devrait rêver. Elle est cette femelle si protectrice, si juste … Cette femelle dont j’aurais aimé qu’elle soit la mère de mes enfants. Et … Elle l’est. Elle est la mère de mon enfant. De notre enfant. Parce que je l’aime.

Je changerais tout si je pouvais. Je veux tout changer. Tout recommencer ! C’est ma faute.. Fragment de Neige.. je ne pouvais pas..”. Moi aussi. Moi aussi, si tu savais. Si tu savais tout ce que je pourrais faire. Pour toi. Pour nous. Non, ce n’est pas ta faute. Ça n’a jamais été ta faute et ça ne le sera jamais. Je suis coupable. Elle pleure. Je l’ai faite pleurer. Moi, encore moi. Je suis à l’origine de tous ses maux. Je suis à l’origine de tous ses désespoirs. Elle ne gagnera jamais rien. Elle n’y gagnera jamais rien. Je suis un poids mort, je suis un boulet. Je suis la griffe qui s’appuie sur sa jugulaire à chaque moment de sa vie. Je suis un poison pour elle. Je l’ai empoisonnée, je l’ai assassinée, je l’ai tuée. Moi, moi, et personne d’autre. Comment peut-elle dire cela ? Comment ? Comment peut-elle s’imaginer seulement être la fautive, la coupable de cette histoire, de notre histoire ? Je suis sa mort. Elle pleure, et je ne peux rien faire. Je ne peux pas la prendre entre mes pattes, je ne peux pas essuyer ses larmes, je ne peux pas mettre fin à ses pleurs. “J’ai tout fait de travers, je sais.. et.. et tu dois m’en vouloir pour tout ça et elle doit me détester.. je ne pouvais pas, je n’étais pas courageuse, moi, je ne le suis toujours pas.. j’avais peur, j’avais honte, j’ai tout fait de travers… Je suis tellement désolée.. je - je comprendrais que tu me rejettes…”. Comment ? Comment peut-elle me dire cela, à moi ? Comment puis-je encore rester là, muet, à la laisser parler, déverser cette tonne de foutaises, d’idioties, d’ignominies sans nom ? Je dois réagir. Parce que je l’aime.

Je l’aime. Je t’aime. Je t’aime tellement. Je t’aime tellement que je t’ai fait du mal. Je t’aime tellement que ça a causé ta perte. Tu es morte à cause de moi. À cause de mon amour. Je m’approche. Je m’approche comme je peux, je marche, je me démène. Je veux être là. Je veux être le plus proche possible. Le plus proche possible de ce pelage scintillant, brillant, de cette lueur de vie qu’est Nuage du Jade. Pour lui chuchoter à l’oreille : “Arrête. Arrête. Personne ne t’en veux. Tu n’as rien fait. Rien n’est de ta faute”. Pourquoi ? Pourquoi m’empêche-t-on de la serrer contre moi ? Pourquoi m’empêche-t-on de la voir quand je le souhaite ? Je sais pourquoi. J’ai toujours su pourquoi. “Elle t’adore. Elle t’aime presque autant, peut-être même plus que moi. Si tu la voyais. Si tu voyais tout ce que tu as fait pour elle, si tu voyais comment elle te ressemble et comment elle est belle”. Je souris. “Elle est magnifique. Elle est magnifique, et tu en es la responsable. C’est toi, qui l’a élevée. C’est toi qui l’a mise au monde, c’est toi qui a tout fait pour elle tandis que moi… Je n’étais pas là. Je n’étais pas au bon endroit. Je ne suis jamais au bon endroit au bon moment”. Lève les yeux, essuie ces larmes, par pitié. Je fixe ses yeux verts pâles. Ses yeux de jade. “Jamais, tu m’entends. Jamais je ne te rejetterais. Tu es à moi. Tu es moi”. Parce que je t’aime.






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message posté par Fantôme., Sam 22 Déc 2018 - 0:02

On était là. Si beaux et si fiers. Débordants de rêve plein la tête. Sur terre. Il était là, il était tout. Il était là, il était tout, je me suis tuée. Je nous aie tué. Emportant avec moi son sourire et son amour. De quel droit ? Quelle égoïste personne ai-je été pour voler le plus beau sourire du monde et le faire mourir avec moi ? J'étais là, j'étais tout. Je me suis tuée, je l'ai tué et au passage, je me suis détruite.
Mais je l'aime.
Je l'aime et je veux me réfugier dans ses bras. Je veux sentir son pelage contre moi, sa chaleur me réchauffant, son coeur battant. Mais qu'ai-je donc fait, Clan des Étoiles ? Qu'ai-je donc fait ? Je nous ai maudit. Et je cherche rédemption auprès du seul à avoir compté. Mais le vide entre nous se creuse. Je tombe. Dans ce trou. Je tombe et je me perds. Retrouve-moi dans le noir. Retrouve-moi avec que les chemins sinueux ne se referment sur moi, que les démons d'antan sous forme de souvenirs ne m'entraînent dans les profondeurs de la terre, avant que ma mémoire ne s'effrite et que je m'oublie moi-même. Mais je ne peux pas t'oublier toi. Je ne peux pas t'oublier, Fragment de Neige, parce que tu es tout. Parce que tu as toujours été tout. Ton regard a toujours été l'espoir brillant en moi, tu sais, la lueur te fascinant tant. Elle vient de toi. Ma force vient de toi. Ma faiblesse vient de toi.

Parce que je l’aime.

Il a toujours représenté l'énergie hurlant dans mes veines, brûlant mon âme, ma raison de me lever le matin et de continuer ma vie. J'ai tout fait avec lui dans mon esprit, dans ma tête. Tout fait avec l'amour pour lui pulsant dans mes veines, dans mon coeur. C'est lui. Lui et nul autre. Lui par-dessus tout. Lui. Jamais rien d'autre que lui. Jamais rien d'autre que ce félin et je ne pense toujours qu'à lui. Il envahit mon esprit. Il prend toute la place. Je ne peux rien faire de plus que de penser à lui comme si c’était la solution à tous mes maux. C’est le cas. Il est la solution. Il l’a toujours été. La solution à la souffrance qui s’impose dans mon coeur, dans toute mon âme, la solution à mes démons, à ma peur. Je n’avais qu’à croiser son regard pour me sentir partir, dériver vers d’autres contrées, dans d’autres mondes. Je n’avais qu’à croiser son regard pour que mon coeur se remette à battre avec une puissance inestimée. Je n’avais qu’à le voir, qu’à l’entendre parler pour que le sommeil revienne et que je puisse me laisser bercer par la douceur de la nuit. Je n’avais qu’à croiser son regard pour me sentir en vie. Il était la solution. Il l’est toujours, d’ailleurs, la solution. Je n’ai toujours qu’à plonger mes yeux dans les siens pour que le temps autour de nous ne se fige et nous laisse seuls. Seuls contre le monde entier. Ça n’a toujours été que lui. Je ne peux pas rien faire d’autre que de penser à lui.

Parce que je l’aime.

Parce que je l’aime. Parce que nous sommes là. Parce que c’est nous contre tous. Parce que lui. Parce que nous. Nous, quatre lettres. Un mot. Nous. Mot qui veut tout dire. Mot qui s’invite dans mon esprit. Mot qui me soulève. Parce que c’est lui et moi. Et que je ne veux pas que ça change. Parce que c’est lui et moi et je veux que ça puisse rester ainsi pour l’éternité. Indéfectible. Je l’aime de toutes mes forces, de toutes les fibres de mon corps. Chaque battement de mon coeur existe encore pour lui. Coeur fantôme qui continue de battre pour cet être représentant tout. Et pourtant, pourtant. J’ai beau vouloir que rien ne change, que tout reste indéfiniment la même chose, il y a eu une autre femelle dans sa vie, d’autres enfants que cette promesse de notre histoire restée sur cette terre que j’aimerais pouvoir fouler encore pour retrouver la chaleur de son pelage. Il y a eu une autre femelle. Il m’a remplacé. Il m’a remplacé et j’aurais tellement aimé être en mesure de lui reprocher. Et pourtant, tout est de ma faute. Tout est de ma faute et je ne peux pas lui reprocher mes erreurs. Et je pleure. Et je pleure tellement que je n’arrive plus à respirer. Je pleure parce que j’ai tout gâché. Je pleure parce que je nous ai tué. Je pleure parce que c’est de ma faute. Je pleure parce que je n’ai jamais su faire les choses comme il se doit et que je nous ai tué alors que je n’en avais pas le droit. Je suis la personne la plus horrible.

Parce que je l’aime.

J’ai pris peur. Parce que je l’aime. J’ai pris peur. Parce que ça me semblait trop beau. Parce que ça me semblait terriblement trop envoûtant comme situation et que je craignais le moment où l’enchantement partirait. J’avais peur de le voir se retourner, me laisser, me délaisser. Ma vie a été bercée par la peur et en croisant son regard, j’avais le sentiment que ça n’avait plus d’importance, que je pouvais de nouveau respirer, comme si ses yeux étaient capables d’enlever un poids si important de ma poitrine, me permettant de savoir ce que c’est de réellement respirer sans rien. Parce que je l’aime et que je l’aimerais toujours. C’est celui qui compte. Il n’y a toujours eu que lui depuis le début, que lui pour me faire vivre, que lui pour me faire respirer, que lui pour que je puisse trouver la force de continuer mes entraînements, que lui. Toujours que lui. Et lui ? Lui, qu’ai-je été pour lui ? Une poussière n’ayant pas trop de sens pendant un trop long moment, une apprentie bien trop timide pour assumer l’amour débordant dans son coeur et aller lui dire. J’ai trop figée. Je me suis trop figée. J’ai jamais osé. Jusqu’à ce que ce soit trop. Il ne m’avait jamais vraiment remarqué alors que j’avais tout remarqué de lui jusqu’à ses habitudes, prenant le temps de toujours le regarder lorsqu’il était avec moi au camp. Parce que je l’ai toujours aimé. Depuis le début. Parce que j’aurais voulu que les choses se passent autrement. J’aurais voulu nous sauver.

À la place, je nous ai tué.

On était là. On était beaux et fiers, des rêves plein la tête, des envies plein le coeur. On étaient beaux et fiers avec nos yeux brillant d’un amour dont les autres pouvaient jalouser. Puis, je nous ai tout retiré. Je nous ai tué. Je me suis tuée. Et je l’ai tué au passage. Jamais cette faute ne sera pardonnable. Oh mon amour, je suis tellement désolée de tout ce que j’ai pu faire. Désolée de ne pas avoir été à la hauteur, désolée de nous imposer cette situation si délicate et si horrible. J’aimerais tellement ! J’aimerais tellement aller me réfugier tout contre lui ! Sentir son coeur battre, l’écouter, me calmer au rythme de ses respirations. J’aimerais tellement pouvoir sentir la chaleur de son corps et pouvoir me blottir en oubliant que le monde a déjà existé autour de nous. J’aimerais pouvoir. J’aimerais pouvoir franchir le gouffre qui nous sépare. J’aimerais pouvoir franchir cette distance que je déteste, cette distance qui s’agrandit de plus en plus. Il finira par me remplacer. Il finira par m’oublier. On ne peut pas aimer pour l’éternité un mort qu’on ne peut même pas toucher. Et ce jour-là, oh Fragment de Neige, pardonne-moi de penser ça. Mais je ne peux pas m’en empêcher. Comment croire que tu puisses éternellement t’accrocher à mon fantôme ? Comment croire que tu puisses éternellement attendre les nuits où mon esprit vient à la rencontre du tien alors même que des enfants t’attendent en bas, des enfants qui ne sont pas de mon sang ? Des enfants d’une autre femelle ? Comment y croire alors que déjà tu as pu me remplacer temporairement ? Je suis désolée. Je suis tellement désolée. J’aimerais pouvoir penser que tu pourrais éternellement attendre que je vienne te rendre visite, mais je n’en ai pas la capacité.

Je donnerais tout, Fragment de Neige. Je donnerais tout pour retourner dans le temps et changer le cours des événements. Je donnerais ma vie - je l’ai déjà fait - je donnerais mon âme, je donnerais tout ce que je pourrais donner, je me vendrais entièrement si je pouvais changer ce qui s’est produit ou même encore revenir sur terre pour revivre auprès de toi, retourner sur cette merveilleuse terre à tes côtés. Je donnerais tout pour sentir de nouveau la douceur de son pelage, pouvoir m’endormir contre lui. Je donnerais tout, réellement et sans conditions. Je nous ai tué et j’ai besoin de nous sauver. Mais peut-on seulement être sauvés ? Peut-être n’étions-nous au final qu’une promesse destinée à être brisée. Je ne veux pas. Je ne veux pas que ce soit ce que nous étions destinés à être. Je ne veux pas que nous soyions une promesse brisée, détruite, anéantie. Je veux partir à la recherche de tous les petits fragments de notre promesse et les recoller pour nous donner une nouvelle chance de pouvoir vivre notre amour.

Parce que je l’aime.

Et je pense que c’est bien plus que de l’amour à ce stade. Mais comment pourrais-je décrire ce que je ressens pour ce félin ? C’est tout simplement impossible, alors contentons-nous de parler d’amour. Un amour inconditionnel. Un je t’aime sans rien derrière. Parce que je n’ai jamais cherché à obtenir quoi que ce soit de lui, j’ai passé tellement de temps à l’aimer sans même que son regard ne se pose sur ma personne. Tellement de temps à le regarder exister sans moi alors qu’il était déjà la seule raison de ma respiration. Bien trop de temps. Je l’aime. Je l’aime et c’est tout ce que je peux dire. Je l’aime et je pleure parce que j’ai tout foutu en l’air et que je suis impardonnable. Et je me hais de tout ce que j’ai pu faire. Je me hais de ne pas être une assez bonne mère et encore moins une bonne compagne. Je me hais parce que je l’ai tué et je me suis tuée, je nous ai tué. Je me hais pour tout ce que j’ai fait et pas fait. Oui, je me hais.

Et je l’aime.

Sa voix frappe mes oreilles et je ferme les yeux pour imprimer chaque variation de cette douce voix que j’aimerais pouvoir encore et encore sans jamais qu’elle ne s’éteigne. Parce que cette voix apaise ma souffrance, apaise mon mal, parce que cette voix est tout, autant que lui est tout. Lui dans son entiereté. Avec ses qualités et ses défauts. Lui, sa voix, son corps, son pelage, son esprit, son regard. Lui tout simplement entièrement. Fragment de Neige. Sous tous ses noms. Lui. Mon ange, mon amour, mon tout. Mon oxygène, le sang dans mes veines, chaque battement de mon corps, ma vie. Fragment de Neige. Je ferme les yeux alors que les larmes coulent toujours parce que je ne peux rien faire d’autre que de tenter d’enregistrer avec la plus grande précision ce qu’il me dit pour essayer de souffler. D’apaiser ma douleur vibrante, mes regrets. Mais il se trompe. Il se trompe. Tout est de ma faute. D’accord ? Tout est de ma faute. J’ai tout détruit. J’ai tout foutu en l’air et je mérite de brûler dans la Forêt Sombre pour ça. Tout est de ma faute et je suis tellement désolée d’être si nulle. Pourquoi ne le reconnait-il pas ? Tout est de ma faute. Et pourtant, tout est tellement joli près de lui, je me redécouvre à chaque fois et il n’y a qu’à ses côtés que je ne suis réellement moi. Qu’à ses côtés que je sais qui je suis profondément. Mais j’ai tout perdu. Parce que je ne suis pas assez forte pour supporter le poids de la vie. J’ai tout perdu. J’ai tout perdu. Je me déteste pour ça. Je ne pourrais pas arrêter. Et je veux me blottir contre lui. Pourquoi ? Pourquoi je ne peux pas ? Pourquoi j’ai fait ça ? Qu’ai-je osé faire ? Comment ai-je osé ? Mon coeur menace d’exploser. Et les larmes coulent toujours. J’ai ouvert les yeux. Je ne les ai pas gardé fermés longtemps. J’ai besoin de croiser ce regard qui fait battre ce coeur inexistant et j’étouffe. De honte. De peur. De culpabilité. Mais comment peut-il ne pas comprendre que s’il n’a pas été présent, ce n’était qu’uniquement de ma faute ? « Elle est magnifique.. »

Ma voix s’étrangle. Je n’ai jamais autant pleuré qu’aujourd’hui et je veux le retrouver. Je veux les retrouver. Je veux qu’on soit une famille. S’il vous plaît, ne me détestes pas. Je ne saurais pas le supporter. Je veux qu’on soit une famille, tu sais, comme tout ce que les autres peuvent avoir, je veux qu’on soit toi et moi et nos enfants. Une merveilleuse famille. Tu serais un merveilleux père. Je veux me réfugier contre lui. Mais je ne peux pas. Je ne peux pas et ça me détruit seulement un peu plus. S’il vous plaît, laissez-moi ressentir la chaleur de son corps de nouveau. Je donnerais tout pour retrouver ma place sur terre. Je regrette tellement. Je ne fais que ça, regretter. « Tu n’étais pas là parce que j’étais tellement stupide que je t’en ai empêché en fuyant.. » J’étais stupide. Trop stupide. Et je le suis toujours. Il y a des choses qui ne changent pas. Je le regarde. Les larmes coulent toujours. Je ne savais pas que j’avais autant d’eau dans le corps. Je veux tellement tout refaire, pourquoi je ne peux pas ? Oh s’il savait à quel point je regrette et à quel point je suis désolée ! J’aurais tout mieux fait si on m’en avait seulement donné la possibilité. « Je suis à toi. Qu’à toi. Juste à toi. Je ne serais toujours qu’à toi. » Parce que pour moi, il n’y a toujours eu que lui dans ma vie, dans ma tête, je n’ai toujours vu que lui et je n’ai toujours vu que par lui. Alors je ne serais toujours qu’à lui. « Et tu es à moi.. » Sois pour toujours à moi mon ange.. mais je ne serais jamais capable d’y croire entièrement. Je suis désolée. Je me sens encore plus coupable en pensant qu’il ne sera pas toujours à moi. Comment puis-je douter de lui ? Je me déteste seulement de le penser.
Je suis désolée.

Et je t’aime.


Ray admine

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Étoile Fragmentée
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message posté par Étoile Fragmentée, Aujourd'hui à 9:47

Please come back to me

- ft. Luny -

Et j’essaye de m’approcher de toi, je fais de mon mieux, je donne toute ma force, mais rien n’y fait. J’essaye d’avancer, mais chaque pas semble m’éloigner de toi. Chaque pas dans ta direction me fatigue, m’épuise, m’éreinte, et pourtant, je suis statique. Je n’avance pas. Je suis dans ce monde, dans mon monde, qui n’est plus le tien. Ce monde que tu as quitté car je n’ai pas su t’y retenir. Et j’aimerais tant te faire face, j’aimerais tant affronter ton si beau regard … Mais les forces me manquent. Je me meurs. Je me meurs d’avouer, de m’avouer, que tu es ailleurs. Que tu n’es pas là. Que tu n’es plus là. Que tu es partie et que tu ne reviendras pas. Jamais. Que tu es coincée derrière ces barreaux invisibles, dans cette prison de verre dont j’ai moi-même fermé la porte à clef. Je l’ai perdue, cette clé. À tout jamais. Elle erre quelque part entre nos deux mondes, et ni toi ni moi ne pouvons la récupérer. Je l’ai égarée. Je l’ai égarée car je n’y faisais pas assez attention. Tu n’aurais jamais dû m’accorder ta confiance. Regarde où nous en sommes. Regarde ce que j’ai fait de nous. Je nous ai détruits et je n’arrive toujours pas à me dire que c’est fini. Que rien ne pourra jamais redevenir comme avant. Que jamais notre souvenir ne saura nous réunir à nouveau. Je suis indigne de toi, indigne de notre amour. Je n’ai jamais été au niveau et je ne pourrais jamais l’être. Parce que je t’aime.

Parce que je t’aime. Si fortement, si puissamment. Si simplement. Comment un mot si court, si simple, si bref peut-il être exactement celui qui correspond au mieux à ce que j’éprouve pour toi ? Je m’en veux. Je m’en veux d’utiliser ce mot. Ce mot qu’ils utilisent, tous. Comme si tu valais autant qu’eux. Comme si tu étais ordinaire. Comme si je ne voyais en toi qu’une amie, comme si je ne t’aimais que comme une bonne camarade. Comme si tu te confondais avec les autres. Mais ce n’est pas le cas. Ça n’a jamais été le cas. Tu n’es pas comme les autres. Tu es celle que j’aime. Celle que j’ai toujours aimée. Aucun d’eux ne t’arrive à la cheville. Aucun d’eux ne pourrait encaisser mon amour comme tu sais le faire. Comme tu l’as toujours fait. Et je m’en veux. Je m’en veux de constater qu’il n’y a rien d’autre que je puisse te dire pour te prouver à quel point je t’aime. À quel point je t’aime et à quel point tu me manques. Tous, ils peuvent tous dire “je t’aime”. Ils peuvent tous le dire, sans même le penser. Et je m’en veux de te le dire, comme si notre amour valait celui des autres. Comme s’il n’était qu’un amour lambda, ordinaire. Il n’a rien de tout cela. Je t’ai toujours aimée différemment. Je t’ai toujours aimée comme je n’ai jamais aimée d’autres. Parce que je t’aime.

Et à quel point j’ai peur. À quel point je me déteste. À quel point je feins t’aimer. À quel point je ne suis qu’un hypocrite qui demain ne se contentera que d’arborer un sourire. Un sourire si faux, si illusoire. Un sourire qui fera oublier aux autres, qui me fera oublier, que je t’aie vue. Que je t’ai parlée. Que j’ai à nouveau voulu m’enfoncer une lame dans le coeur. Que j’ai à nouveau versé des larmes si douloureuses, si brûlantes, qu’elles en auraient fait fondre la peau des joues sur lesquelles elles ruisselaient. Un sourire si arrogant, si prétentieux, qu’il ne laissera rien paraître de ce que j’ai pu vivre, cette nuit. Car je ne peux pas leur montrer. Je n’y parviens pas. J’ai mal, j’ai terriblement mal, mais je ne peux leur faire voir, leur faire comprendre ; ils ne comprendraient pas, ils ne verraient pas. Ils ne te verraient pas, ils ne t’ont jamais vue. Ils ne te comprendront jamais. Tout ça par ma faute. Je n’ai rien fait pour t’aider. Rien. Je ne t’ai jamais montrée au monde. Je ne t’ai jamais montrée mon amour comme je l’aurais dû. Je ne t’ai jamais dit à quel point tu comptais, à quel point la plus fluette de tes absences laissait un vide en moi. Je n’ai pas su. Je n’ai pas su et je ne sais toujours pas comment m’y prendre. Comment leur dire sans les mots, comment leur montrer sans les yeux, comment leur faire sentir sans le coeur : je t’aime. Je t’aime et tu me manques. Je t’aime et chaque jour n’est qu’un énième supplice silencieux masqué par ce sourire si faux. Parce que je t’aime.

Et parce que je t’aime, rien ne me vient. Les mots, les bons mots, les mots doux, les paroles encourageantes, les discours enflammés de notre passion : rien ne me vient. Je ne sais pas. Je ne sais jamais. Je n’ai jamais su. Je ne sais pas comment te le dire, je ne sais pas comment te le faire comprendre à part te le répéter, encore et encore, te le chuchoter au creux de ton oreille, de le crier à travers ce ciel si sombre, si opaque, si infranchissable ; je ne sais pas. J’aurais aimé leur dire, mais l’idée ne m’est pas venue. Elle m’est arrivée, et il était déjà trop tard : tu étais partie. J’aurais pu leur dire, l’assumer comme je le fais maintenant, devant toi. Tu n’aurais qu’à eu à me le demander. Je t’aurais montré mon amour, j’aurais montré notre amour, l’amour que je te portais, devant tous. Devant tous, oui. Là, au milieu de la clairière, ici sur le promontoire. Je leur aurais hurlé, je leur aurais crié les mots auxquels je pense depuis si longtemps, ces mots auxquels j’ai toujours songé. Pourquoi ne puis-je que les dire maintenant ? Pourquoi ne puis-je que les dire partiellement ? Ils n’ont rien à voir avec ce que j’aimerais réellement te dire. Ils ne représentent qu’une partie des choses que je ressens véritablement pour toi. les mots ne correspondent pas. Ils ne sont pas assez forts, ils ne l’ont jamais été. Ils ne le seront jamais. J’aurais beau te dire les mots les plus doux, les plus beaux, les plus véritables, ils ne représenteraient jamais qu’une infime partie de l’amour que j’ai pour toi. Et je m’en veux. Je m’en veux parce que je t’aime.

Je me meurs. Je me meurs de voir, de constater, à chaque fois un peu plus, que ta mort ne t’a pas apporté le repos dont tu avais besoin. Que cette mort, que tu as voulu, qui t’a fait disparaître, qui t’a arrachée à moi, elle t’a desservi. Que je continue, moi, ma pauvre âme ignorante et indigne, de te tirailler, même de là où tu te trouves aujourd’hui. Que je continue de te faire souffrir, comme je t’ai toujours fait souffrir, alors que tu as changé de monde, pour t’éloigner de moi. Pour t’éloigner du poison que je suis pour ton coeur si pur. Que même en franchissant la dernière étape, l’étape finale, tu ne trouves pas le repons. Que même en me fuyant - et c’est la meilleure décision que tu aies pu prendre - je continue de te suivre. Je continue d'être là, toujours là, à tout jamais. Je continue de te tuer, chaque fois, un un petit peu plus. Ton âme ne trouve pas le repos, et tout cela, c’est à cause de moi. Je continue de te faire souffrir même de l’autre côté du ciel. Je t’ai tuée dans cette autre vie et je te détruis dans celle-ci. Je m’en veux tellement. Je devrais arrêter, partir, pour de bon. À tout jamais. Et pourtant, chaque soir, chaque nuit, chaque jour qui passe alors que le soleil se couche derrière la cime des arbres, je suis là, perdu entre rêves et réalité, à t’appeler. À appeler ton nom, si doucement et si fortement à la voix, intérieurement. Je t’appelle, je continue de t’appeler, dans l’espoir que tu viennes à moi. Encore une fois. Parce que je t’aime.

Et j’espère si fort que chaque fois ne soit pas la dernière. J’ai si peur que ce soit le cas. Que tu me dises au revoir à nouveau, et que je ne puisse pas te revoir, te retrouver. Que tu te perdes dans ce monde de songes bien trop grand pour toi. Comment fais-tu ? Comment fais-tu, à chaque, pour y retrouver ton chemin ? Ce chemin qui te mène à ta destruction, ce chemin qui te mène jusqu’à moi. Tu devrais arrêter. Tu devrais arrêter de l’emprunter, arrêter de fouler de tes pattes célestes ce sentier. Tu devrais m’oublier. Je ne suis qu’un poison pour toi, tu le sais, tu le sens. À chaque fois que tu me vois, que nous nous voyons, ce sont ces larmes, c’est cette douleur, et rien d’autre. Il n’y a pas ce bonheur, cette euphorie, ce bien-être que notre amour devrait nous amener. Il n’y a rien de tout ça, et tu continues de souffrir. Je continue de te faire souffrir. Mais je ne supporterais pas. J’aurais trop mal. Je ne supporterais pas ne plus te voir. Je veux que tu viennes, que tu reviennes, à chaque fois. Chaque soir, je l’espère. Et mes souhaits te détruisent, mes voeux te ruinent chaque fois un peu plus. Tu le sais, tu le sens, alors pourquoi ? Pourquoi ne mets-y-tu pas fin ? Tu souffres, tu en souffres, et tu reviens. À chaque fois. Pourquoi ne cesses-tu pas simplement de m’écouter ? Je ne fais jamais les bons choix, je ne prends jamais les bonnes décisions, et tu le sais, mais tu m’écoutes, et tu reviens, et nous souffrons. Parce que je t’aime.

Nous sommes ces deux idiots, perdus, pleurant, souffrant, seuls. Mais nous sommes deux. Nous sommes nous. Et les autres ne pourraient pas comprendre. Nous sommes ensemble, séparés par un vide incommensurable, mais nous sommes là. Et à ce même instant, il n’y a pas d’autre endroit où j’aimerais plus me trouver. Je suis bien, je suis moi. Je ne suis jamais plus moi qu’ici, en ta présence, dans cet univers perdu, caché aux yeux de tous. Non, ils ne comprendraient définitivement pas. Aucun d’eux. Même pas notre fille. Mais pas notre promesse. Elle ne sait pas. Elle pense, comme toi, que tu n’es rien. Que tu n’as jamais rien été à mes yeux, alors que tu es actuellement tout. Tu es tout, tu es mon tout. Mon monde. Tu es ce pour quoi je vis. Tu es ma raison de vivre et pourtant tu … Tu … Je n’arrive pas à le dire. Je n’y arrive pas. Tu ne peux pas l’être. Tu vis, tu es vivante, je te vois, là, et tu souffres. Quand on est mort, on ne souffre plus. Mais tu es là, tu agonises, et encore une fois, c’est par ma faute. Tu ne peux pas être morte. Tu ne serais pas là, pas là à pleurer, à souffrir, à me parler, à m’aimer. Ou alors, ton amour est faux. Mais ne me dis pas cela. Ne me le dis pas, même si c’est vrai. Ne me dis pas que ton amour n’est pas véritable, ne me dis pas que ton amour, que notre amour, est mort. Il ne l’est pas. Il ne l’est pas, je le sens. C’est en moi. Il ne peut pas être mort. Il n’a jamais réellement vécu, il ne peut pas mourir, il ne peut pas disparaître sans avoir même été pleinement consommé. Notre amour n’est pas mort. Parce que je t’aime.

Je le sais, je le sais, qu’elle est magnifique. Je te l’ai dit, je te le redis, je te le dirais un million de fois : notre fille est magnifique. Elle a tout de toi. Elle a cette douceur timide dans les gestes, cet amour débordant et pourtant muet dans le regard. Elle a tout de toi. Tout ce que j’aime de toi. Tout ce que j’aime : toi. Mais arrête. Arrête, je t’en supplie. Par pitié, cesse cela. Ce n’est pas de ta faute, arrêtes. Tu n’as rien fait de mal. C’est de ma faute, juste de ma faute, pas la tienne. Tu m’as fui, tu as bien fait. Je te l’ai dit je suis un poison pour toi. Je te détruis. Je ne suis pas bon pour toi. Tu m’as fui parce que je suis dangereux. Je te fais du mal, je t’ai fait du mal ; je ne sais faire que ça. Du mal. T’infliger de la douleur. Et toi, tu as eu le courage de rester. Tu as eu le courage de tenir, tu es restée. À côté de moi, à mon côté. Ton amour, notre amour t’a aveuglé, mais toi, tu as su le voir. Tu es tellement courageuse, tu es tellement forte. Je suis l’idiot dans l’histoire. Je suis le mauvais. Je suis la nuisance. Et toi, tu es tellement forte. Tu as eu cet enfant, notre enfant, et tu l’as aimée. Tu l’as élevée. Seule. Tu m’as fui et tu as fait le bon choix. Tu as eu raison. Je ne t’ai jamais rien apporté de bon. Tu l’as su, tu le sais, et pourtant, tu es là. Tu es revenue vers moi quand je t’ai appelée, quand je t’ai dit que j’avais besoin de toi. Parce que je t’aime.

Arrête. Arrête de t’en vouloir. Cesse donc cela. Parle-moi, regarde-moi. Dans les yeux. Je veux voir ton regard si pur, si aimant. Si brisé. Par ma faute. Mais je veux le voir. “Je suis à toi. Qu’à toi. Juste à toi. Je ne serais toujours qu’à toi. Et tu es à moi... ” Dis le moi. Dis le moi encore, encore une fois, encore et encore. Répète-le moi, à l’infini. Murmure-le, dis-le, chuchote-le. Je ne suis qu’à toi. Mon coeur n’appartient qu’à toi. Parce que je t’aime. Parce que je t’aime, je ne saurais en aimer une autre. Je peux aimer, je pourrais aimer, mais ce ne sera jamais de cet amour. De notre amour. Il n’est qu’à toi, il n’est que pour toi. Seule toi, tu m’entends, seule toi peux y mettre fin, le briser. Tu peux le faire. Ça te sauverait. Ça te sauverait de moi. Mais ça me détruirait. Ça m’achèverait pour de bon. Ça écraserait chacun des fragments qu’est devenue mon âme, les réduirait en poussière. Je ne peux pas t’en empêcher. C’est la seule chose à faire si tu veux te sauver. Tu peux encore te sauver. Me tuer. Je l’accepte. Je l’accepterais, juste pour toi. Pour toi, Nuage du Jade. Parce que je t’aime.

Je t’aime.

Et tu le sais.

(c) Kayl for Ray only





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